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Les revues / La collection | Techniques & Culture

Appel à contributions n°4 : Matérialiser les désirs / Materializing Desires - décembre 2017

Le problème ex-voto / Votive Techniques

Que dit-on avec des« choses » qu’on ne peut dire avec des mots ? La forme ex-voto offre un paradigme de première envergure pour penser la place de la matérialité dans les pratiques de transaction avec les invisibles. Depuis la Chypre du néolithique et la Crète minoenne, dans la Grande Grèce du ve siècle, dans l’Italie du xve siècle, sur les îles Trobriand jusqu’au siècle dernier, à Paris ou à Tokyo au xxie, des femmes et des hommes expriment leurs souffrances et leurs désirs à travers des objets. Cette documentation remarquable a trop souvent été cantonnée aux inventaires de musées et aux études sur l’art et les dévotions populaires.

Alors que la recherche sur ces pratiques a mobilisé plusieurs enquêtes en histoire de l’art ces dernières années, qui ont fortement changé notre perception de ce phénomène [1], et dans le prolongement d’un séminaire conduit depuis trois ans au sein de l’EHESS, (« Saintetés, sacralités, dévotions. Pour une anthropologie historique de l’objet votif »), la revue Techniques&Culture lance cet appel à contribution, qui souhaite donner par la mobilisation des ressources les plus larges toute sa puissance heuristique à l’objet ex-voto.

Pour mieux saisir l’ampleur du phénomène, il est indispensable d’oublier temporairement le monde des maquettes de bateaux et des petites peintures « naïves » données en témoignage de gratitude, afin de rendre à la pratique toute sa diversité : amas de cire disposés dans les églises, fruits et légumes déposés devant des autels, figurines animales mais aussi tableaux de Raphaël, de Poussin ou d’Ingres, places de villes ou églises, tout ou presque peut être investi d’une intention votive.

Si l’accumulation d’images d’organes malades, de béquilles ou de plâtres force à penser l’exposition collective de souffrances intimes, la diversité des pratiques contemporaines oblige à re-situer le phénomène dans le cadre d’une société de consommation et invite à tenir compte des photographies de motos ou autres engins désirables, des T-shirt de footballeurs, des serments d’amour et des remerciements pour un diplôme ou pour un permis de conduire, autant de pratiques qui invitent à s'émanciper de la notion de vœu (païen puis chrétien) pour trouver celle, plus englobante, de désir.

On le comprend, il s’agit dès lors d’approcher la chose et le problème par ses limites, sans négliger la part de fascination qu’il exerce, en embrassant dans un même mouvement, d’une part l’incroyable stabilité des formes relevée par Georges Didi-Huberman [2], qui impose de penser la présence d’objets quasiment similaires – fragments de corps, pieds, mains, seins – dans les dépôts votifs celtiques et les sanctuaires chrétiens du xxie siècle, et d’autre part un besoin d’histoire toujours plus urgent, face à un phénomène totalement plastique, dont la compréhension est constamment mobile : il participe à l’émergence du portrait individuel, promeut l’usage de la photographie dévotionnelle, et associe dans un même mouvement des chefs-d’œuvre de Crivelli ou de Philippe de Champaigne et des cadenas accrochés par des touristes sur le pont des Arts à Paris.

Pour mieux travailler ce terrain essentiellement comparatif, articuler son hétérogénéité et rendre compte de ses singularités, nous proposons une définition par provision de ce phénomène :

« L’ex-voto est un objet manufacturé (écrit, peint, moulé, etc.), ou non (nourriture, animal vivant, etc.), placé dans un lieu cultuel spécifique, supposant un transport et matérialisant une transaction avec une puissance supposée agissante en ce lieu. Il associe à une pratique collective un acte personnel ou attaché à une communauté spécifique (l’équipage d’un navire, par exemple). »

Cette définition est à dessein la plus générale possible. Elle ne spécifie ni les objets, ni les lieux, ni les puissances.

