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Marko Tocilovac

Marko Tocilovac

 

Thèse soutenue le 2 décembre 2015 à l'EHESS Marseille sous le titre : "La fabrique politique de la frontière mexico-américaine. Etat, ONG et expériences frontalières à San Diego (Californie, Etats-Unis)"
sous la direction de Giorgio Blundo, Directeur d’Etudes à l’EHESS


Membres du jury :

Marc ABELES, directeur d’études à l’EHESS, directeur de recherche au CNRS
Virginie BABY-COLLIN, professeur, Aix Marseille Université, rapporteur
Giorgio BLUNDO, directeur d’études à l’EHESS, directeur de thèse
Alessandro MONSUTTI, professeur adjoint, Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève), rapporteur
Cédric PARIZOT, chargé de recherche au CNRS
David RECONDO, chargé de recherche, CERI-Sciences Po Paris

 

Sujet de thèse :

Les flux matériels et humains qui traversent la frontière mexico-étasunienne structurent l’organisation de cet espace d’interface et des administrations locales chargées d’en assurer la gestion. Localité pluridimensionnelle, cette frontière constitue alors un espace privilégié pour l’étude des interactions entre Etat et société. La matérialisation de l’Etat qu’elle implique, sa capacité à cristalliser les tensions historiques entre les Etats-Unis et le Mexique et les controverses dont elle fait l’objet encore aujourd’hui sont autant d’éléments explicatifs de la force des représentations véhiculées. La manière dont l’Etat se déploie, à travers les structures en présence, les programmes existants et les procédures de contrôle de biens et de personnes déterminent certaines perceptions citoyennes de l’Etat. Mais ces imaginaires générés depuis ces espaces périphériques sont également utilisés par l’Etat pour renforcer son autorité et sa légitimité.

L’analyse anthropologique de la frontière proposée dans ce travail de recherche aborde les processus à travers lesquels l’Etat, aux limites de son territoire, exhibe son pouvoir et construit sa souveraineté. La manière dont l’Etat se donne à voir et ordonne, par les politiques publiques mises en place depuis les centres, la périphérie de son territoire, sert ainsi de point de départ à une étude de l’illégalité et de la marginalité aux portes de l’Etat.

L’analyse de cette localité requiert une prise en compte des profondeurs multiples et relatives aux individus qui la vivent. Pour comprendre comment ces derniers la perçoivent, il faut alors se pencher sur la manière dont l’Etat l’aménage, et construit en conséquence sa souveraineté territoriale. La présence et la visibilité des Etats aux limites de leurs territoires, notamment à travers les services de douane et de migration, est ainsi fortement dissymétrique et hétérogène. L’invisibilité de l’Etat mexicain contraste avec la puissance visuelle du mur étasunien. En opposant à la pureté de la société une frontière au cœur de l’illégalité, l’Etat nord-américain pointe du doigt les menaces qui pèsent sur la communauté. La frontière, lieu du désordre et des pratiques déviantes, se place alors à la marge de l’Etat. Mais les représentations de loi et de justice disponibles depuis l’officiel ne sont pas omnipotentes. Leurs contestations, et la créativité dont elles font preuve à l’heure de les manifester, remettent en cause le contrôle de l’Etat sur ses marges sociales et spatiales et proposent un renversement de la légitimé.

En privilégiant des localités, pratiques et individus respectivement à la marge du territoire et de la légalité, ce travail de thèse questionne les limites même de l’Etat. La démarche proposée entend quant à elle saisir cette institution à partir de ses extrémités plutôt que depuis son centre et propose de restituer et de comprendre non seulement l’Etat tel qu’il est imaginé depuis ses marges, mais aussi tel qu’il se construit à partir de ses marges.

 

Domaines de recherche

  • Anthropologie politique de l’Etat

  • Anthropologie de la corruption au Mexique

  • Frontière mexico-étasunienne

  • Migrations transnationales

       

Communications

  • 2009 : « Souveraineté, marges et imaginaires aux portes de l’Etat », Séminaire doctoral européen en anthropologie des dynamiques sociales et du développement, Université Libre de Bruxelles - 16-18 avril 2009.

