A la Une |

Socialisme kanak. Une expérience politique à Canala (Nouvelle-Calédonie)

Christine Demmer

Edition Karthala, 248 pages

Collection dirigée par Alban Bensa

date de parution : 19/10/2016

ISBN 9782811115739

 

Description complète :

À l’automne 1984, les indépendantistes kanak de Nouvelle-Calédonie se soulevèrent contre le gouvernement français pour reconquérir leur souveraineté. Après la mort du secrétaire général de l’Union Calédonienne, Éloi Machoro, l’un des leaders de la révolte, un nouveau statut vit le jour en 1985, découpant le territoire en quatre régions, dont trois gérées par des élus kanak. Ces derniers décidèrent alors d’utiliser ce nouveau cadre institutionnel pour préparer l’indépendance économique de leur pays. De nombreux microprojets de développement furent créés au sein des réserves et présentés comme les premières expériences concrètes de Kanaky. Un même mot d’ordre dominait : préserver une économie domestique encore prégnante, tout en intensifiant la production agricole. Cette option ruraliste se donnait pour triple tâche de maintenir un tissu social local, de trouver une manière nouvelle de cultiver sa terre et d’adapter la chefferie (le modèle politique kanak hiérarchisé) à la perspective d’un État-nation souverain.

Ce moment particulier du nationalisme kanak, couplant exigence économique et refonte des structures politiques segmentées et centralisées, généra une intense réflexion sur la définition de la société indépendante, résumée quelques années plus tôt par le concept de « socialisme kanak ». Dans les tribus d’Emma (Amââ) et Kayu (Kûöö), sur la commune de Canala, le lancement du Groupement d’intérêt économique Kèrèduru releva, pendant plus d’une décennie, le défi de construire l’indépendance kanak socialiste depuis les réserves. Ce livre explore cet aspect méconnu du nationalisme kanak en témoignant des transformations sociales des chefferies de l’époque. Au-delà du cas concret du GIE Kèrèduru, il analyse une dynamique sociale propre aux sociétés segmentées en marche vers la construction nationale.

Cet ouvrage interroge également ce que signifie être kanak aujourd’hui. À l’heure des grands projets miniers, d’autres conceptions de la coutume ont depuis émergé, qui revisitent la définition des chefferies et leur place dans le pays après l’accord de Nouméa (1998), à l’aune de références très éloignées des apports de la génération politique née dans les années 1980. Le projet d’inspiration marxiste étudié ici visait en effet à assujettir les chefferies et les clans à un modèle collectiviste et égalitaire. Cette expérience, aujourd’hui dépassée, rend compte de la plasticité des notions de socialisme kanak, d’identité kanak et des manières diverses d’envisager l’appartenance à ce peuple océanien.

EHESS
CNRS
Université D'Avignon
Aix-Marseille

flux rss  Actualités

Rencontres musico-doctorales de Paris à Marseille

Rencontre - Jeudi 22 juin 2017 - 10:00Ces journées, organisées par le Centre Norbert Elias et le Centre Georg Simmel avec le soutien de l'EHESS, se donnent pour objectif de mettre en lumière des travaux de doctorant.e.s travaillant sur la musique.Vous trouverez dans le programme de ces rencontres des communications sur les thèmes de la programmation des musiques du monde, de l'apprentissage de la techno, du music-hall, mais bien d'autres encore. 

Lire la suite

Dimension sexuée de la vie sociale

Journée(s) d'étude - Jeudi 16 mars 2017 - 09:30Ces journées d’étude analyseront les reformulations que révèle, dans la parenté, la circulation des choses, des corps ou des personnes au sein d’un monde globalisé. Trois phénomènes majeurs seront envisagés, du plus récent au plus ancien : les nouvelles techniques de reproduction, du don de gamètes à la gestation pour autrui, l’adoption internationale et ses déclinaisons, la migration. Les circulations qu’ils recouvrent tendent en effet à questionner, troubler ou reformuler les relations entre parents comme les rapports de genre. Elles interrogent les frontières nationales et les législations qui leur sont associées, suscitent de nouvelles formes de mobilités, redéfinissent les  identités et les appartenances. Quels éléments circulent, sous quelles formes et par quelles voies lorsqu’il s’agit de procréer, de construire une famille, de faire vivre ou de maintenir l’existence des liens entre parents ? À quelles relations donnent lieu ces circulations, qu’il s’agisse du « voyage » que représente le transfert de paillettes de sperme, de la figure lointaine d’une gestatrice connue ou non, des liens construits dans les parcours d’adoption internationale ou de la manière dont la distance et la mobilité tendent à reformuler les liens familiaux en situation de migration ?  À la croisée de la parenté, de la citoyenneté et de la nationalité, on questionnera enfin les dispositifs d’affiliation, de reconnaissance et d’appartenance que révèlent ces différentes circulations.

Lire la suite

Aide humanitaire et aide au développement : problèmes et perspectives

Débat - Mardi 31 janvier 2017 - 18:00Rony Brauman et Jean-Pierre Olivier de Sardan, directeur d'études à l'EHESS,  débattent autour du thème « Aide humanitaire et aide au développement : problèmes et perspectives », le mardi 31 janvier 2017

Lire la suite

Plus d'actualités

École des hautes études en sciences sociales

Centre de la Vieille Charité
2, rue de la Charité
13002 Marseille

tél. : 04 91 14 07 27