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ANR POC/K2

Politique et corruption. Argent immoral et influence politique en Allemagne et en France aux XIXe et XXe siècles

Politique et corruption. Argent immoral et influence politique en Allemagne et en France aux XIXe et XXe siècles (ANR POC/K2 - 2014-2018)

Coordination scientifique : Frédéric Monier (Centre Norbert Elias/Avignon Université)
Fiche ANR : http://www.agence-nationale-recherche.fr/Projet-ANR-13-FRAL-0009

Programme franco-allemand en sciences humaines et sociales (FRAL), financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) et la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG).

POC/K2 (2014-2018) est conçu un prolongement du programme ANR POC/K (Politique et corruption/politische Korruption - 2011-2014). Plus largement, il s'inscrit dans les activités du groupement de recherche international "Politique et corruption" (2017-2020 - IRN/GDRI CNRS 842).

Blog de recherche de l'équipe française : Corruption politique
Côté allemand, on se reportera au site Korruptionsforschung abrité par l’Université technique de Darmstadt.

Equipe de recherche

Le programme franco-allemand POC/K2 fédère des chercheurs français de trois unités de recherche CNRS : le Centre Norbert Elias, le Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES) avec Cesare Mattina, et le SIRICE, avec Olivier Dard. Ils sont associés à des chercheurs allemands de deux équipes : l’une est coordonnée par Jens Ivo Engels à l’Université technique de Darmstadt, l’autre par Andreas Fahrmeir à l’Université Goethe de Francfort. On trouvera une présentation de tous les chercheurs et doctorants associés sur le blog de recherche « Corruption politique » :
https://pock.hypotheses.org/les-chercheurs

Présentation

Au cours des vingt dernières années, les débats collectifs sur la corruption politique ont pris une importance considérable. Dans chaque pays, comme au sein du Conseil de l’Europe, ces débats ont abouti à la création de nouvelles normes, visant à éradiquer la corruption (Conseil de l’Europe 2008). Par contraste, l’étude historique du phénomène est encore à ses débuts, particulièrement en France et en Allemagne. Ce projet comparatiste veut montrer comment les phénomènes de corruption, dans leurs formes actuelles, sont apparus, en France et en Allemagne, entre le début du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle.
Rompant avec les systèmes d’Ancien régime marqués par les patronages aristocratiques, la politisation des sociétés et l’institutionnalisation de l’État créent une critique absolue de la corruption, à partir du tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Loin d’être atemporelle, la corruption politique a d’abord une histoire. Aujourd’hui, la conception courante y voit l’abus d’une position publique à des fins privées. L’un des objectifs de ce projet est de montrer comment, dans les deux pays, la notion de corruption renvoie à des perceptions publiques variables de pratiques de la faveur.
Le projet appréhende les phénomènes de corruption dans leurs deux dimensions constitutives: des pratiques politiques dominées par des faveurs; des modes de publicisation qui, avec l’essor des médias de masse, constituent les scandales et les affaires en moments récurrents des débats publics. La tendance générale, dans les deux pays, à une critique absolue de la corruption politique ne peut être éludée. Elle fait surgir des interrogations sur la morale publique et sur la construction culturelle de modèles idéaux, concernant la probité des gouvernants. Le projet suppose que les affaires de corruption sont non seulement des révélateurs de cultures civiques préexistantes, mais aussi des moments clés d’institution de ces modèles éthiques. Dans le contexte des modèles étatiques et des traditions politiques différentes dans les deux pays, qui se sont manifestées avant tout au 19e et au début du 20e siècles, on attend, via la recherche comparative, certains éclairages: sur les particularités nationales et les tendances généralisables – ce sur quoi la recherche sur a corruption s’est peu étendue jusqu’ici -.

Extrait du rapport final

Histoire et sociologie de la corruption entre France et Allemagne

Les hypothèses de travail du programme POC/K2 (2014-2018) dérivent du principe suivant : distinguer, sur le plan analytique, les pratiques et les perceptions (débats) dans les phénomènes de corruption. Cela permet d’étudier en interaction les processus d’influence ou de faveur et les modes de médiatisation ou de publicisation (scandales). On peut ainsi examiner de manière globale le phénomène historique de corruption, sans plaquer une grille de lecture actuelle sur des réalités révolues, au risque d’anachronismes.

Les objectifs scientifiques déterminés dans le programme ont concerné trois directions principales de recherches :

  1. Intérêts privés, intérêt général, intérêt national (1870-1939). L’argent immoral et les profiteurs de la guerre,
  2. Les faveurs au village et en ville. La corruption au niveau local (1900-1980),
  3. Les réseaux des «chevaliers blancs ». L’histoire des critiques et des dénonciations de la corruption (1900–1980).

Une histoire comparée des deux côtés du Rhin

Le programme POC/K2 a permis, pour chacune des trois directions de recherches, des enquêtes franco-allemandes grâce à des thèses en miroir, ainsi que des recherches complémentaires menées par de jeunes docteurs.

1- Les profits de guerre
Côté français, J. Bour a mené une recherche sur la commission parlementaire d’enquête sur les marchés et spéculations de la Grande Guerre (1919 à 1936). Côté allemand, l’enquête sur les profiteurs de la Grande Guerre a été reprise, après le décès du jeune collègue chargé de ce travail, R. König.

