Les équipes | Chercheurs correspondants

Maxime Jaffré

Coordonnées professionnelles

maxime.jaffre@univ-amu.fr

 

Thèse soutenue le 12 juin 2015 à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales sous la direction d’Emmanuel Pedler.

 

Titre de la thèse 

« La globalistion de la culture et l’esprit de la musique arabe. Contribution à une sociologie des formes savantes de musique arabe décontextualisées en France et aux États-Unis. »

 

Domaines de recherche

  • Sociologie de la culture – Sociologie de la musique

  • Instruments, outils et techniques en musique

  • Socio-histoire et processus de rationalisation des musiques savantes

  • Réseaux professionnels de la musique et cercles musiciens

  • Processus d'institutionnalisation de la culture et légitimité culturelle

  • Circulations culturelles et musicales, déterritorialisations, diasporas, migrations

  • Épistémologie et méthodologies en sciences sociales

  • Méthodologies statistiques (SPSS) et cartographiques (ArcGIS) en sciences sociales

Decontextualizing a scholar music : a sociology of Arabic and Arab-Andalousian music ensembles in Marseille and Chicago

Abstract

It is generally assumed that “globalization” has a worldwide impact. The more prevalent view among scientific and political debates favors the possibility of witnessing a significant leveling of local cultural identities. Furthermore, most of the analysis about “globalization” draws attention to its consequences on diversity and its potential to affect the world at a major scale. Through this general concern, these conceptions describe the fear of seeing Humanity submerged in an anonymous “global” and homogenized world, reduced to the status of a paralyzed spectator.

In addition, “globalization” embodies a significant narrowing of the world, generated by economic flows, the expansion of new mass media and the use of global communication. This context has embedded the possibility to create a new kind of neighborhood that Marshall McLuhan has tempted to theorize under the concept of “global village”.

In such a context, debates about “globalization” reject its impact at a local or national level. Henceforth, many of these concerns deal with the becoming and the durability of many identities, cultural expressions, life styles, languages and religious believes. Just as bio-diversity is threatened by the consequences of a global warming, so too cultural worldwide diversity is becoming a major issue.

In contrast to these macro-analysis, some sociological studies analyze “globalization” on the basis of research at a micro level. Through their research focused on migrations, diasporas, deterritorializations and cultural exchanges, they observe that if “globalization” generates new flows throughout the world, therefore it should also contributes to create new cultural changes. However, these changes are not putting an end to cultural diversity but rather contributing to the birth of new cultural forms. Furthermore, these conceptions of “globalization”, synonymous of diversity and pluralism, provide transnational and trans-local dimensions to these decontextualized objects. In other words, “globalization”, far from being a homogenizing process, would rather be conceived as a factor promoting new cultural forms, that societies would produce from their own locality.

Based on a comparative socio-historical approach, this research tries to demonstrate the social conditions that create new local cultural forms in the modern world. Taking the example of a scholar music ; the Arabic music, now played and produced outside its original territory, - including the Maghreb, especially Algeria for the Arab-Andalousian case, as well as the Middle-East for Arab music -, we will focus on how these musical forms are recomposing locally in France, in cities such as in Marseille, and in the US, especially in Chicago, to redefine the practice of a scholar music.

For most scholars, as part of the whole “world music” production, Arabic music is widely considered as an imported object in Europe as well as in the US. However, this research is based on the assumption that Arab and Arab-Andalusian music played in Marseille and Chicago are, neither the “pure” original replicates, nor the artificial counterparts of the “Maghrebian” or “Middle-Eastern” models taught inside classical schools of the Arab world. On the contrary, they would rather sound as the outcome of a recontextualisation process. From this new outlook, this research aim to trace the different steps of the redefinition process of a scholar music. On these grounds, the analysis of Arabic music conceived within new territories will provide empirical tools to discern the creative aspects of “globalization”.

Keywords

Sociology of culture – Sociology of music – Arabic music – Arab-Andalusian music – Qasida – Wasla – Muwashshah – Malouf – Guarnati – San'â – Nouba – Musicians – Instruments – Tools – Techniques – Rationalization – Composition – Music scores – Repertoire – Equal tempered scale – Quarter tone scale – Intervals – Tonal music – Modal music – Harmonic music – Chords – Tetrachord – Maqâm – Taksim – Pythagoras – Zarlino – Zalzal – Mishaqa – Arab world – Europe – Maghreb – United States (US) – Egypt – France – Tunisia – Algeria – Morocco – Marseille – Chicago

 

La décontextualisation d'une musique savante : une sociologie des ensembles de musique arabe et arabo-andalouse recomposés à Marseille et Chicago

Résumé 

La « mondialisation » suscite régulièrement des controverses portant sur ses effets homogénéisants, uniformisants, voire destructeurs envers des entités culturelles locales. Parmi les approches coutumières que l'on rencontre au sein des débats des spécialistes scientifiques et politiques, la « mondialisation » incarne un phénomène de nivellement considérable des identités. Ce phénomène laisserait entrevoir un monde dans lequel l’homme se retrouverait absorbé dans l’anonymat d’une culture « globale » de plus en plus standardisée, dont il serait le spectateur impuissant.

