CECI n'est pas EXECUTE Centre Norbert Elias : La Grande Guerre des gens « ordinaires » : 14, 15 et 16 juin 2018

Les journées d'études, les colloques, les séminaires |

La Grande Guerre des gens « ordinaires » : 14, 15 et 16 juin 2018

correspondances, récits, témoignages

La Grande Guerre des gens « ordinaires » : 14, 15 et 16 juin 2018

COLLOQUE

La Grande Guerre des gens « ordinaires »

correspondances, récits, témoignages

Centre Norbert Elias/HEMOC

 

Montpellier,

site Saint Charles, salle des colloques 2

du 14 au 16 juin

(programme complet en pièce jointe)

 

Comité d’organisation :

Agnès Steuckardt, Université Montpellier 3, Praxiling, UMR 5267
Corinne Gomila, Université de Montpellier, Praxiling, UMR 5267
Chantal Wionet, Université d’Avignon, Centre Norbert Elias, UMR 8562

Argumentaire :


Le Centenaire de la Grande Guerre a suscité de vastes collectes d’archives. La plateforme Europeana 14-18 compte à présent près d’un million de ressources numérisées ; prévue pour durer quelques semaines, la Grande collecte a rencontré un tel succès qu’elle se poursuit encore, quatre ans après son lancement en novembre 2013. Des initiatives plus spécialisées ont rassemblé les correspondances des familles peu lettrées (projet Corpus 14, labellisé Mission Centenaire), ou encore les testaments de soldats (projet Testaments de guerre des Poilus parisiens : 1914-1918). En 2018, la Révolution numérique met à disposition des chercheurs et du grand public un trésor d’archives jusqu’ici inaccessibles (projet Cendari, Feldpost, Letters from the First World War 1916-1918, par exemple).


On peut dès lors faire l’hypothèse que le Centenaire marque un tournant qui ne tient pas seulement à la symbolique des dates. Les archives inédites qui ont été découvertes débordent désormais le patrimoine privé, familial : elles deviennent un bien commun (Roynette, Siouffi, Steuckardt, 2017) ; et leur publicisation revêt un caractère de nouveauté singulier lorsqu’elles émanent de ces « gens ordinaires », mis en lumière à partir des années soixante par la vogue des récits de vie comme par les recherches anthropologiques et sociologiques (Bourdieu, 1993), linguistiques ou littéraires. Parfois nommés « les anonymes », « les sans-grade » (Descamps, 2005) – voire les « sans » tout court (Guilhaumou, 1998) –, ces « gens ordinaires » sont d’abord catégorisés par ce qu’ils ne sont pas : l’élite ; à défaut d’être définis, ils ont bénéficié de l’attention des historiens (par exemple, Caffarena, 2005 ; Cazals, 2003, 2013, Rousseau, 2011), des sociolinguistes et analystes de discours (Branca-Rosoff, 1994 ; Martineau, 2012 ; Rutten, Van der Wal, 2014 ; Steuckardt, 2015), ou encore des écrivains, qui, comme Pierre Michon avec ses Vies minuscules, Annie Ernaux ou Jean Echenoz - pour la seule littérature française contemporaine - en ont esquissé, après Barbusse, Céline ou Giono, la représentation littéraire.


Que nous apprennent alors les écrits, désormais aisément accessibles, des gens ordinaires de la Grande Guerre ? Quelles sont leurs spécificités, dans leur appropriation de la langue et des genres discursifs, mais aussi dans le témoignage qu’ils donnent de l’événement ? En quoi diffèrent-ils de ceux des élites lettrées (Allorant & Résal, 2014) ? En quoi leur ressemblent-ils (Vidal Naquet, 2014) ? Modifient-ils aujourd’hui notre perception de l’événement ? Comment contribuent-ils à construire, pour les nouvelles générations, la mémoire de la Grande Guerre ? Dans quelle mesure dessinent-ils une autre histoire de la langue française ?


Écritures du « quotidien » (de Certeau, 1980), du « for privé » (projet Les écrits du for privé, de la fin du Moyen Âge à 1914, et Bardet, Ruggiu, 2014), de l’intime (projets First Person Writings in European Context ; Letters as Loot), de la subjectivité, des émotions, constructions et reconstructions langagières du souvenir, de la mémoire, des histoires et de l’Histoire : autant de pistes pour entrer dans ces textes, et interroger cette qualité d’« ordinaire » dont les guillemets signalent l’approximation. « Le monde de la vie quotidienne s’offre […] à la fois comme un ordre centré (« normal »), où l’attendu domine, et comme un système à la marge, où il y a toujours place pour de l’inattendu : c’est-à-dire que tradition et innovation y sont en confrontation permanente. De ce point de vue, le quotidien, ce n’est pas exactement la même chose que l’ordinaire, c’est-à-dire un ensemble systématique de pratiques soumises à des régularités figées : le quotidien est en effet exposé en permanence au risque de l’irrégularité, qui, sans transition, le fait basculer dans l’extraordinaire » (Macherey, 2005) :  dans quelle mesure la pratique quotidienne de l’écrit pendant la première guerre mondiale nous donne t elle à voir les puissances de l’irrégularité ou le basculement dans l’extraordinaire ?