Plusieurs axes de travail peuvent faire l’objet de contributions :

1.     Matérialité et temporalité. Ce premier axe consiste à étudier la fabrication des ex-voto, sur laquelle repose en partie leur efficacité. Ce travail sur la matière est notamment mis en scène par les récits de miracles, qui contiennent la description de plusieurs chaînes opératoires, la réalisation de l’objet important (presque) plus que son dépôt. Chaque type de matérialisation implique un rapport au temps : d’une part, les matériaux choisis peuvent témoigner d’un rythme rapide de désirs et de satisfactions (la cire, le métal), il s’agit alors d’objets faits en série, de peu de valeur, qui anticipent sur leur destruction (ou leur réemploi ornemental) et accompagne la satisfaction du désir, la fin de la souffrance. Mais il peut aussi s’agir d’objets de pierre ou de bois, de peintures prestigieuses destinées à durer où l’expression d’un vœu intègre d’emblée une vocation mémorielle. Entre ces deux pôles, les ex-voto témoignent d’une très grande variété de modalisations temporelles.
Cette réflexion sur la matière implique par ailleurs tous les objets investis d’une fonction d’ex-voto indépendamment même de leur usage premier – ex voto ready made (les langes d’un enfant, un vélo, une natte de cheveux, une masse de cire brute, par exemple), en vertu de leur transport vers un « sanctuaire » pour y être déposé. On tiendra alors en compte des rituels directement ou indirectement liés à l’ex-voto (comme les messes votives par exemple), des actions corporelles, des gestes, permettant d’acter et d’activer ce changement de statut des objets.

2.     Spatialité et visibilité. Cet axe invite à considérer les dispositifs dans lesquels sont impliqués les ex-voto et le problème de leur visibilité. Les ex-voto matérialisent un temps de visibilité d’une souffrance ou d’un désir, d’un individu au sein d’un espace collectif, ou d’un collectif comme tel : on ne fait pas d’ex-voto pour soi, à l’insu de tous. L’analyse descontextesspatiaux de ces objets reste largement à écrire. L’analyse de ces dispositifs est aussi celle des lieux d’agentivité (comme on dit des lieux de pouvoir) : si la volonté de proximité avec certaines puissances agissantes (reliques, images de culte, autels…) relève de l’évidence, on tâchera de penser aussi la présence de ces objets, non seulement auprès des sources ou dans l’épaisseur des forêts, mais aussi dans des lieux touristiques (ponts, lampadaires) dans des contextes a priori non religieux.

3.     Rapports de force. L’expression massive de souffrances et de désirs individuels constitue sans aucun doute une des modalités du politique. De fait, il est pertinent de penser aussi ces accumulations d’objets comme l’expression de rapports de force entre différents collectifs. On insistera d’un côté sur l’appropriation des moyens d’un dialogue avec les invisibles par les acteurs qui tiennent à garder autant que possible une maîtrise sur l’ensemble de la vie de ces objets de médiation. D’où l’importance d’objets réalisés par les déposants eux-mêmes, cathédrales d’allumettes ou autres broderies votives ; d’où aussi le caractère spontané et anarchique de certaines accumulations, et du caractère « sauvage » de certains dépôts dans les lieux de culte. Loin d’être réfuté, ce travail sur la matière est mis scène par les récits de miracles, qui contiennent la description de plusieurs chaînes opératoires, la réalisation de l’objet important (presque) plus que son dépôt. Pour autant, ces interventions directes sur la matière n’ont eu de cesse de susciter des résistances, les sanctuaires votifs étant fréquemment contestés, ou remis en ordre et repris en mains par des institutions qui cherchent à assurer le contrôle des matières et des transactions dans l’espace sacré ou public.

4.     Économie et efficacité. En dernier lieu, on s’efforcera de penser l’économie et le fonctionnement très singuliers de ces objets. On pourrait croire que plus un souhait « coûte », plus il est efficace ; encore faut-il savoir ce que « coûter » signifie, dans les contextes où l’ex-voto apparaît. Comment penser les modes de valorisation très particuliers à l’œuvre dans ces conduites ? Que faire des nombreux sanctuaires où le don d’objets de plus faible valeur est la norme ? Quels rapports les souhaits et les dons entretiennent-ils, s’ils ne relèvent pas de la transaction marchande ? En quoi l’économie des dépôts votifs se distingue-t-elle d’autres dépôts rituels ? La dépense votive relève-t-elle de l’investissement ou du sacrifice ? Comment se calculent les systèmes d’équivalences, comme les dons de matière brute, de mottes de cire de la taille ou du poids du corps à soigner ? Dans quelles circonstances le don votif est-il accompli, avant ou après la réalisation du souhait, comme une avance ou comme une récompense ?

