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ANR ORIGINES

Aux marges de la parenté : origines et nouvelles configurations familiales (2018-2021)

Coordination scientifique : Agnès Martial

Equipe de recherche

Agnès Martial, Centre Norbert Elias
Anaïs Martin, Centre Norbert Elias
Mylène Hernandez, Centre Norbert Elias
Jérôme Courduries, Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires
Mélanie Gourarier, Laboratoire d'études de genre et de sexualité
Sylvie Steinberg, Centre de recherches historiques
Laurence Brunet, Normes, sciences et techniques
Isabelle Côté, Université du Québec en Outaouais
Michèle Giroux, Université d'Ottawa
Alice Sophie Sarcinelli, Université Milan Boccaccia
Flavio Tarnovsky, Université fédérale du Mato Grosso

Présentation

Quel sens donner aux liens – réels ou fantasmés – unissant les personnes qui, sans être parentes au sens légal du terme, sont reliées par les circonstances d’un acte procréatif ? Les réponses à cette question sont plurielles : suscitant parfois de longues quêtes identitaires, les « origines personnelles » peuvent aussi demeurer secrètes, déniées ou simplement sans importance pour de nombreuses personnes ne connaissant pas les conditions et/ou les protagonistes de leur naissance. La question des « origines » dans les situations adoptives ou résultant du recours à l’Assistance Médicale à la Procréation suscite cependant d’intenses débats politiques, sociaux et scientifiques, révélant ainsi qu’elle n’est pas réductible à une simple variété de choix individuels. Car au-delà des itinéraires personnels, les interprétations de « l’origine » mettent en question nos conceptions de la parenté et de l’identité, bousculées par les manières nouvelles de procréer et de faire famille. Se limitant fréquemment à opposer définition « biologique » et conception « sociale » de la parenté, les débats peinent cependant à rendre compte, du fait de la rareté des recherches empiriques, des relations inédites que recouvre la question des origines dans les formes familiales contemporaines.

Ce projet de recherche entend pallier cette absence en considérant l’origine comme une entrée heuristique originale pour l’analyse des reconfigurations de la parenté. Notre hypothèse principale est que le rapport aux origines ne crée pas de parents au sens légal du terme mais qu’il participe parfois, dans une société qui attribue une forte valeur symbolique aux faits de la procréation, de la construction identitaire des personnes. La question des origines révèlerait alors – c’est notre seconde hypothèse - une évolution profonde liée à la dissociation croissante de la procréation et de la parenté, produisant des relations et des figures « nouvelles » : du fait de l’essor des technologies de la reproduction, les circonstances sont aujourd’hui plus nombreuses et plus visibles où des personnes procréent mais ne deviennent pas des parents, demeurant « aux marges » de la parenté.

Le présent projet veut explorer ces marges : les figures de l’origine, les récits qui les constituent, la place qu’elles occupent (ou non) dans l’histoire des individus adoptés, nés du recours au don de gamètes ou à la gestation pour autrui (GPA) ouvrent à l’analyse des situations familiales contemporaines un pan inexploré. Étudier le rapport aux origines permettra de comprendre ces configurations relationnelles et d’analyser leur devenir : la question des origines se trouve au cœur des évolutions récentes et des nouvelles pratiques de l’adoption, nationale et internationale ; elle interroge dans le champ de l’AMP le statut et la place des donneur.se.s mais aussi la manière dont se construit, dans son intégralité, l’univers familial de l’enfant né de don ; elle permet, concernant la GPA, d’analyser la place et le rôle attribués (ou non) à la femme qui a porté l’enfant et à celle qui, le cas échéant, a donné ses ovocytes, au regard de la construction du couple parental, qu’il soit de sexe différent ou de même sexe.

Nous souhaitons ainsi décrire empiriquement l’émergence et les différentes modalités d’existence des relations associées à l’origine dans les configurations familiales contemporaines, en proposer une analyse pluridisciplinaire (histoire, anthropologie, sociologie, droit) et comparative (France, Royaume Uni, Belgique, Italie, Québec, Etats-Unis, Brésil). Ce programme de recherche permettra de renouveler, à partir d’un angle inédit, l’analyse du contenu culturel, social et juridique des parentés dites « euro-américaines », tout en informant les décisions politiques et les évolutions législatives à venir.



 

 

 

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