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Journées d'études

La Chine, un défi méthodologique pour les sciences humaines et sociales. Réflexions sur les nouvelles approches

Journée d'étude, 27 juin 2019, Marseille

La Chine, un défi méthodologique pour les sciences humaines et sociales. Réflexions sur les nouvelles approches

Cette journée d’étude réunira des doctorants et chercheurs en sciences humaines et sociales n’ayant pas un parcours de formation et de recherche spécifiquement ancrés dans les études chinoises mais qui, du fait de l’importance croissante de la Chine sur le plan des échanges internationaux et culturels, l’intègrent dans leurs recherches transnationales. Ces travaux illustrent de nouveaux défis, en termes de méthodologie notamment. Il s’agira ainsi de partager et réfléchir quant aux manières innovantes, aux collaborations originales, aux démarches collectives, aux connaissances à mobiliser, en plus des compétences linguistiques ; autant de thématiques questionnant les transformations à l’œuvre dans l’étude de la Chine.

27 juin 2019, 9h30-17h30, EHESS Centre de la Vieille Charité, Marseille.

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9h30 (salle A, 2e étage côté mer)
Claire Bouillot et Marjorie Ruggieri
Accueil et introduction

10h00-10h45 (salle A)
Marc Lebranchu, docteur associé (EPHE-PSL/CNRS)
Questionner l’usage du taoïsme et de la Chine par des Occidentaux sans être sinologue. Défis méthodologiques lorsque le même est différent
Depuis les années 2000, les Européens s'intéressent au taoïsme et adhèrent à ses pratiques. Si, vue d'Europe, l'étude de cet intérêt semble sociologiquement légitime (par l'évolution des pratiques religieuses, tendant notamment vers une "asiatisation de l'Occident"), vue de Chine, cette étude révèle des enjeux de pouvoir et de luttes d’influences politiques et économiques. Cette étude doctorale a donc nécessité un déplacement de son objet de recherche, d'une sociologie religieuse, à une approche interdisciplinaire et comparatiste. Il sera alors question d'exposer les difficultés, limites et perspectives épistémologiques soulevés par cette étude.

10h45-11h30 (salle A)
Isabelle Brianso, maître de conférence (Centre Norbert  Elias/Avignon Université)
Les visiteurs chinois des lieux patrimoniaux en France : quelques pistes méthodologiques de recherche
D’ici 2020, les touristes chinois seront près de 208 millions à travers le monde. Selon certaines études (Atout France), ils visitent principalement les hauts lieux du patrimoine français et européen (monuments, sites, jardins, etc.) en groupe ou de manière individuelle. Ils constituent pourtant une population de visiteurs encore peu ou mal étudiée en raison des barrières linguistiques et culturelles. Ainsi, nous tenterons de pointer lors de cette communication quelques pistes méthodologiques de recherche quant à l’étude de ces visiteurs à partir d’enquêtes en cours ou menées sur le terrain (Versailles, Palais des Papes).

11h45-12h30 (salle A)
Monique Bolli, doctorante (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne)
Mouvement maker en Chine : dynamiques des espaces liminaux et hybrides dans le tissu urbain chinois.
En 2015, le gouvernement chinois s'est intéressé à la culture des makerspaces (des ateliers partagés pour le développement de projets manuels, souvent liés à la technologie, tels que les Fab Labs, chuangke kongjian 创客空间 DIY lab, innovation lab) favorisant ainsi des dynamiques uniques et des nouveaux types d’espaces hybrides. Une recherche de terrain (menée notamment par le biais de workshop expérimentaux) à Shanghaï, Shenzhen et Pékin montre que ce phénomène liminal et marginal a eu un impact sur la narrative urbaine chinoise, mais également sur le rôle de Shenzhen qui s’est alors transformée en « paradis des makers » et peut être perçu comme un modèle d’innovation par d'autres pays, notamment l’Ethiopie.

14h30-15h15 (salle A)
Nicolas Maughan, historien de l’environnement et du climat (I2M-ECCOREV.Aix-Marseille Université)
Quelle place pour la Chine dans l’écriture d’une histoire Aglobale de l’environnement et du climat ? Dynamiques actuelles et questions méthodologiques.
Depuis une dizaine d’années, divers aspects de l’histoire environnementale de la Chine font l’objet d’une multiplication d’études académiques, notamment en anglais, facilitant ainsi leur diffusion internationale et leur intégration dans le cadre de l’écriture d’une « histoire globale » de l’environnement. Ces études ont montré que la Chine, avec d’autres régions d’Asie centrale, ont joué un rôle fondamental dans les échanges économiques et la circulation des techniques vers la Méditerranée et l’Europe mais aussi dans la genèse des pandémies. Après avoir présenté un panorama de l’historiographie des recherches en histoire de l’environnement et du climat en Chine, il s’agira de montrer comment les données récemment disponibles permettent de mieux comprendre les interactions nature/sociétés dans ce pays et d’effectuer des approches comparatives. Mais, aussi, si elles peuvent éclairer certaines dynamiques socio-environnementales, épidémiologiques ou économiques globales en particulier entre l’Europe et l’Asie sur la longue durée. Enfin, des questions liées aux difficultés d’évaluation et de validation par les chercheurs occidentaux des nombreux travaux chinois basés sur les archives seront également discutés à travers plusieurs cas concrets.

15h15-16h15 (Le Miroir, RDC)
Maeva Aubert, cinéaste et programmatrice cinéma/vidéo
China 66, quand l’archive filmée devient partition et dispositif
China 66 est un film, sous la forme d'un triptyque vidéo, présentant des images tournées en Chine, distantes de quarante ans. Les anciennes images d'un film Super 8, tournées en 1966 durant la « grande révolution culturelle prolétarienne » ont servis de socle à une réflexion contemporaine sur le souvenir laissé par la Révolution Culturelle en Chine. La fascination occidentale pour cette période est-elle partagée sur place ? En sillonnant le pays en train, la réalisatrice a filmé les commentaires des personnes rencontrées visionnant les anciennes images. Le film Super 8 est devenu à la fois le point de départ, l’élément médiateur et la partition de China 66.

16h30-17h30 (Le Miroir)
Caroline Bodolec et Boris Pétric
Conclusion de la journée

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Coordination
Claire Bouillot, doctorante en anthropologie (Centre Norbert Elias/EHESS Marseille)
Marjorie Ruggieri, doctorante en anthropologie (Centre Norbert Elias/EHESS Marseille

Avec l’aimable collaboration de Boris Pétric, Directeur de recherche CNRS, Directeur du Centre Norbert Elias, UMR 8562, et Caroline Bodolec, Chargée de recherche CNRS, Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine, UMR 8173 Chine, Corée, Japon.

Inscriptions
Afin de faciliter l’accès des participants aux locaux de l’EHESS situés dans l’enceinte de la Vieille Charité, l’inscription préalable est obligatoire auprès de Claire Bouillot (claire.bouillot@ehess.fr) ou Marjorie Ruggieri (marjorugg.ehess@gmail.com).

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