Conditions de soumission

Un résumé long de 2 000 à 4 000 caractères maximum, accompagné d’une dizaine d’illustrations pour la version en ligne, ou d'un plus petit nombre d’illustrations pour la version papier. À terme, trois formes d’articles sont envisageables :

·      un article pour la version en ligne disponible en accès immédiat, de longueur variable entre 30 000 et 50 000 car. et dans lequel toutes sortes d’illustrations (photos, vidéo, audio) sont possibles. Il sera également présenté sur deux pages dans la version papier (avec l’annonce du lien http).

·      un article pour la version papier de la revue, de 10 000 à 20 000 signes (espaces compris) accompagnée d’un maximum de 10 images HD dans lequel l’auteur s’efforcera d’écrire pour des lecteurs extérieurs à son propre champ, exercice impliquant une double exigence de scientificité et de lisibilité (la revue touchant un lectorat interdisciplinaire de sciences humaines et se diffusant en librairies comme un « livre revue » à destination d’un public élargi).

·      un article partant à l’inverse du terrain et des documents, dans lequel l’auteur, se fondant sur des corpus précis, analysera une quinzaine ou vingtaine d’images, dans un format inférieur à 10 000 caractères.

Détails pratiques

Les auteur-e-s devront prendre contact avec les coordinateurs du numéro, Pierre-Olivier Dittmar, Pierre Antoine Fabre et Thomas Golsenne par l’intermédiaire du secrétariat de rédaction de la revue (techniques-et-culture@ehess.fr) pour soumettre leur projet (titre et résumé, projet d'iconographie) accompagné de leur nom, coordonnées, affiliation institutionnelle avant le 1er décembre 2017.

Une rencontre des contributeurs retenus est prévue au Mucem à Marseille en février/mars 2018.

La proposition ainsi que le texte intégral peuvent être envoyés en langues française ou anglaise ; le volume papier paraîtra en français, mais les articles en ligne pourront paraître en anglais.

Calendrier

·      Date limite de soumission : 22 décembre 2017

·      Sélection et réponse des coordinateurs : 12 janvier 2018

·      Rencontre des contributeurs au Mucem : 19-20 février2018

·      Rendu des Versions 1 : 1er mai 2018

·      Publication : octobre 2018

Pour connaître les normes de la revue, consulter le site : http://tc.revues.org/1556

ou s’adresser à la rédaction : techniques-et-culture@ehess.fr

Techniques&Culture

La revue Techniques&Culture s’intéresse aux dimensions pragmatiques, sociales et symboliques des techniques, des plus « traditionnelles » aux plus modernes. Les cultures matérielles et la matérialité permettent de révéler et de donner un sens concret aux rapports entre les hommes ou entre les hommes (sociétés) et leurs milieux. La revue élabore et coproduit des numéros thématiques, synthèse des avancées les plus récentes de grandes questions anthropologiques qu’elle destine autant au monde savant (revue de rang A) qu’à un plus large public (disponible en librairie et sur le net).

English belows

What can be said with « things » that cannot be stated in words? The ex-votoas a form offers a key paradigm for understanding the part played by materiality in transactions with the invisible. From Neolithic Cyprus, Minoan Crete, 5th century Greece, the last century in the Trobriand Islands, 15th century Italy, 20th century Paris to 21st century Tokyo, men an women have ben expressing their suffering and desires through objects. This remarkable documentation has too often been relegated to museum inventories and studies on art and popular devotion.

In recent years, these practices have been the focus of several studies in art history that have deeply transformed our perception of this phenomenon[3]. In the past three years, they have also been the object of a seminar at the EHESS (“ Saintetés, sacralités, dévotions. Pour une anthropologie historique de l’objet votif, or “Sanctity, sacredness, devotion. Towards a historical anthropology of votive objects”). The journal Techniques&Culture is now launching this call for papers aimed at capturing the heuristic power of ex-voto objects by drawing from the widest range of resources.

