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Mathieu Fribault

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Mathieu Fribault


Doctorant à l’EHESS Paris en Anthropologie sociale et ethnologie sous la direction de Georges Guille-Escuret  (directeur de recherche au CNRS).

Titre de la thèse :
La figure de l'innovateur dans les sociétés Baga et Soussou de Guinée. Jalousie, situation d'emprise et histoire sociale

Résumé de la thèse :


De la technologie culturelle à l’anthropologie de l’innovation, les études relatives aux techniques ont vu un changement de paradigme profond s’opérer durant les années 80 et 90. Les techniques sont maintenant au centre d’un « tournant pragmatique » et d’une reconsidération de la partition Nature/Culture. Les nouvelles observations et propositions relatives à cette partition et l’enchâssement des techniques dans une « idéologie » de l’innovation relativement située, ne peuvent faire l’économie d’épreuves au sein d’autres sociétés et cosmologies.

Notre recherche interroge ainsi la figure de l’innovateur, cet acteur du réseau toujours compétent à relancer l’action, conjointement à la notion de verrou proposée par Cresswell, que nous reformulons dans une approche plus pragmatique à travers la figure de l'empreneur développée par Chateauraynaud et les formes d’emprise de sa pragmatique du pouvoir. Deux sociétés de jalousie-égalitaire du littoral de Guinée nous serviront de terrain pour une étude comparative, l’une émergeant dans un processus historique de refuge, à la limite du marronnage (société Baga) et développant des institutions et des pratiques propres aux sociétés secrètes (Simmel) ; l’autre société, Soussou, est elle marquée par une histoire et un ethos à l'extrême l’opposée : ethnie moderne de la Guinée et en expansion, elle émerge au carrefour des routes où se retrouvent les commerçants de tous poils, dans les conquêtes territoriales et les concurrences commerciales de la modernité côtière. Les projets politiques initiaux de ces deux groupes sanctionnent un rapport au secret, des pratiques de sécrétion (Zempléni) et une esthétique de l’ambiguïté (Ferme) très nuancés, associés à une opposition déterminante dans leur manière de « gérer » les antagonismes sociaux (toutes formes étant totalisés sous la catégorie « jalousie » en français guinéen) et de constituer et d’entretenir l’entente sociale (lan) territoriale. Cette opposition peut être analysée à travers les notions mandé de baden et faden (Bird & Kendall) caractérisant les tensions entre l’individu et le groupe dans l’espace culturel mandé. Alors que les deux sociétés Baga et Susu s’approprient de nouvelles options de productions et des techniques de pêche, depuis quelques années, délaissant la riziculture, ces innovations et les acteurs les portant se confrontent à leur histoire ainsi qu'à leurs structures sociales et leur orientations politiques respectives.

Au travers d’une approche pragmatique et comparative des verrous, centrée sur les relations sociales « de jalousie » auprès de deux sociétés ayant valorisé très distinctement dans le passé les initiatives individuelles, cette recherche interroge le rapport entre innovations techniques et changements sociaux ainsi que la figure de l’innovateur au sein de sociétés non soumises à un régime idéologique valorisant les innovations, comme le sont encore de nombreuses sociétés pour lesquelles l’innovateur est avant tout un fouteur de trouble.
 
Autre affiliation : « chercheur associé » à l’Unité TransVIH-MI IRD/INSERM, Equipe 4. http://www.transvihmi.ird.fr/membres/les-personnels-associes/fribault-mathieu

Champs de recherche :

Culture matérielle et techniques / innovation sociotechnique
Représentations de la nature / écologie symbolique
Religions / rituels / savoirs locaux
Changements sociaux
Systèmes politiques et processus de territorialisation

Patrimoines immatériels rituels et standards RSE / patrimonialisations minières

Anthropologie de la santé et de la maladie / processus de sensibilisation / crises sociales


Journée d'étude:

  • 21 septembre 2017, Le silence post-épidémie chez les survivants et la population guinéenne. Paix sociale et fracture entre survivants et population. Des populations à l’épreuve d’Ebola, Journée d’étude, Agropolis international (Montpellier), IRD (TRANSVih-MI, MIVEGEC), RAEE (Réseau Ouest Africain d’anthropologie des épidémies émergentes).