     

EHESS
CNRS
Université D'Avignon
Aix-Marseille

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La Position du chercheur

Colloque - Mercredi 08 novembre 2017 - 09:00Le colloque est co-organisé par l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée, le MuCEM et le Centre Norbert Elias. Il aura lieu les 8-9 et 10 novembre 2017Le positionnement éthique ou politique d’un chercheur se construit à travers ses méthodes de travail. En sciences humaines et sociales, ces méthodes sont autant de manières de faire au sein du discours. Elles mobilisent un ensemble de gestes et d’opérations qui concernent aussi la recherche artistique. C’est sur ces gestes partagés que nous souhaitons amener le dialogue entre recherches scientifiques et pratiques artistiques.Nous partons de la part commune de matérialité du travail de recherche – la confrontation avec les matériaux, les archives et les témoignages – pour susciter un dialogue autour des gestes de la collecte, des méthodes d’enquête, des formes d’écriture et d’exposition. Admettre que celles-ci ne traduisent pas seulement des résultats, mais constituent en soi des chantiers théoriques et artistiques, c’est ouvrir un espace d’échanges entre arts et sciences sociales.Notre démarche consiste davantage à décloisonner les discours qu’à interroger la spécificité de nos recherches respectives. L’enjeu est de penser la recherche en dehors des frontières disciplinaires afin de constituer un laboratoire de réflexivité et d’innovation offrant aux uns et aux autres la possibilité de déplacer son regard sur ses objets et ses pratiques.MERCREDI 8 NOVEMBRE 2017Centre de la Vieille Charité – Cinéma Le Miroir9h30 : mots d’ouverture, conseil scientifique.ENGAGEMENT ET DISTANTIATION : LE CHERCHEUR ET SON TERRAINModération : Boris Pétric (Centre Norbert Elias)Comment évaluer la proximité ou la distance par rapport à son sujet de travail ? L’implication du chercheur conditionne son intelligence des problèmes à étudier ou des situations à documenter. En témoignent de nombreuses réflexions sur le placement de la caméra, mais aussi sur la place des émotions dans l’énonciation historique, ou encore sur le rôle heuristique des procédés littéraires et des techniques théâtrales de distanciation. Ce dialogue entre chercheurs et artistes vise à interroger le caractère heuristiquement fécond de l’implication sensible du chercheur, ainsi que le rôle du désir dans le geste de chercher.10h00 : Philipe Bazin et Christiane Vollaire11h : Discussion11h30 : pause12h-13h : Kapwani Kiwanga 13h-15h : pause déjeunerModération : Vanessa Brito (ESADMM)15h-15h30 : présentation de la revue Sensibilités par Quentin Deluermoz (il nous faudra réserver une autre salle).16h projection de L’hypothèse du Mokélé Mbembé (1h18) et débat avec Marie Voignier.18h : pauseModération : (intervenant à confirmer)18h30-20h : projection et débat avec Jeff Silva JEUDI 9 NOVEMBRE 2017MuCEM – auditorium Germaine TillionISOLER, CADRER, CONFRONTER : ENJEUX DES GESTES DE LA COLLECTEModération : Lotte Arndt (ESAD Valence-Grenoble) et Dorothée Dussy (CNE) Comment se constitue un objet de recherche ? Tout commence, comme le rappelle Michel de Certeau, avec le geste de mettre à part. Les premiers gestes consistent à collecter, à isoler, à cadrer, à confronter des sources, à opérer des changements de focale. Ils ont une force qui leur est propre, ils fabriquent du sens. Quels effets cela produit sur nos possibilités de compréhension ? Comment un objet se transforme en document, en objet archéologique ou ethnographique ? Qu’est-ce qui se perd lors de cette transformation qui est aussi un abandon de liens et de possibles ? Un des objectifs sera de confronter les enjeux de différents gestes et pratiques de la collecte réalisées par des chercheurs et des artistes.9h30-11h30 : Mathieu Abonnenc (artiste), Romain Bertrand (historien), Benoît de l’Estoile (anthropologue).11h30 : pause12h-13h : Discussion DONNER VOIX, REPHRASER, MONTER : LA RECHERCHE DE FORMES D’ÉNONCIATIONModération : Nicolas Feodoroff (FID) et Aude Fanlo (MuCEM) (à confirmer)Comment faire parler des objets ? Comment prolonger la puissance de parole de voix isolées ou disparues ? Ces questions animent de nombreuses démarches artistiques. Elles sont aussi au cœur de l’anthropologie visuelle ou de la réflexion que certains historiens portent sur l’écriture de l’histoire, l’usage et le traitement de l’archive. Que l’on construise un récit littéraire, cinématographique ou historique, ces questionnements entraînent de nouveaux usages de la citation et de la paraphrase, du découpage et du montage, de la voix off et de la figure du narrateur. Ils produisent des formes d’énonciation plurielle qui donnent à l’objet de la recherche la possibilité de se constituer comme sujet et d’évaluer lui-même son propre statut. 14h30-17h : Patrick Boucheron (historien), Arlette Farge (historienne), Natacha Nisic (artiste), Caterina Pasqualino (anthropologue).17h : pause17h30-18h30 : DiscussionVENDREDI 10 NOVEMBRE 2017MuCEM auditorium Germaine Tillion TROUER LE RÉCIT CONTINU : ESPACES BLANCS, HISTOIRES POTENTIELLES ET CONTREFACTUELLESModération : Vanessa Brito (ESADMM)et Anna Dezeuze (ESADMM) Une manière de refuser le caractère nécessaire de l’état des choses est, pour les historiens, d’imaginer à partir de ce qui s’est amorcé mais non développé dans l’histoire, ce qu’aurait pu être le futur de ces passés inaboutis. Il est possible d’écrire une autre histoire à partir des avenirs non advenus – une histoire fictive, contrefactuelle, mais offrant des ressources à l’action, en dehors de l’évidence du présent. Ces expériences d’écriture en histoire, pratiquées parfois en anthropologie, peuvent alors rencontrer des expériences artistiques de mise en récit. Ce qui nous permettra d’interroger les usages artistiques du document et de l’archive, le statut de la fiction et les régimes de véridicité.9h30-11h45 : Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou (historiens), Vincent Meessen (artiste), Uriel Orlow (artiste).11h45 : pause12h15-13h : DiscussionL’EXPOSITION COMME FORME D’ÉCRITUREModération : Sylvie Collier (UAM) et Jean-Roch Bouiller (MuCEM)Exposer est une opération commune à l’artiste et au chercheur en sciences humaines et sociales. On expose des images, mais aussi une pensée et des arguments. Qu’il soit visuel ou textuel, le montage construit du sens, tisse des récits et propose une narration. Aujourd’hui, philosophes et historiens de l’art cherchent des points de convergence entre la forme-livre et la forme-exposition. Des anthropologues, sociologues et historiens co-construisent des expositions dans des musées de société. Le commissariat de recherche pose clairement la question de l’engagement de l’art par rapport à la connaissance et nous rend à l’évidence que laproduction du savoir est indissociable de ses formes de monstration et d’exposition. Une réflexion commune sur les enjeux de cette forme de narration ouvre encore un espace de dialogues entre nos recherches respectives.14h30-17h00 : Nadine Gomez (directrice du Musée Gassendi et du « Cairn »), Yann-Philippe Tastevin (anthropologue),  (artiste), Philippe Artières (historien).17h : pause17h30-18h30 : Discussion et clôture.(...)