To better capture the scale of this phenomenon, we need to momentarily set aside the world of boat models and small “naive” paintings offered as tokens of gratitude, in order to consider this practice in all its diversity. From wax artifacts placed in churches to fruit and vegetable offerings on altars, animal figurines, paintings by Raphaël, Poussin and Ingres, or village squares and churches, almost anything can be invested with votive meaning.

 

While the accumulation of diseased organs, crutches and orthopedic casts inevitably brings to mind a collective display of intimate suffering, the diversity of contemporary practices leads us to reconsider this phenomenon within the context of consumer culture. We can thus consider photographs of motorbikes and other vehicles, footballer shirts, promises of love, thank you notes for a diploma or a driving license, etc. These practices are an invitation to free the notion of vow (pagan and later Christian) from its earlier connotations, to embrace the broader notion of desire.

From this perspective, this subject and associated issues can be approached by defining their boundaries, without neglecting the share of fascination they create. On the one hand, we can focus on the incredible persistence of forms observed by Georges Didi-Huberman[4], who analyzed the similarity of objects (body fragments, feet, hands, breasts) between Celtic votive offerings and 21st century Christian sanctuaries. On the other hand, the need for a history of these forms is all the more urgent that we are dealing with a very plastic phenomenon whose understanding is in perpetual motion: this can be observed in the emergence of the individual portrait, in the promotion of devotional photographs, in Crivelli’s and Philippe de Champaigne’s masterpieces and in the padlocks left by tourists on the Pont des Arts in Paris.

To help with the study of this substantially comparative topic, articulate its diversity and describe its characteristics, we are proposing the following definition for this phenomenon:

“An ex-voto is an object, manufactured (written, painted, cast, etc.) or not (food, live animal, etc.) placed in a specific place of worship, implying a process of transposition, and which substantiates a transaction with a power understood as manifest in this place. It is a combination of a collective practice with an individual’s or a specific community’s action (i.e. the crew of a ship).

This definition is intended to be as general as possible. It does not specify which objects, places or powers are referred to.

Contributions may follow different approaches:

  1. Materiality and temporality. This first approach focuses on the fabrication of ex-votos, which is partly responsible for their efficiency. This process is represented through stories such as miracle narratives, which contain the description of several chains of operation where the manufacturing of the object is (almost) more important than its final location. Each type of fabrication implies a relation with time. On the one hand, the chosen materials can reflect an immediacy of desire and gratification (wax, metal): these are cheaply produced industrial products, which are designed to be destroyed or re-used as ornaments, and disappear with the satiation of the desire or the end of suffering. But they may also be stone or wood artifacts and prestigious paintings, which are meant to last: in this case, the expression of a vow takes on a memorializing function. Between these two ends of this spectrum, ex-votos reflect very diverse perceptions of time.

These considerations of matter embrace any objects that function as ex-votos, regardless of their original use – such as “ready made” ex-votos (a baby’s swaddling clothes, a bicycle, a lock of hair, a block of raw wax, for instance) that are placed in a “sanctuary”. Studies may therefore also examine the rituals that are directly or indirectly associated with ex-votos (such as votive Mass for instance), along with bodily actions and gestures through which an object’s importance is transformed and activated.

