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Emilie Goudal

Coordonnées professionnelles

Emilie Goudal

Post-doctorante au Centre Norbert Elias et au LabexMed depuis septembre 2017

Postdoctoral Research Fellow - Gerda Henkel Stiftung/LabexMed

 

Projet de recherche :

Du patrimoine en partage ?

Entre « restitution » et « rapatriement », la redistribution de la collection du musée des Beaux-Arts d’Alger (1962-1969).

« L'art occidental (...) a fait son entrée chez nous de façon complexe, mutilante et enrichissante à la fois »

Mohamed Khadda (1972)

 

Juillet 1962 marque la fin de la gouvernance française en Algérie et la naissance d’un nouvel État indépendant. Centré sur ce contexte historique et le tournant épistémologique de la décolonisation, ce projet est l’étude d’une double circulation artistique et symbolique entre deux États, qu’Edward Saïd identifie, à la suite de Germaine Tillion, comme « ennemis complémentaires ». C’est au regard des débats soulevés par la problématique répartition de la collection du Musée des Beaux-Arts d’Alger, déplacée en métropole juste avant l’indépendance algérienne, que cette recherche propose d’appréhender la notion complexe de « patrimoine partagé ». Une grande partie de la collection du musée des Beaux-Arts est en effet transférée en mai 1962, par l’armée française, d’Alger vers la France. Le « retour », en décembre 1969, et la répartition négociés de cette collection d’œuvres d’art, réunissant essentiellement des artistes européens et constituée en période coloniale, coïncident également avec l’entrée des artistes algériens sur les cimaises du musée algérois. Alors que la presse française et algérienne parle de « restitution », le vocabulaire employé dans la correspondance administrative française se réfère plus volontiers aux termes de « rapatriement » lorsqu’il s’agit de transférer des œuvres de l’Algérie vers la France, et significativement de « retourner les œuvres » dans le sens Paris-Alger. Concomitamment, c’est dans cette séquence historique charnière des indépendances qu’émergent de nouvelles critiques décoloniales qui interrogent la notion de « modernité » et la place des artistes algériens, et plus largement la place de la production des artistes anciennement colonisés, dans l’écriture d’une histoire de l’art jugée discriminante. Ce projet de recherche veut donc interroger cette tension entre « restitution » et « rapatriement » dans le déplacement de ces objets symboliques et culturels, cette translocation patrimoniale, au sein du contexte politique, historique et intellectuel de la décolonisation. Notre objet s’ancre ainsi dans ce basculement d’une France à l’Autre et veut analyser les modalités possibles d’une mutation paradigmatique induite par la fin de l’Empire colonial français, au sortir d’un conflit armé de huit années. Ce projet entend ainsi étayer et affiner cette notion de « patrimoine partagé » à la lumière de cette étude de cas, mais aussi interroger le basculement de signifié d’objets patrimoniaux « dépaysés» qui mettent à l’épreuve, du présent et de l’histoire, la définition de patrimoine.

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A shared Heritage ?

Between « restitution » and « repatriation », redistribution of the Fine Arts Museum of Algiers Collection (1962-1969).

"Western art (...) made his entrance at our place at once complex, mutilating and enriching way at the same time."

Mohamed Khadda (1972)

 

July 1962 marked the end of French governance in Algeria and the birth of a new independent Nation. Focusing on this historical context and the epistemological turn of decolonization, this research project is a study of a double circulation, artistic and symbolic, between two Nations, which Edward W. Saïd named, after Germaine Tillion, “complementary Enemies”. In light of debates raised by the problematic distribution of the Fine Arts Museum of Algiers Collection, which was moved toward the metropolis just before the Algerian independence, this research proposes to explore the complex notion of “shared heritage”. In fact, in May 1962, the French army transferred a great part of this collection from Algiers to Paris. The negotiated division and ‘return’, in December 1969, of these artworks, gathering essentially western artists and established in the colonial period, also coincided with the installation of Algerian artists on the gallery walls of the Museum of Algiers. While the Algerian and French Press spoke about a case of “restitution”, the vocabulary used in the French administrative archives refers more gladly to the terms of “repatriation”, when it’s a question of transferring artworks from Algiers to Paris, and significantly to “artworks return” in the way from Paris to Algiers. Concomitantly, it’s in the historical and transitional period of independence that there emerges new modes of decolonial criticism, which question the notion of “modernity” and the place of Algerian artists, and more fully the place of the production of previously colonized artists, in the writing of an Art History appraised as discriminatory. This research project aims to interrogate this tension between “restitution” and “repatriation” in action in the displacement of symbolic and cultural objects, this patrimonial translocation (concept defined by Bénédicte Savoy), in the historical, political and intellectual context of the decolonization process. The project intends to support and refine this notion of “shared heritage” illuminated by this case study, but also to question the recodification of meaning for patrimonial objects in flux, which put to the test of the present and history, the concept of patrimoine.


