CECI n'est pas EXECUTE Centre Norbert Elias : Marta Caradonna – Intellectuels, institutions et expositions : la constitution des musées et des disciplines demo-ethno-anthropologique en Italie à partir de 1850, 18 décembre 2019

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Marta Caradonna – Intellectuels, institutions et expositions : la constitution des musées et des disciplines demo-ethno-anthropologique en Italie à partir de 1850, 18 décembre 2019

Soutenance de thèse le mardi 18 sécembre à 14h00, salle B, 2e étage, à l’EHESS-Marseille, La Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002, Marseille

Candidate
Marta Caradonna

Ecole doctorale
Ecole doctorale 286 en Sciences sociales de l'EHESS, en co-tutelle avec l’Université de Rome “Sapienza”

Titre de la thèse
Intellectuels, institutions et expositions : la constitution des musées et des disciplines demo-ethno-anthropologique en Italie à partir de 1850. Une histoire croisée

Title of the thesis
Intellectuals, institutions and exhibitions : the constitution of museums and demo-ethno-anthropological disciplines in Italy since 1850. A crossed history.

Résumé
Cette thèse se propose de retracer les différentes phases de l’instauration des disciplines anthropologiques en Italie à partir de la deuxième moitié du 19éme siècle. En effet, l’anthropologie naissante accompagne la construction de la nation italienne et s’y entrecroise, en jouant un rôle actif vis-à-vis des problèmes sociaux et politiques liés à la vie du jeune Royaume d’Italie né en 1861. Cette thèse est d’une part consacrée à expliciter les étapes les plus significatives du développement du secteur anthropologique, passant en revue les expériences de certains de ses protagonistes et questionnant les relations qui ont uni ces hommes d’étude. D’autre part, la thèse explore l’histoire des institutions muséales qui se sont intéressées en Italie aux disciplines anthropologiques. Cette histoire nous permet de comprendre le processus de construction et de développement des connaissances sur l’homme et sur la société, le débat théorique qui l’accompagne, les positions idéologiques impliquées, l’ouverture de nouveaux horizons et de nouveaux secteurs de recherche. Re-parcourir l'histoire des principaux musées du champ anthropologique permet, de surcroît, d'analyser l'incidence des événements plus vastes et complexes de l'Italie du moment, tels que l'irruption de l'évolutionnisme et du positivisme dans l'anthropologie italienne, le passage de l'époque du musée-laboratoire à celle du musée “démocratique” ouvert au public, les débats sur la nature des objets ethnographiques, l'avènement de la muséographie ethnographique, l'unification italienne de 1861, la brève expérience coloniale italienne, l’Esposizione Internazionale de Rome de 1911, le Primo Congresso di Etnografia Italiana et les relations entre l'anthropologie italienne et le Fascisme. La naissance des musées illustre la manière dont, dans un pays tel que l'Italie où les origines de l'anthropologie sont marquées par la prédominance des approches médicales et biologiques, l'attention portée aux caractères physiques précède et englobe l'intérêt envers les aspects culturels. Ce constat s'impose avec évidence pour les premiers musées analysés, le Museo Nazionale di Antropologia e Etnologia conçu et fondé en 1869 par Paolo Mantegazza, le Museo Nazionale Preistorico Etnografico souhaité par le paléo-ethnologue Luigi Pigorini et créé en 1875, et le Museo di Etnografia Italiana conçu par Lamberto Loria et Aldobrandino Mochi en 1906. L'objectif que je me suis fixé est de comprendre, en différents moments historiques et politiques de l'Italie, les relations entre les lieux de muséification de la connaissance anthropologique et les sujets qui produisent et qui étudient cette même connaissance. C'est de cette interrogation que découle l'exigence de reprendre de manière précise les termes de la “question” de la nature des relations entre disciplines anthropologiques et musées. Pour étudier ces multiples dimensions j'ai reconstruit les dynamiques de la naissance et de l'évolution du Museo Nazionale Preistorico Etnografico “Luigi Pigorini” et du Museo Nazionale delle Arti e Tradizioni Popolari “Lamberto Loria” de Rome.

Abstract
The purpose of this PhD research is to retrace the various phases of the introduction of anthropological disciplines in Italy since the mid-19th century, connecting them with the social and political context of the country. The nascent anthropology, in fact, goes hand in hand with the construction of the Italian nation, intertwining with it and playing an active role in the life of the young Kingdom of Italy, a State which was officially established in 1861. Firstly, the thesis analyses the most relevant developments of the anthropological studies, reviewing the experiences of some of its protagonists and investigating the relationships between them. Secondly, it focuses on the history of Italian museums which have shown interest in the ethno-anthropological disciplines. This study makes it possible to understand the process of building and developing knowledge on man and society, the theoretical debate which follows, the ideological positions involved and the rise of new horizons and fields of study. Retracing the facts of the main anthropological museums in Italy also allows to gain a deeper understanding of socio-historical events such as: the breakthrough of evolutionism and positivism in Italian anthropology, the transition from the age of the “museum-laboratory” to that of the “democratic” museum open to the public, the debates on the nature of ethnographic objects, the advent of ethnographic museography, the Italian unification of 1861, the brief experience of Italian colonialism, the Esposizione Internazionale in Rome of 1911, the Primo Congresso di Etnografia and the relationship between Italian anthropology and Fascism. The birth of anthropological museums shows how in Italy, where the origins of anthropology are strongly characterized by the medical-biological approach, the interest on physical characters precedes and contains those on cultural aspects. This is evident in the first museums analysed here, such as the Museo Nazionale di Antropologia e Etnologia founded in 1869 by Paolo Mantegazza, the Museo Nazionale Preistorico Etnografico founded by Luigi Pigorini in 1875 and the Museo di Etnografia Italiana created by Lamberto Loria and Aldobrandino Mochi in 1906. The goal is to understand the linkage between the places where the anthropological knowledge has been exhibited and the intellectuals who have studied and produced such knowledge in different socio-historical and political eras of Italy. To study these multiple dimensions I have also reconstructed the dynamics that led to the birth and the development of the Museo Nazionale Preistorico Etnografico “Luigi Pigorini” and the Museo Nazionale delle Arti e Tradizioni Popolari “Lamberto Loria” in Rome.

Jury
Alessandro LUPO, professeur à l’Université “Sapienza” (directeur de la thèse)
Valeria SINISCALCHI, Directrice d’études à l’EHESS (directrice de la thèse)
Dionigi ALBERA, Directeur de recherche au CNRS
Isabelle BRIANSO, Maître de Conférences à l’Université d’Avignon
Jean BOUTIER, Directeur d’études à l’EHESS
Alessandra BROCCOLINI, Chercheur à l’Université “Sapienza”

Centre Norbert Elias

Unité mixte de recherche 8562
Marseille et Avignon
EHESS / CNRS / Avignon Université / Aix-Marseille Université

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