  1. Spatiality and visibility. This approach considers the integration of ex-votos within specific mechanisms, and the question of their visibility. Ex-votos represent, when displayed, the suffering or desire of an individual or a collective entity within a collective space: people do not make ex-votos for themselves, or hide them from others. These objects’ spatial contexts need to be analyzed. A study of these mechanisms should also examine places of agency (comparable to places of power): in addition to the obvious necessity of proximity to acting powers (relics, places of cult, altars…), the presence of such objects not only near springs or in forests, but also in tourist spots (bridges, lampposts) in presumably non-religious settings needs also to be addressed.
  2. Relations of power. The mass expression of individual suffering and desires contains a political dimension. These accumulations of objects can consequently be interpreted as the expression of relations of power between different collectives. Contributors may focus on the appropriation of the means of conversing with invisible forces by a number of actors who attempt to keep as much control as possible over the life of these mediating objects. In this perspective, one could consider objects made by those who place them, such as matchstick cathedrals and votive embroideries; or the spontaneous and chaotic character of some of these accumulations, and the “wild” quality of accumulations of objects in places of worship. The unauthorized display of these materials has always been met with resistance: votive sanctuaries are often contested, rearranged and policed by the authorities who seek to control materials and transactions in sacred spaces as in public spaces.
  3. Economics and efficiency. Finally, one could consider the very unique economy and functioning of such objects. One could assume that the more an object “costs”, the more efficient it is. However, the meaning of “cost” remains to be determined in the context of an ex-voto. How can we understand the very singular ways in which value is assigned in these practices? What can be made of the many sanctuaries where the norm is to donate objects of lower value?  What relation is there between a vow and a gift, assuming that it is not a mercantile relation? How are the economics of votive offerings different from that of other ritual offerings? Is a votive expense akin to an investment or a sacrifice? How are systems of equivalence calculated, for instance when a gift is made of raw materials or block of wax equivalent in weight to an organ in need of curing? In which circumstances are votive offerings made: before or after the fulfillment of the wish? As payment in advance or as a reward?

Submission guidelines

A summary of 2,000 to 4,000 words maximum supported by approximately ten illustrations for the online version, or a smaller number of illustrations for the printed version. Three potential formats will then be proposed to the author:

  • An article for the online journal for immediate access, of a length of 30,000-50,000 characters, which can include any type of illustration (photos, videos, audio). A two-page summary of the article will appear in the printed journal, with the http link to the full online version.
  • An article for the printed version of the journal, of a length of 10,000-20,000 characters (spaces included) supported by a maximum of 10 HD images. Authors are expected to write for non-specialist readers. This requires a good standard of both scientific accuracy and legibility (the journal is targeted at a multidisciplinary humanities readership, and sold in bookstores to a wide audience).
  • An article based on field research and documents where the author works from a specific body of sources, analyzing 15-20 images in under 10,000 characters.

Practical information

Authors should get in touch with this issue’s coordinators, Pierre-Olivier Dittmar, Pierre Antoine Fabre and Thomas Golsenne, through the journal’s sub-editor (techniques-et-culture@ehess.fr) to submit their project (title and summary, draft iconography) with their name, contact details and affiliation, by the 1st December 2017.

Selected contributors will be invited to a meeting at the Mucem in Marseille in February/March 2018.

Proposals and full articles can be submitted in French or English. The hard copy will be published in French but online papers may be published in English.

Timeline

  • Submission deadline: 22nd December 2017
  • Selection and feedback: 12th January 2018
  • Contributors meeting at Mucem: 19-20 February 2018
  • Submission of first drafts: 1st May 2018
  • Publication: October 2018

The journal’s editorial guidelines can be downloaded from: http://tc.revues.org/1556

or required from the editorial team: techniques-et-culture@ehess.fr

Techniques&Culture

The journal Techniques&Culture focuses on the pragmatic, social and symbolic dimensions of technique, ranging from the most “traditional” to the most concrete. Material culture and materiality contribute to revealing and assigning concrete meaning to relations between people, or between people (societies) and their environment. The journal creates and co-publishes theme-based issues that provide an overview of the latest developments on major anthropological questions, targeting both scholars (rank A journal) and the public at large (available online and in bookstores).



[1] C’est notament le cas aux Amériques avec le projet international Ex votos das Àmericas (http://www.ex-votosdasamericas.net). Une exposition organisée par le Bard Graduate College intitulée Agents of Faith: Material, Place, Memoryse tiendra cet automne à New York, elle a été préfigurée par la publication de Ittai Weinryb (dir.) 2015 Ex-voto : Votive Giving across cultures. Chigago : Chicago Press.

[2] G. Didi-Huberman 2006 Ex-Voto. Image, organe, temps. Paris : Bayard.