A d’autres niveaux, la « mondialisation » évoque un phénomène de rétrécissement du monde, encouragé par les flux économiques mais aussi par l’expansion massive des nouvelles technologies et par l’usage généralisé des outils de communication. Cette situation aurait fait apparaître des formes de voisinage inédites que Marshall McLuhan a tenté de théoriser sous le terme de « village global ».

Dans un tel contexte, les débats portant sur la « mondialisation » récusent particulièrement son impact à un niveau local voire national. Désormais, une grande part des préoccupations portent sur le devenir et la durabilité de nombreuses identités et expressions culturelles, modes de vie, croyances, langues et religions. Au même titre que la biodiversité, menacée par les conséquences d’un réchauffement climatique, les « cultures du monde » seraient, de manière comparable, amenées à disparaître à l’échéance de quelques décennies.

En opposition à ces macro-analyses, certaines études sociologiques ont fait la démarche de s'intéresser à la « mondialisation » en sens inverse, à partir d'une échelle micro. A travers ces travaux portant notamment sur les diasporas, les circulations culturelles, les déterritorialisations, et les migrations, on observe à partir d'éléments de recherche réalisés à un niveau local, que si la « mondialisation » est significative d’échanges, de circulation et de flux inédits, ceux-ci ne sont jamais synonymes de perte d’identité ou d’acculturation, mais seraient au contraire vecteur de pluralisme et de diversité. Outre le phénomène d’émergence de nouvelles identités culturelles locales à travers le monde, ces analyses révèlent également des formes d’identification et d’appartenance extra-territoriales faisant apparaître une dimension transnationale ou translocale à ces objets décontextualisés. En d’autres termes, la « mondialisation », loin d’un processus d’homogénéisation ou de nivellement des cultures, engendrerait la constitution de nouvelles formes culturelles que les sociétés produiraient elles-mêmes depuis leur propre localité.

Basée sur une approche socio-historique comparative, cette recherche propose de déployer des outils d’analyse permettant de comprendre les conditions de développement de nouvelles formes culturelles dans le monde moderne. En prenant l'exemple d'une forme savante ; la musique arabe, aujourd’hui pratiquée et produite en dehors de ses territoires d’origine - que constituent le Maghreb, et essentiellement l’Algérie pour le cas de la musique arabo-andalouse, ainsi que l'ensemble du Porche-Orient pour la musique arabe -, nous analysons particulièrement comment ces formes musicales se recomposent localement en France dans des villes comme Marseille ou aux États-Unis à Chicago, pour redéfinir la pratique d'une musique savante.

Pour de nombreux spécialistes, la musique Arabe constitue largement un objet culturel importé en Europe tout comme aux États-Unis, et qui ne peut être entendu qu'à partir du cadre de production des « musiques du monde » ou encore des « musiques traditionnelles ». Toutefois, le postulat de cette recherche se base sur l’hypothèse que ces formes musicales produites à Marseille ou encore à Chicago ne sont, ni les reproductions « pures », ni les imitations artificielles des modèles enseignés au sein des écoles classiques du monde arabe. Au contraire, elles seraient bien plutôt le résultat d’un processus de recontextualisation que les différentes communautés redéfinissent à partir de nouvelles références et en fonction des relations entretenues avec les sociétés d’origines. En partant de l’analyse de la décontextualisation musicale, il s’agit ici de retracer les différentes étapes qui constituent le processus de redéfinition d’une forme savante. Cet objet culturel ayant été selon le cas, importé, déplacé ou emprunté selon les différents contextes socio-historiques, se retrouve intégré au sein d’un univers social qui lui confère un sens tout à fait original. Sur cette base, l’analyse de la musique arabe conçue en des territoires nouveaux nous permettra ainsi de comprendre, à partir d'études empiriques, les aspects actifs et créatifs de la « mondialisation ».