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Séminaire Economie et Histoire

Séance spéciale de séminaire - Jeudi 19 octobre 2017 - 15:00L’historie et l’économie s’intéressent actuellement à l’ensemble des phénomènes sociaux. Leurs approches mobilisent à la fois des questionnements et des méthodes différentes. Le but de ce séminaire sera d’enrichir l’étude de ces objets partagés en confrontant approches et méthodes à partir de quelques dossiers thématiques. Ces dossiers comptent se focaliser, entre autres, sur la mobilité sociale et intergénérationnelle, le rôle du mariage, et l’impact de l’urbanisation sur des différents phénomènes sociaux.Le séminaire aura lieu un jeudi par mois, en alternance entre le Centre Norbert Elias et l’AMSE.Organisateurs : Jean Boutier, Cecilia Garcia-Peñalosa, Alain Trannoy, Arundhati Virmani.Séance du 19 octobre 2017Alain Trannoy - Questions de mobilité intergénérationnelle: Les élites françaises  Discutant : Jean Boutier> Voir le détail de la programmation à venir sur l'affiche(...)

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Rencontres musico-doctorales de Paris à Marseille

Rencontre - Jeudi 22 juin 2017 - 10:00Ces journées, organisées par le Centre Norbert Elias et le Centre Georg Simmel avec le soutien de l'EHESS, se donnent pour objectif de mettre en lumière des travaux de doctorant.e.s travaillant sur la musique.Vous trouverez dans le programme de ces rencontres des communications sur les thèmes de la programmation des musiques du monde, de l'apprentissage de la techno, du music-hall, mais bien d'autres encore. (...)

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École des hautes études en sciences sociales

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