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ANR HISTRANS

Histoire de la transparence. La politique rendue visible : Allemagne et France, 1890-1990 (2018-2021)

Coordination scientifique : Frédéric Monnier (Centre Norbert Elias)
Un Programme franco-allemand en Sciences humaines et sociales (FRAL)
Fiche web ANR : http://www.agence-nationale-recherche.fr/Projet-ANR-17-FRAL-0013

Présentation

La transparence est aujourd’hui considérée comme une valeur politique, synonyme de démocratie, de participation et de responsabilité. On oublie ainsi deux points: les exigences de transparence ne sont ni passagères, ni réellement nouvelles, mais liées à des contextes déterminés et dotées d’une histoire propre. De plus, elles ont des effets ambivalents. Comme il n’y a encore pratiquement pas d’études historiques de la transparence, nous avons mis l’accent sur l’histoire politique.
Apparemment, la transparence est une propriété d’un système politique. En réalité, elle s’exprime dans des exigences politiques de transparence, venues du bas, en particulier pour l’accès à l’information et les questions que le politique rend « lisibles ». Nous entendons nous concentrer sur l’histoire des demandes de transparence dans le domaine politique en Allemagne et en France. Nos directions d’enquêtes portent, premièrement sur l’histoire des commissions d’enquête parlementaire entre 1890 et 1970 environ, et deuxièmement sur deux scandales qui ont eu un fort effet dans le domaine du financement des partis (le scandale Flick et l’affaire Urba). Cela est lié à plusieurs interrogations : quand est-ce que la transparence est devenue une exigence effective ? Quelles mesures ont-elles été proposées ? Qui étaient les acteurs principaux ? Dans quelles configurations ? L’exigence de transparence a-t-elle produit plus ou moins de connaissance des processus politiques? A-t-elle fortifié la confiance politique, ou au contraire l’a-t-elle réduit ? Parmi les théories de la transparence, se signalent les catégories analytiques mises au point par David Heald.

Parmi nos hypothèses de travail figure l’idée, selon laquelle les demandes de transparence durant la première moitié du XXe siècle portaient plutôt sur des membres du personnel politique, selon une perspective individualisée et au cas par cas. À partir des années 1970-1980, l’injonction de transparence a pris une nouvelle dimension, et cette exigence s’est portée sur le système lui même, sommé de se montrer transparent. À l’appui de cette hypothèse interprétative, un argument peut être évoqué: l’exigence croissante de transparence n’a pas renforcé la confiance dans la démocratie. En outre, la configuration générale et les acteurs ont changé. À partir des années 1980, sont apparus, aux côtés de la presse, de nouveaux acteurs issus de la société civile, qui ont plaidé pour des instruments producteurs de transparence.

Le projet ici proposé s’inscrit dans le fil d’une coopération entre chercheurs français et allemands associés depuis 2011 dans des études historiques sur la corruption. Cette nouvelle thématique élargit et complète ces recherches antérieures, dans la mesure où la transparence est comprise, dans le contexte, comme un concept opposé à celui de corruption. Ce projet de recherche bénéficiera du réseau scientifique international de ses animateurs.

Centre Norbert Elias
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