Écritures du passé, ces archives composent un instantané, source d’informations pour la didactique de l’écrit et l’histoire de son enseignement (Prost, 1968 ; Bishop 2006 ; Chervel 1992, 2006 ; David, 2011 ; Doquet 2012 ; Garcia Debanc, 2016 ; Plane, 2016) : quelles sont leurs caractéristiques linguistiques et scripturales ? Que disent-elles de l’enseignement de l’écriture et des usages particuliers de l’écrit en temps de guerre (Fraenkel, Mbodj, 2010) ?
Ces écrits rendent compte de la Grande Guerre, par le biais, non pas de l’histoire hors du commun des héros, mais de l’histoire du commun des hommes et des femmes. À côté des documents historiques et des récits de fiction travaillés dans les classes, en français comme en histoire (Masseron 1991 ; Reuter, 2007 ; Jaubert et alii, 2014), comment sont ou pourraient être exploités ces écrits d’archives, à l’école, au collège ou au lycée ? En quoi l’étude de ces écritures épistolaire, diaristique, autobiographique peut-elle enrichir le regard des élèves sur les questions de genres, d’énonciation, de structuration textuelle, de lexique ou de supports de l’écriture ? En quoi ces écrits des gens ordinaires de la Grande Guerre suscitent-ils chez les élèves une appréhension spécifique de l’écriture, de la langue et du passé ? Selon quelles transversalités et pour quelles finalités ?


Ce colloque prend pour objet d’étude les carnets de guerre, journaux intimes, correspondances, testaments etc., laissés par les femmes, les hommes, les enfants « ordinaires » pris dans la tourmente de la guerre, mais aussi les mémoires et récits laissés, au-delà de 1918, par ou sur eux, témoignant a posteriori de la vie d’après, décrivant l’expérience quotidienne, le parcours du deuil, la reconstruction. Il s’interroge aussi sur les traces laissées par ces archives dans les récits collectifs.


Partant d’un matériau langagier, il s’adresse à tous les analystes du texte – linguistes, littéraires, historiens –, aux spécialistes des archives et des humanités numériques, relais essentiels pour la transmission contemporaine de ces documents, et, conjointement, aux didacticiens, qui prennent appui sur ces nouveaux vecteurs de transmission pour faire mémoire de la Grande Guerre.

Adresse du colloque : 
colloque3go@univ-montp3.fr
 

Document(s) à télécharger

EHESS
CNRS
Université D'Avignon
Aix-Marseille

flux rss  Actualités

Restitution des ateliers Cinéma et Photographie de la Fabrique

Exposition - Vendredi 22 juin 2018 - 13:15Les étudiants de master (mention RCAHS) et les doctorants du Centre Norbert Elias présentent les travaux qu'ils ont réalisés cette année au cours d'ateliers "Cinéma" et "Photographie". Ces séances pratiques sont proposées par la Fabrique des écritures et s'inscrivent dans le séminaire de recherche de l'EHESS Marseille  « Observer, décrire, interpréter. Photographie, cinéma et sciences sociales ».Coordonnés par les photographes Marco Barbon et Franco Zecchin et le réalisateur Jeff Daniel Silva, les ateliers visent à approfondir l’expérience pratique de la photographie, la prise de son et le cinéma dans les sciences sociales, ainsi qu'à expérimenter ces media comme source de connaissance.Cinéma et documentaire sonoreDjebel, Christian Di Giandomenico et Giorgio Cassone Regards sur le chantier de la porte d'Aix à Marseille (film documentaire). Cahiers de parentalité, Gaia Manetti Trois entretiens sur la parentalité (documentaire sonore).Celui qui allume la lumière, Thomas Langlois Le quotidien d'un bar de Beyrouth à travers le portrait d'un employé bengali (film documentaire).Sans mesure, Selen Gobelez et Tamara Dmitrieva La vie d'un atelier de couture dans le quartier Belsunce à Marseille (film documentaire en cours de montage).Photographie : Être jeune à MarseilleÊtre jeune à Marseille est une exposition des photographies d'Anaïs Baseilhac, Davide Cacchioni, Emma Cavalleri, Joelle Rivier, Margot Bergerand, Violaine Chevrier et Ziyu Lin, sous le commissariat de Marco Barbon et Franco Zecchin. Les photos seront présentées jusqu'au 15 octobre 2018.Au programme le 22 juinCinéma le Miroir au rez-de-chaussée13h15 - Introduction avec Boris Pétric et Valeria Siniscalchi13h30 - Présentation des travaux de l’atelier "Photographie",14h30 - Présentation et projections des travaux de l’atelier "Cinéma" Coursives du 1er étage 16h30 - Vernissage de l’exposition photographique "Être jeune à Marseille"Entrée libre (...)