 

Discipline

Histoire de l'art

Domaines de recherche

  • Art contemporain, politique et enjeux de mémoire(s) (Allemagne, Algérie, France, XXe-XXIs.) /Art et guerre;

 

EHESS et CNRS
AMU et UAPV

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Rencontres Technographies

Rencontres scientifiques - Mardi 11 septembre 2018 - 09:30Cette rencontre est destinée à discuter des 18 propositions d’articles retenues par le comité de rédaction de la revue Techniques&Culture en mai 2018 pour le numéro 71 « Technographies ». Chaque auteur (ou couple d’auteurs) aura dix minutes maximum pour présenter son projet. Les présentations seront suivies d’une heure trente de discussion collective selon le nombre de propositions présentées.TechnographiesEn mettant à l’honneur ce que l’on pourrait appeler la « technographie » – désignant l’ensemble des procédés d’écriture des techniques –, le numéro 71 vise une double finalité : penser l’évolution des pratiques des spécialistes des techniques tout en assurant leur transmission en direction de celles et ceux qui souhaitent s’engager sur la même voie.Le numéro comportera deux ensembles de textes. Les premiers seront des contributions théoriques et historiographiques relatives aux étapes clés du processus qui va de l’expérience de terrain, au contact avec les « matières premières » – les faits techniques –, à la réception par les publics des documents qui en sont issus. Il s’agira non seulement de faire un état des lieux des techniques de documentation, d’analyse, d’archivage et de mise en circulation des faits techniques, mais aussi d’en retracer les trajectoires tout en identifiantles angles morts et les questionnements demeurés en friche, près d’un demi-siècle après l’émergence de la « technologie culturelle ». Le second sera composé de préconisations, sous forme de « notices », constituant les éléments d’un manuel de terrain, prioritairement destiné aux novices mais également susceptible d’intéresser des spécialistes souhaitant ajouter des cordes à leur arc.Entrée gratuite sur inscription : i2mp@mucem.org

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Appel à contributions « Musées et mondes numériques »

Appel à communication - Lundi 01 octobre 2018 - 00:00La revue Culture & Musées lance un appel à projet d'articles pour un numéro thématique « Musées et mondes numériques », à paraitre en 2020, sous la direction de Milad Doueihi et Florence Andreacola.L’objectif de ce numéro est de relire trois fondamentaux du musée que sont la collection, l’exposition et le public au regard de la culture numérique de manière critique et réflexive. Il s’adresse à des chercheurs en muséologie ainsi qu’à tous les chercheurs qui traitent du patrimoine, des archives, de la documentation, des institutions culturelles, des industries de la culture, des accès et de l’utilisation des données culturelles, ouvertes et/ou publiques. Les textes attendus pour ce numéro pourront s’intégrer dans l’un de ces trois axes, ceux-ci n’étant pas exclusifs les uns des autres : - De la mise à disposition de données numériques au hackathon des données culturelles publiques, - De l’exposition des œuvres et des objets à la mise en scène des données, - Du scénario de visite à la mise en scène de soi. 

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Être jeune à Marseille

Exposition - Vendredi 22 juin 2018 - 09:00Le Centre Norbert Elias présente une exposition des travaux photographiques de doctorants et étudiants de master réalisés au cours des ateliers de la Fabrique des écritures.Menés par les photographes Marco Barbon et Franco Zecchin, ces ateliers visent à approfondir l’expérience pratique de la photographie et ses usages dans les sciences sociales, avec l’objectif d’expérimenter la photographie comme source de connaissance.Ces séances pratiques s’inscrivent dans le séminaire de recherche de l’EHESS Marseille  « Observer, décrire, interpréter. Photographie, cinéma et sciences sociales » (Enseignement 2017-2018). Les photographes Anaïs Baseilhac - Rue des ConvalescentsDes personnes âgées hébergées dans une maison de retraite médicalisée évoquent leurs souvenirs de jeunesse.Davide Cacchioni - Jeunes… par dessus le marchéReportage sur les nouveaux producteurs et artisans du marché bio du cours Julien. Violaine Chevrier - Quart d’airLe temps d’un quart d’heure les élèves se retrouvent pour une bouffée d’air dans le sas d’entrée du Lycée Saint-Charles, mi-dedans, mi-dehors, dans un espace à la fois libre et encadré. Margot Bergerand - Traits d’unionReportage sur les activités d'accompagnement scolaire et la fanfare de la Dar Lamifa, un lieu associatif engagé, animé par des bénévoles.Emma Cavalleri - The non-symbolic workIls sont boulanger, menuisier, luthier... portraits des nouveaux artisans marseillais, à rebours de la pensée de Robert Reich qui affirme que pour être compétitif il faut développer des emplois symboliques.Joëlle Rivier - Je veux être au sommet du videReportage autour de l’atelier d’écriture et d’intervention urbaine mené par des jeunes du Lycée Saint-Exupéry, communément appelé Lycée « Nord ».Ziyu Lin - Une vie différentePortraits d’étudiants chinois en France et, en contrepoint, les difficultés d’intégration qu’ils rencontrent au quotidien.

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