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Where is the jazz ?

Enjeux et axiologie de l’information jazzistique en France depuis le début des année 2000

De l'hybridation des dispositifs info-communicationnels du jazz à leurs médiations formelles

 

Le vendredi 5 octobre 2018, à 14h00

À l’Université d’Avignon, site Hannah Arendt (salle des thèses) 74, rue Louis Pasteur, 84000 Avignon  

 

Sous la direction de :

Mr Frédéric GIMELLO-MESPLOMB – Professeur en SIC, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse 

Membres du jury :

Mr Guy LOCHARD – Professeur émérite en SIC, Université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle

Mr Nicolas PELISSIER – Professeur en SIC, Université de Nice Sophia Antipolis

Mr Emmanuel ETHIS – Professeur en SIC, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse

Mr Pierre-Henri MORAND – Professeur en Sciences Economiques, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse 

Mr Stéphane PESSINA-DASSONVILLE – Fondateur et directeur artistique du Festival Jazz à Junas 

 

Résumé de la thèse :

Cette thèse délaisse la traditionnelle approche essentialiste du jazz (que l’on peut résumer à la question « Qu’est-ce que le jazz » ?) qui a taraudé tout un pan de la sociologie américaine des cinquante dernières années de H.S. Becker à R.A Peterson pour proposer, en s'appuyant sur les théories communicationnelles des cultural studies et des média-cultures, une modélisation spatiale des dynamiques informationnelles du milieu du jazz français par triangulation de leurs espaces de diffusion et de leurs communautés de réception (qui pourrait se matérialiser dans la question : « Où est le jazz ? »). En adoptant une approche multivariée “en écheveau” (Passeron, 1990) mais toujours spatialisée et basée sur l’ethnographie rapprochée, prenant appui sur trois catégories d’acteurs (programmateurs, musicien.ne.s, publics), la thèse reconstitue les étapes du processus d’information sur la valeur des musicien.ne.s primé.e.s et diffusé.e.s sur le marché du jazz, produites dans des « forums hybrides » (Callon, 1999, Lascoumes, 2001).

Dans une première partie, cette thèse s’intéresse aux dynamiques internes qui régissent la circulation de l’information (Frère, 2003, Rebillard, 2006), dans le secteur du jazz en France, sur la valeur économique de cette information, en recensant les outils de mesure et signaux faibles (Caron, 2001) recueillis par les publics comme autant d’éléments de perception sur la valeur des musicien.ne.s primé.e.s. Dans une seconde partie, l’analyse comparée, en situation, des artistes et de leurs publics est étudiée en faisant appel à une enquête menée dans différents espaces publics d’écoute du jazz dans les agglomérations d’Avignon et de Lausanne (Suisse), sans se limiter aux seuls lieux institutionnalisés et repérés comme tels (Smac et salles labellisées). Enfin, dans une dernière partie, une enquête par questionnaire menée auprès des publics fréquentant ces lieux et une série d’entretiens de musicien.ne.s complètent l’observation sur les pratiques de sortie et les modalités de partage de l’information jazzistique. L'enjeu de cette thèse de sciences de l’information et de la communication est d’observer l’évolution des catégories pratiques d’évaluation utilisées par les publics pour qualifier le jazz ainsi que les interactions tant discursives que sociales que cette musique génère sur des temps longs. Si, sur le plan théorique, cette thèse prend appui sur les principaux travaux qui, en SIC, ont porté sur la dimension axiologique de la réception des musiques amplifiées (Dalbavie, 2006 ; Kaiser, 2012), sur le plan empirique, la thèse met à profit le traitement informatisé d’une base de données originale constituée en master et recensant près de 5000 récipiendaires de prix et récompenses professionnelles (leaders primés ainsi que leurs accompagnateurs ou « sidemen »), 300 instruments et familles d’instruments et une cinquantaine de lieux de diffusion.

Cette thèse permet ainsi de mettre en évidence, sur quinze ans, une évolution des dispositifs informationnels du jazz en France et la naissance de formes de médiations plurielles (Gellereau, 2003) portant sur ce genre musical. Trois principaux enseignements peuvent être établis :(a) le faible impact économique de la récompense professionnelle sur la vente de supports enregistrés en France mais son effet positif sur les dispositifs d’information spécialisés destinés aux professionnels ; (b) l’instabilité définitionnelle récurrente du jazz et l’hybridation progressive des formes artistiques instituées du jazz vers des catégories exogènes en voie d’institutionnalisation comme la world music ainsi que les stratégies d’adaptation des musicien.ne.s et l’évolution de leur répertoire vers ces nouvelles formes ; enfin (c) une évolution du traditionnel débat sur l’« authenticité » du jazz vers d’autres registres de légitimation, notamment autour des identités militantes des lieux de diffusion.  

 

Chacun des membres du laboratoire est chaleureusement invité au pot qui suivra la soutenance. Pour plus de précisions, merci de me contacter par retour d'email : mathieu.feryn@univ-avignon.fr.    