Lire la suite

Restitution des ateliers Cinéma et Photographie de la Fabrique

Exposition - Vendredi 22 juin 2018 - 13:15Les étudiants de master (mention RCAHS) et les doctorants du Centre Norbert Elias présentent les travaux qu'ils ont réalisés cette année au cours d'ateliers "Cinéma" et "Photographie". Ces séances pratiques sont proposées par la Fabrique des écritures et s'inscrivent dans le séminaire de recherche de l'EHESS Marseille  « Observer, décrire, interpréter. Photographie, cinéma et sciences sociales ».Coordonnés par les photographes Marco Barbon et Franco Zecchin et le réalisateur Jeff Daniel Silva, les ateliers visent à approfondir l’expérience pratique de la photographie, la prise de son et le cinéma dans les sciences sociales, ainsi qu'à expérimenter ces media comme source de connaissance.Cinéma et documentaire sonoreDjebel, Christian Di Giandomenico et Giorgio Cassone Regards sur le chantier de la porte d'Aix à Marseille (film documentaire). Cahiers de parentalité, Gaia Manetti Trois entretiens sur la parentalité (documentaire sonore).Celui qui allume la lumière, Thomas Langlois Le quotidien d'un bar de Beyrouth à travers le portrait d'un employé bengali (film documentaire).Sans mesure, Selen Gobelez et Tamara Dmitrieva La vie d'un atelier de couture dans le quartier Belsunce à Marseille (film documentaire en cours de montage).Photographie : Être jeune à MarseilleÊtre jeune à Marseille est une exposition des photographies d'Anaïs Baseilhac, Davide Cacchioni, Emma Cavalleri, Joelle Rivier, Margot Bergerand, Violaine Chevrier et Ziyu Lin, sous le commissariat de Marco Barbon et Franco Zecchin. Les photos seront présentées jusqu'au 15 octobre 2018.Au programme le 22 juinCinéma le Miroir au rez-de-chaussée13h15 - Introduction avec Boris Pétric et Valeria Siniscalchi13h30 - Présentation des travaux de l’atelier "Photographie",14h30 - Présentation et projections des travaux de l’atelier "Cinéma" Coursives du 1er étage 16h30 - Vernissage de l’exposition photographique "Être jeune à Marseille"Entrée libre (...)

Lire la suite

La Grande Guerre des gens « ordinaires »

Colloque - Jeudi 14 juin 2018 - 14:00Comité d’organisation :Agnès Steuckardt, Université Montpellier 3, Praxiling, UMR 5267Corinne Gomila, Université de Montpellier, Praxiling, UMR 5267Chantal Wionet, Université d’Avignon, Centre Norbert Elias, UMR 8562Le Centenaire de la Grande Guerre a suscité de vastes collectes d’archives. La plateforme Europeana 14-18 compte à présent près d’un million de ressources numérisées ; prévue pour durer quelques semaines, la Grande collecte a rencontré un tel succès qu’elle se poursuit encore, quatre ans après son lancement en novembre 2013. Des initiatives plus spécialisées ont rassemblé les correspondances des familles peu lettrées (projet Corpus 14, labellisé Mission Centenaire), ou encore les testaments de soldats (projet Testaments de guerre des Poilus parisiens : 1914-1918). En 2018, la Révolution numérique met à disposition des chercheurs et du grand public un trésor d’archives jusqu’ici inaccessibles (projet Cendari, Feldpost, Letters from the First World War 1916-1918, par exemple). InscriptionsAdresse du colloque :  colloque3go@univ-montp3.fr(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

Centre Norbert Elias

La Vieille Charité
2, rue de la Charité
F-13 002 Marseille

Tél. : 04 91 14 07 27

 

- Lettre d'information
- HAL Archives ouvertes
- Twitter