CECI n'est pas EXECUTE Centre Norbert Elias : Luigia Parlati – Faire le slam : une ethnographie des pratiques poétiques collectives entre Paris et Marseille : 10 décembre 2018

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Luigia Parlati – Faire le slam : une ethnographie des pratiques poétiques collectives entre Paris et Marseille : 10 décembre 2018

Soutenance le lundi 10 décembre 2018 à 13h30 à l’EHESS Marseille, La Vieille Charité, 2e étage, Salle A.

Candidate

Luigia Parlati

Domaine
Sociences sociales

Ecole doctorale
Ecole doctorale 286 de l'EHESS

Titre de la thèse
Faire le slam : une ethnographie des pratiques poétiques collectives entre Paris et Marseille

Jury
Denis LABORDE – Directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS - Centre Georg Simmel, directeur de la thèse
Fulvia CARUSO – Professeure associée à l'Université de Pavie - Département de Musicologie, rapporteure
Flavia GERVASI – Professeure adjointe, Université de Montréal - Faculté de Musique, rapporteure
Karim HAMMOU – Chargé de recherche au CNRS - CRESPPA/CSU, examinateur
Michel de FORNEL – Directeur d'études à l'EHESS - LIAS IMM, examinateur
Emmanuel PEDLER – Directeur d'études à l'EHESS - Centre Norbert Elias, examinateur

Résumé
Cette recherche porte sur une pratique de création poétique, le slam, qui est née à la fin des années 1980 aux États-Unis et qui est aujourd’hui largement répandue dans plusieurs pays, notamment en France. Si le succès de public (en 2006) d’artistes comme Grand Corps Malade est la forme plus reconnaissable de cette pratique de par sa médiatisation, il existe une hétérogénéité de « formes slam » et de pratiques qui sont devenues l’objet de cette thèse. Un slam de poésie est un espace de parole ouvert à tous et il est organisé selon différents dispositifs, de la compétition au « micro ouvert » et dans plusieurs typologies de lieu (bar, salle de spectacle, bibliothèques, espaces publics). Toute personne ayant un texte à dire (qui peut être écrit au préalable ou pas) peut donc le faire devant un public, sans qu’on lui impose aucune contrainte de style ou de contenu. Cette simplicité apparente du fonctionnement du slam vient interroger en réalité plusieurs types de « frontières » qui font sens pour certains acteurs du monde de la création littéraire (poésie écrite/poésie à voix haute), de l’éducation linguistique (parler littéraire/parler ordinaire) et de la formation du goût artistique (excellence/banalité). Mais les slameurs et slameuses rencontré.e.s dans mes enquêtes entre Paris et Marseille (ainsi qu’à l’internationale), témoignent d’un autre monde commun, où l’expérimentation verbale, vocale et performative coexiste avec le désir de partager librement la parole ou de s’engager dans une démarche artistique. Croisant les discours des acteurs avec la doxa et la littérature sur le sujet, cette thèse a pour ambition de proposer des analyses situées de cette pratique poétique collective, afin de rendre compte de son extrême disponibilité à accueillir tout acte de parole dite à voix haute et en public. C’est une recherche qui se donne pour objectif d’au moins mettre à jour les nœuds, tensions et enjeux suscités par cette liberté du slam à être agencé et participé.

Mots-clés
slam ; poésie ; performance ; parole ; voix ; démocratie ; agentivité

Abstract
This research focuses on poetry slam, a practice of poetic performance, born in the late 1980s in the United States and now widespread in several countries, including France. If the public success (in 2006) of artists such as Grand Corps Malade is the most recognizable form of this practice through its media coverage, there is a heterogeneity of "slam forms" that have become the subject of this thesis. Poetry slam is an open platform and it is organized according to different approaches, from competition to "open microphone" and in several kinds of places (bar, stages, libraries, public spaces). Anyone with a text to say (which can be written in advance or not) can therefore do it in front of an audience, without any injunction of style or content. This apparent simplicity of poetry slam actually questions several types of "boundaries" that make sense to some actors in the world of literary creation (written poetry/poetry readings), language education (literary/common language) and artistic creation (excellence/triviality). But the slammers I’ve met in my fieldwork between Paris and Marseille (as well as abroad), participate of another common world, where verbal, vocal and performative experimentation cohabit with the desire to freely share their words or being engaged in an artistic endeavor. Crossing the discourses of the actors with the doxa and literature on the subject, this thesis aims to propose some analysis based on this collective poetic practice, in order to account for its extreme readiness to accommodate any speech act aloud and in public. This research aims to at least elucidate the tensions and issues raised by poetry’s slam freedom to be empowered and be engaged.

Keywords
slam; poetry; performance ; speech; voice; democracy; agentivity

 

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