Bien à vous,

 

Mathieu Feryn

ATER, responsable pédagogique en Licence Information-Communication (L1)

Equipe Culture et Communication, Centre Norbert Elias UMR 8562 (((( CNRS-EHESS-UAPV-AMU)

EHESS et CNRS
AMU et UAPV

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Biennale d'ethnographie

Rencontre - Jeudi 04 octobre 2018 - 09:00Suite au succès de trois éditions des Rencontres Annuelles d’Ethnographie de l’EHESS, la première Biennale d’ethnographie de l’EHESS vous accueille pendant deux jours autour de douze ateliers et deux conférences. Malgré un changement de nom, le principe reste le même : offrir un espace de réflexion et de visibilité à l’enquête ethnographique par des doctorant.e.s et des jeunes chercheur·e·s issu·e·s de différentes disciplines des sciences sociales.Ces rencontres de 2018 se dérouleront autour des douze ateliers présentés ci-dessous.Ils s’organisent tantôt autour de certains objets d’étude qui nécessitent la mise en place de stratégies d’enquête particulières (ONG, environnement, mobilité professionnelle, justice, demandeurs d’asile, agriculture, rapports sociaux) ou se centrent sur des modes d’implication sur le terrain qui interrogent la nature des données récoltées (commérage, sens, techniques du corps, affects).Les deux soirées seront consacrées à des conférences avec des ethnographes reconnu.e.s qui viendront partager avec nous leurs engagements tout au long de leurs recherches : Jean Peneff interviendra jeudi et Jeanne Favret-Saada échangera avec les participant·e·s vendredi.L’ensemble du comité d’organisation de la Biennale vous remercie pour votre participation, vos engagements pour imaginer l’ethnographie de demain et la faire vivre. Un seul mot d’ordre : interagissez et appréciez ces moments de partage ! Comité d'organisation :Daniel Cefaï (EHESS-CEMS), Ranime Alsheltawy (Université Paris Dauphine – IRISSO), Caterina Bandini (EHESS-CMH), Laura Bellenchombre (Université de Rouen – Normandie – DySoLab), Zoé Barry (EHESS, Observatoire du Samusocial de Paris), Chayma Boda (EHESS-CECMC), Thomas Bonnet (CERTOP [UMR5044]), Leila Drif (EHESS-IRIS), Marie Ducellier (IMAF &EHESS-IRIS), Camille Foubert (EHESS-IRIS/TEPSIS), Nolwenn Gauthier (EHESS-IRIS), Julie Lavayssière (Paris 8, Observatoire du Samusocial de Paris), Paul Lehner (Université Paris Nanterre – ISP), Hadrien Malier (EHESS-IRIS), Marie Manganelli (Université Paris Descartes – Canthel), Audrey Marcillat (EHESS-IRIS), Marjolaine Martin (EHESS-Centre Norbert Elias), Pierre Mettra (EHESS-Centre Norbert Elias), Elise Nédélec (Université de Bordeaux – LAM, Ceped), Julie Oleksiak (EHESS-Centre Georg Simmel), Jean-Baptiste Paranthoën (EHESS-CRH, INRA-CESAER), Laura Parvu (IEP de Toulouse – LaSSP), Ines Pasqueron de Fommervault (AMU, IMAF), Mathieu Rajaoba (CSI-Mines ParisTech), Paco Rapin (EHESS-IRIS), Amandine Rochedy (CERTOP [UMR5044]), Quentin Schnapper (INRA-CESAER), Sophie Tabouret (INRA-SADAPT; CSI-Mines ParisTech), Tonya Tartour (Sciences Po Paris-CSO), Hugo Wainsztok (EHESS-IRIS).

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Rencontres Technographies

Rencontres scientifiques - Mardi 11 septembre 2018 - 09:30Cette rencontre est destinée à discuter des 18 propositions d’articles retenues par le comité de rédaction de la revue Techniques&Culture en mai 2018 pour le numéro 71 « Technographies ». Chaque auteur (ou couple d’auteurs) aura dix minutes maximum pour présenter son projet. Les présentations seront suivies d’une heure trente de discussion collective selon le nombre de propositions présentées. TechnographiesEn mettant à l’honneur ce que l’on pourrait appeler la « technographie » – désignant l’ensemble des procédés d’écriture des techniques –, le numéro 71 vise une double finalité : penser l’évolution des pratiques des spécialistes des techniques tout en assurant leur transmission en direction de celles et ceux qui souhaitent s’engager sur la même voie.Le numéro comportera deux ensembles de textes. Les premiers seront des contributions théoriques et historiographiques relatives aux étapes clés du processus qui va de l’expérience de terrain, au contact avec les « matières premières » – les faits techniques –, à la réception par les publics des documents qui en sont issus. Il s’agira non seulement de faire un état des lieux des techniques de documentation, d’analyse, d’archivage et de mise en circulation des faits techniques, mais aussi d’en retracer les trajectoires tout en identifiantles angles morts et les questionnements demeurés en friche, près d’un demi-siècle après l’émergence de la « technologie culturelle ». Le second sera composé de préconisations, sous forme de « notices », constituant les éléments d’un manuel de terrain, prioritairement destiné aux novices mais également susceptible d’intéresser des spécialistes souhaitant ajouter des cordes à leur arc. Entrée gratuite sur inscription : i2mp@mucem.org

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Appel à contributions « Musées et mondes numériques »

Appel à communication - Lundi 01 octobre 2018 - 00:00La revue Culture & Musées lance un appel à projet d'articles pour un numéro thématique « Musées et mondes numériques », à paraitre en 2020, sous la direction de Milad Doueihi et Florence Andreacola.L’objectif de ce numéro est de relire trois fondamentaux du musée que sont la collection, l’exposition et le public au regard de la culture numérique de manière critique et réflexive. Il s’adresse à des chercheurs en muséologie ainsi qu’à tous les chercheurs qui traitent du patrimoine, des archives, de la documentation, des institutions culturelles, des industries de la culture, des accès et de l’utilisation des données culturelles, ouvertes et/ou publiques. Les textes attendus pour ce numéro pourront s’intégrer dans l’un de ces trois axes, ceux-ci n’étant pas exclusifs les uns des autres : - De la mise à disposition de données numériques au hackathon des données culturelles publiques, - De l’exposition des œuvres et des objets à la mise en scène des données, - Du scénario de visite à la mise en scène de soi. 

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