Mots-clés 

Sociologie de la culture – Sociologie de la musique – Musique arabe – Musique arabo-andalouse – Qasida – Wasla – Muwashshah – Malouf – Guarnati – San'â – Nouba – Musiciens – Instruments – Outils – Techniques – Rationalisation – Composition – Notation musicale – Répertoires – Gamme tempérée – Gamme non tempérée – Micro-intervalles – Quart de ton – tempérament – Intervalles – Musique tonale – Musique modale – Musique harmonique – Accords – Tétracorde – Maqâm – Taksim – Pythagore – Zarlino – Zalzal – Mishaqa – Monde arabe – Europe – Maghreb – États-Unis – Égypte – France – Tunisie – Algérie – Maroc – Marseille – Chicago

     

Activités scientifiques 

Bourse doctorale et assistant de recherche University of Chicago (2007-2009)

Consultant UNESCO - Division des Politiques Culturelles - Paris (2006)

 

Enseignement

ATER à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse (2013-2014)

Cette recherche est réalisée avec le soutien financier de la bourse doctorale du Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur et en partenariat avec ARCADE, Agence régionale des arts du spectacle en Provence Alpes Côte d’Azur.

 

Recherche

ANR CURRICULA : "Le Creuset Urbain : le Renouveau et la Refondation Institutionnels dans les « capitales CUlturelles » et Leurs Ancrages territoriaux" (2014-2017)

Type de recherche : Recherche Fondamentale

Responsable : Emmanuel Pedler
Contact : Maxime JaffréElena Raevskikh

http://www.agence-nationale-recherche.fr/?Projet=ANR-14-CE29-0001

 

Domaine de recherche dans le laboratoire : Formes et modèles culturels
Chercheur  du domaine : Emmanuel Pedler (directeur d'études à l'EHESS)
 

 

EHESS et CNRS
AMU et UAPV

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Rencontres Technographies

Rencontres scientifiques - Mardi 11 septembre 2018 - 09:30Cette rencontre est destinée à discuter des 18 propositions d’articles retenues par le comité de rédaction de la revue Techniques&Culture en mai 2018 pour le numéro 71 « Technographies ». Chaque auteur (ou couple d’auteurs) aura dix minutes maximum pour présenter son projet. Les présentations seront suivies d’une heure trente de discussion collective selon le nombre de propositions présentées.TechnographiesEn mettant à l’honneur ce que l’on pourrait appeler la « technographie » – désignant l’ensemble des procédés d’écriture des techniques –, le numéro 71 vise une double finalité : penser l’évolution des pratiques des spécialistes des techniques tout en assurant leur transmission en direction de celles et ceux qui souhaitent s’engager sur la même voie.Le numéro comportera deux ensembles de textes. Les premiers seront des contributions théoriques et historiographiques relatives aux étapes clés du processus qui va de l’expérience de terrain, au contact avec les « matières premières » – les faits techniques –, à la réception par les publics des documents qui en sont issus. Il s’agira non seulement de faire un état des lieux des techniques de documentation, d’analyse, d’archivage et de mise en circulation des faits techniques, mais aussi d’en retracer les trajectoires tout en identifiantles angles morts et les questionnements demeurés en friche, près d’un demi-siècle après l’émergence de la « technologie culturelle ». Le second sera composé de préconisations, sous forme de « notices », constituant les éléments d’un manuel de terrain, prioritairement destiné aux novices mais également susceptible d’intéresser des spécialistes souhaitant ajouter des cordes à leur arc.Entrée gratuite sur inscription : i2mp@mucem.org

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Appel à contributions « Musées et mondes numériques »

Appel à communication - Lundi 01 octobre 2018 - 00:00La revue Culture & Musées lance un appel à projet d'articles pour un numéro thématique « Musées et mondes numériques », à paraitre en 2020, sous la direction de Milad Doueihi et Florence Andreacola.L’objectif de ce numéro est de relire trois fondamentaux du musée que sont la collection, l’exposition et le public au regard de la culture numérique de manière critique et réflexive. Il s’adresse à des chercheurs en muséologie ainsi qu’à tous les chercheurs qui traitent du patrimoine, des archives, de la documentation, des institutions culturelles, des industries de la culture, des accès et de l’utilisation des données culturelles, ouvertes et/ou publiques. Les textes attendus pour ce numéro pourront s’intégrer dans l’un de ces trois axes, ceux-ci n’étant pas exclusifs les uns des autres : - De la mise à disposition de données numériques au hackathon des données culturelles publiques, - De l’exposition des œuvres et des objets à la mise en scène des données, - Du scénario de visite à la mise en scène de soi. 

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