Participations aux colloques :

  • 12-15 septembre 2016, Perceptions about treatment in Ebola Treatment Centers among people in Guinea: Ebola survivors’ distinct experiences in Lower Guinea. Colloque Filovirus, Institut de Médecine Tropicale, Anvers, Belgique.
  • 5-7 juillet 2016, Rencontres des Etudes Africaines en France (REAF), Atelier « Les marges du rêves » organisé par Dragani et Millet: « Rêves et tremblements du corps dans l’économie rituelle du sacrifice en Guinée ». Rencontres des Etudes Africaines en France (REAF), Atelier « Les marges du rêves » organisé par Dragani et Millet, Paris, Institut National des Langues Orientales (INALCO).
  • 8-9 juin 2016, Les ‘mariniers’ Baga : fétichisme maritime, ambiguïté Mètis, consubstantialité avec l’espace maritime et lacustre. Colloque d’Anthropologie Maritime, Paris, Musée de l’Homme.
  • 3-7 juin 2016, Congrès « Le patrimoine, ça change quoi ? », Section de Burke, Rhétorique du Patrimoine: « Le secret comme secrétion, ou le récit paradoxale d’un patrimoine vivant - contextes de patrimonialisation RSE/minières », avec Dominique Schoeni. Congrès Le patrimoine, ça change quoi ?, Section de Burke, Rhétorique du Patrimoine, Montréal, UQAM, Canada.
  • novembre 2015, Ebola en Guinée : violences historiques et régimes de doute. Anthropologie & Santé,  http://anthropologiesante.revues.org/1761 ; DOI : 10.4000/anthropologiesante.1761.
  • 19-21 mai 2015, Ebola en Guinée, l’expérience d’une crise sociale : des régimes de doutes et des réticences à des actions d’autosensibilisation informelle communautaires. Colloque Ebodakar,  Dakar.

Compte-rendu:

The politics of religious change on the Upper Guinea Coast : iconoclasm done and undone, Ramon Sarro, Religion and Society, Advances in research, num. 1, 210 pp.214-216.

 
 

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Biennale d'ethnographie

Rencontre - Jeudi 04 octobre 2018 - 09:00Suite au succès de trois éditions des Rencontres Annuelles d’Ethnographie de l’EHESS, la première Biennale d’ethnographie de l’EHESS vous accueille pendant deux jours autour de douze ateliers et deux conférences. Malgré un changement de nom, le principe reste le même : offrir un espace de réflexion et de visibilité à l’enquête ethnographique par des doctorant.e.s et des jeunes chercheur·e·s issu·e·s de différentes disciplines des sciences sociales.Ces rencontres de 2018 se dérouleront autour des douze ateliers présentés ci-dessous.Ils s’organisent tantôt autour de certains objets d’étude qui nécessitent la mise en place de stratégies d’enquête particulières (ONG, environnement, mobilité professionnelle, justice, demandeurs d’asile, agriculture, rapports sociaux) ou se centrent sur des modes d’implication sur le terrain qui interrogent la nature des données récoltées (commérage, sens, techniques du corps, affects).Les deux soirées seront consacrées à des conférences avec des ethnographes reconnu.e.s qui viendront partager avec nous leurs engagements tout au long de leurs recherches : Jean Peneff interviendra jeudi et Jeanne Favret-Saada échangera avec les participant·e·s vendredi.L’ensemble du comité d’organisation de la Biennale vous remercie pour votre participation, vos engagements pour imaginer l’ethnographie de demain et la faire vivre. Un seul mot d’ordre : interagissez et appréciez ces moments de partage ! Comité d'organisation :Daniel Cefaï (EHESS-CEMS), Ranime Alsheltawy (Université Paris Dauphine – IRISSO), Caterina Bandini (EHESS-CMH), Laura Bellenchombre (Université de Rouen – Normandie – DySoLab), Zoé Barry (EHESS, Observatoire du Samusocial de Paris), Chayma Boda (EHESS-CECMC), Thomas Bonnet (CERTOP [UMR5044]), Leila Drif (EHESS-IRIS), Marie Ducellier (IMAF &EHESS-IRIS), Camille Foubert (EHESS-IRIS/TEPSIS), Nolwenn Gauthier (EHESS-IRIS), Julie Lavayssière (Paris 8, Observatoire du Samusocial de Paris), Paul Lehner (Université Paris Nanterre – ISP), Hadrien Malier (EHESS-IRIS), Marie Manganelli (Université Paris Descartes – Canthel), Audrey Marcillat (EHESS-IRIS), Marjolaine Martin (EHESS-Centre Norbert Elias), Pierre Mettra (EHESS-Centre Norbert Elias), Elise Nédélec (Université de Bordeaux – LAM, Ceped), Julie Oleksiak (EHESS-Centre Georg Simmel), Jean-Baptiste Paranthoën (EHESS-CRH, INRA-CESAER), Laura Parvu (IEP de Toulouse – LaSSP), Ines Pasqueron de Fommervault (AMU, IMAF), Mathieu Rajaoba (CSI-Mines ParisTech), Paco Rapin (EHESS-IRIS), Amandine Rochedy (CERTOP [UMR5044]), Quentin Schnapper (INRA-CESAER), Sophie Tabouret (INRA-SADAPT; CSI-Mines ParisTech), Tonya Tartour (Sciences Po Paris-CSO), Hugo Wainsztok (EHESS-IRIS).