[3] C’est notament le cas aux Amériques avec le projet international Ex votos das Àmericas (http://www.ex-votosdasamericas.net). Une exposition organisée par le Bard Graduate College intitulée Agents of Faith: Material, Place, Memoryse tiendra cet automne à New York, elle a été préfigurée par la publication de Ittai Weinryb (dir.) 2015 Ex-voto : Votive Giving across cultures. Chigago : Chicago Press.

[4] G. Didi-Huberman 2006 Ex-Voto. Image, organe, temps. Paris : Bayard.

EHESS
CNRS
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Aix-Marseille

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La Position du chercheur

Colloque - Mercredi 08 novembre 2017 - 09:00Le colloque est co-organisé par l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée, le MuCEM et le Centre Norbert Elias. Il aura lieu les 8-9 et 10 novembre 2017Le positionnement éthique ou politique d’un chercheur se construit à travers ses méthodes de travail. En sciences humaines et sociales, ces méthodes sont autant de manières de faire au sein du discours. Elles mobilisent un ensemble de gestes et d’opérations qui concernent aussi la recherche artistique. C’est sur ces gestes partagés que nous souhaitons amener le dialogue entre recherches scientifiques et pratiques artistiques.Nous partons de la part commune de matérialité du travail de recherche – la confrontation avec les matériaux, les archives et les témoignages – pour susciter un dialogue autour des gestes de la collecte, des méthodes d’enquête, des formes d’écriture et d’exposition. Admettre que celles-ci ne traduisent pas seulement des résultats, mais constituent en soi des chantiers théoriques et artistiques, c’est ouvrir un espace d’échanges entre arts et sciences sociales.Notre démarche consiste davantage à décloisonner les discours qu’à interroger la spécificité de nos recherches respectives. L’enjeu est de penser la recherche en dehors des frontières disciplinaires afin de constituer un laboratoire de réflexivité et d’innovation offrant aux uns et aux autres la possibilité de déplacer son regard sur ses objets et ses pratiques.MERCREDI 8 NOVEMBRE 2017Centre de la Vieille Charité – Cinéma Le Miroir9h30 : mots d’ouverture, conseil scientifique.ENGAGEMENT ET DISTANTIATION : LE CHERCHEUR ET SON TERRAINModération : Boris Pétric (Centre Norbert Elias)Comment évaluer la proximité ou la distance par rapport à son sujet de travail ? L’implication du chercheur conditionne son intelligence des problèmes à étudier ou des situations à documenter. En témoignent de nombreuses réflexions sur le placement de la caméra, mais aussi sur la place des émotions dans l’énonciation historique, ou encore sur le rôle heuristique des procédés littéraires et des techniques théâtrales de distanciation. Ce dialogue entre chercheurs et artistes vise à interroger le caractère heuristiquement fécond de l’implication sensible du chercheur, ainsi que le rôle du désir dans le geste de chercher.10h00 : Philipe Bazin et Christiane Vollaire11h : Discussion11h30 : pause12h-13h : Kapwani Kiwanga 13h-15h : pause déjeunerModération : Vanessa Brito (ESADMM)15h-15h30 : présentation de la revue Sensibilités par Quentin Deluermoz (il nous faudra réserver une autre salle).16h projection de L’hypothèse du Mokélé Mbembé (1h18) et débat avec Marie Voignier.18h : pauseModération : (intervenant à confirmer)18h30-20h : projection et débat avec Jeff Silva JEUDI 9 NOVEMBRE 2017MuCEM – auditorium Germaine TillionISOLER, CADRER, CONFRONTER : ENJEUX DES GESTES DE LA COLLECTEModération : Lotte Arndt (ESAD Valence-Grenoble) et Dorothée Dussy (CNE) Comment se constitue un objet de recherche ? Tout commence, comme le rappelle Michel de Certeau, avec le geste de mettre à part. Les premiers gestes consistent à collecter, à isoler, à cadrer, à confronter des sources, à opérer des changements de focale. Ils ont une force qui leur est propre, ils fabriquent du sens. Quels effets cela produit sur nos possibilités de compréhension ? Comment un objet se transforme en document, en objet archéologique ou ethnographique ? Qu’est-ce qui se perd lors de cette transformation qui est aussi un abandon de liens et de possibles ? Un des objectifs sera de confronter les enjeux de différents gestes et pratiques de la collecte réalisées par des chercheurs et des artistes.9h30-11h30 : Mathieu Abonnenc (artiste), Romain Bertrand (historien), Benoît de l’Estoile (anthropologue).11h30 : pause12h-13h : Discussion DONNER VOIX, REPHRASER, MONTER : LA RECHERCHE DE FORMES D’ÉNONCIATIONModération : Nicolas Feodoroff (FID) et Aude Fanlo (MuCEM) (à confirmer)Comment faire parler des objets ? Comment prolonger la puissance de parole de voix isolées ou disparues ? Ces questions animent de nombreuses démarches artistiques. Elles sont aussi au cœur de l’anthropologie visuelle ou de la réflexion que certains historiens portent sur l’écriture de l’histoire, l’usage et le traitement de l’archive. Que l’on construise un récit littéraire, cinématographique ou historique, ces questionnements entraînent de nouveaux usages de la citation et de la paraphrase, du découpage et du montage, de la voix off et de la figure du narrateur. Ils produisent des formes d’énonciation plurielle qui donnent à l’objet de la recherche la possibilité de se constituer comme sujet et d’évaluer lui-même son propre statut. 14h30-17h : Patrick Boucheron (historien), Arlette Farge (historienne), Natacha Nisic (artiste), Caterina Pasqualino (anthropologue).17h : pause17h30-18h30 : DiscussionVENDREDI 10 NOVEMBRE 2017MuCEM auditorium Germaine Tillion TROUER LE RÉCIT CONTINU : ESPACES BLANCS, HISTOIRES POTENTIELLES ET CONTREFACTUELLESModération : Vanessa Brito (ESADMM)et Anna Dezeuze (ESADMM) Une manière de refuser le caractère nécessaire de l’état des choses est, pour les historiens, d’imaginer à partir de ce qui s’est amorcé mais non développé dans l’histoire, ce qu’aurait pu être le futur de ces passés inaboutis. Il est possible d’écrire une autre histoire à partir des avenirs non advenus – une histoire fictive, contrefactuelle, mais offrant des ressources à l’action, en dehors de l’évidence du présent. Ces expériences d’écriture en histoire, pratiquées parfois en anthropologie, peuvent alors rencontrer des expériences artistiques de mise en récit. Ce qui nous permettra d’interroger les usages artistiques du document et de l’archive, le statut de la fiction et les régimes de véridicité.9h30-11h45 : Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou (historiens), Vincent Meessen (artiste), Uriel Orlow (artiste).11h45 : pause12h15-13h : DiscussionL’EXPOSITION COMME FORME D’ÉCRITUREModération : Sylvie Collier (UAM) et Jean-Roch Bouiller (MuCEM)Exposer est une opération commune à l’artiste et au chercheur en sciences humaines et sociales. On expose des images, mais aussi une pensée et des arguments. Qu’il soit visuel ou textuel, le montage construit du sens, tisse des récits et propose une narration. Aujourd’hui, philosophes et historiens de l’art cherchent des points de convergence entre la forme-livre et la forme-exposition. 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Séance spéciale de séminaire - Jeudi 19 octobre 2017 - 15:00L’historie et l’économie s’intéressent actuellement à l’ensemble des phénomènes sociaux. Leurs approches mobilisent à la fois des questionnements et des méthodes différentes. Le but de ce séminaire sera d’enrichir l’étude de ces objets partagés en confrontant approches et méthodes à partir de quelques dossiers thématiques. Ces dossiers comptent se focaliser, entre autres, sur la mobilité sociale et intergénérationnelle, le rôle du mariage, et l’impact de l’urbanisation sur des différents phénomènes sociaux.Le séminaire aura lieu un jeudi par mois, en alternance entre le Centre Norbert Elias et l’AMSE.Organisateurs : Jean Boutier, Cecilia Garcia-Peñalosa, Alain Trannoy, Arundhati Virmani.Séance du 19 octobre 2017Alain Trannoy - Questions de mobilité intergénérationnelle: Les élites françaises  Discutant : Jean Boutier> Voir le détail de la programmation à venir sur l'affiche(...)

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