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Rencontres Technographies

Rencontres scientifiques - Mardi 11 septembre 2018 - 09:30Cette rencontre est destinée à discuter des 18 propositions d’articles retenues par le comité de rédaction de la revue Techniques&Culture en mai 2018 pour le numéro 71 « Technographies ». Chaque auteur (ou couple d’auteurs) aura dix minutes maximum pour présenter son projet. Les présentations seront suivies d’une heure trente de discussion collective selon le nombre de propositions présentées. TechnographiesEn mettant à l’honneur ce que l’on pourrait appeler la « technographie » – désignant l’ensemble des procédés d’écriture des techniques –, le numéro 71 vise une double finalité : penser l’évolution des pratiques des spécialistes des techniques tout en assurant leur transmission en direction de celles et ceux qui souhaitent s’engager sur la même voie.Le numéro comportera deux ensembles de textes. Les premiers seront des contributions théoriques et historiographiques relatives aux étapes clés du processus qui va de l’expérience de terrain, au contact avec les « matières premières » – les faits techniques –, à la réception par les publics des documents qui en sont issus. Il s’agira non seulement de faire un état des lieux des techniques de documentation, d’analyse, d’archivage et de mise en circulation des faits techniques, mais aussi d’en retracer les trajectoires tout en identifiantles angles morts et les questionnements demeurés en friche, près d’un demi-siècle après l’émergence de la « technologie culturelle ». Le second sera composé de préconisations, sous forme de « notices », constituant les éléments d’un manuel de terrain, prioritairement destiné aux novices mais également susceptible d’intéresser des spécialistes souhaitant ajouter des cordes à leur arc. Entrée gratuite sur inscription : i2mp@mucem.org

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Appel à contributions « Musées et mondes numériques »

Appel à communication - Lundi 01 octobre 2018 - 00:00La revue Culture & Musées lance un appel à projet d'articles pour un numéro thématique « Musées et mondes numériques », à paraitre en 2020, sous la direction de Milad Doueihi et Florence Andreacola.L’objectif de ce numéro est de relire trois fondamentaux du musée que sont la collection, l’exposition et le public au regard de la culture numérique de manière critique et réflexive. Il s’adresse à des chercheurs en muséologie ainsi qu’à tous les chercheurs qui traitent du patrimoine, des archives, de la documentation, des institutions culturelles, des industries de la culture, des accès et de l’utilisation des données culturelles, ouvertes et/ou publiques. Les textes attendus pour ce numéro pourront s’intégrer dans l’un de ces trois axes, ceux-ci n’étant pas exclusifs les uns des autres : - De la mise à disposition de données numériques au hackathon des données culturelles publiques, - De l’exposition des œuvres et des objets à la mise en scène des données, - Du scénario de visite à la mise en scène de soi. 

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