2- La corruption au niveau local
En Allemagne, une thèse (D. Kueck) est en cours sur une approche de la corruption via les échanges réciproques (1871-1933). En France, une autre thèse (M. Bar) sur clientélisme et corruption politique à Marseille (années 1880- années 1940) devrait aboutir fin 2019. Le post-doctorant N. Maïsetti a mené une enquête complémentaire sur la corruption urbaine à Marseille dans les années 1960.

3- L’histoire des critiques de la corruption
En Allemagne, A. Perthen réalise une thèse sur les critiques de la corruption dans la République fédérale allemande : journalistes et informateurs (années 1950-1980). En France, B. Gérôme consacre sa thèse aux dénonciations et dénonciateurs de la corruption en France au XXe siècle.

Résultats majeurs

Les résultats de ces recherches individuelles ont été présentés et discutés lors de trois rencontres scientifiques, consacrées à chacune de ces directions d’enquête. Ces colloques internationaux ont permis d’avancer dans des directions nouvelles : une histoire sociale et politique de la corruption urbaine à visée comparative ; une histoire, internationale ou croisée, des profits de guerre et de leurs critiques entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle ; et enfin une sociologie historique des dénonciations de la corruption, qui fait apparaître les changements intervenus depuis les années 1980-1990. Cette dynamique scientifique a abouti à la formation d’un groupe de recherche international (GDRI-IRN), « Politique et corruption : histoire et sociologie », qui associe les chercheurs allemands et français à des équipes de l’université autonome de Barcelone, du New Europe College de Bucarest, et de l’Université libre d’Amsterdam. Ce réseau est soutenu par le CNRS depuis janvier 2017.

Production scientifique

Trois ouvrages collectifs sont issus de colloques internationaux. En Allemagne, Stadt, Macht, Korruption, J.I. Engels, A. Fahrmeir, C. Mattina et F. Monier dir., (Francfort, F. Steiner verlag, 2017). En France, Dénoncer la corruption. Chevaliers blancs, pamphlétaires et promoteurs de la transparence à l’époque contemporaine, C. Mattina, F. Monier, O. Dard et J.I. Engels, (Paris, Demopolis, 2018), et, à paraître en 2019, L’argent immoral et les profiteurs de la guerre (Paris, presses de l’université Paris-Sorbonne). Un quatrième ouvrage collectif est à paraître en 2019 : Maudire la ville. Sociohistoire comparée de la dénonciation de la corruption urbaine, N. Maïsetti, C. Mattina (dir.), (Lille, Presses universitaires du Septentrion).

De plus, le programme POC/K2 a permis de publier trois ouvrages individuels. Clientélismes urbains : gouvernement et hégémonie politique à Marseille, de C. Mattina (Presses de SciencesPo, 2016) sur la corruption au niveau local en France. Dans un esprit proche, Julie Bour étudie les liens entre Clientélisme politique et recommandations : l’exemple de la Lorraine de la IIIe à la Ve République (Rennes, PUR, 2018). Christophe Portalez éclaire les liens entre guerre, production d’armes (explosifs) et carrières politiques, dans Alfred Naquet et ses amis politiques : patronage, corruption et scandale en République (1870-1898), (Rennes, PUR, 2018).

Vers un international research network (IRN)

Afin de poursuivre le travail en réseau autour de ces thématiques, et de formaliser l’existence de cette communauté de chercheurs venus de trois disciplines (sociologie, histoire, sciences politiques), un projet de groupement de recherche international (GDRI, désormais IRN International research network) a été déposé au CNRS. Ce projet a été sélectionné en décembre 2015, puis mis en place en 2016. Il est effectif depuis janvier 2017. Intitulé « Politique et corruption : histoire et sociologie comparées à l’époque contemporaine », ce GDRI/IRN CNRS (n° 842) groupe les partenaires actuels du programme POC/K2 en Allemagne et en France, ainsi que des équipes de recherche espagnole (groupe d’histoire du parlementarisme, université autonome de Barcelone), néerlandaise (département d’histoire de l’université libre d’Amsterdam, VU) et roumaine (groupe de recherche Grips "Reflections on the Political and Social History of the 18th and 19th Centuries in Romania” du New Europe College, Bucarest).

Excerpt from final report

History and sociology of corruption between France and Germany

The POC/K2 program, "immoral money and political influence in France and Germany (19th and 20th centuries)", has been elaborated as a continuation, or an extension, of the POC/K program (Politics and corruption / Politische Korruption- 2011-2014). The latter, already financed by the ANR and the DFG (ANR 10-FRAL-004, Franco-German program in human and social sciences, 2010), focused on the history of political corruption in France and Germany in the nineteenth and 20th century.

The working hypotheses of the POC/K2 program (2014-2018) derive from the following principle: an analytical difference between the practices and perceptions (debates) in the phenomena of corruption. This allows us to study in interaction the processes of influence or favour and the modes of mediatisation or publicization (scandals). One can thus examine in a global way the historical phenomenon of corruption, without setting today notions on the screen of past realities, which would make us run a serious risk of anachronism.

The scientific objectives identified in the program concerned three main directions of research:

  1. Private interests, general interest, national interest (1870-1939). Immoral money and the profiteers of war,
  2. The favours in the village and in town. Corruption at the local level (1900-1980)
  3. The networks of the "white knights". The history of criticism and denunciation of corruption (1900-1980)

A comparative history on both sides of the Rhine

For each of the three main directions of research, the POC/K2 program has led to Franco-German

1- The profits of war
On the French side, J. Bour conducted research on the parliamentary commission of inquiry into the markets and speculations of the Great War (1919 to 1936). On the German side, the investigation of the profiteers of the Great War was resumed after the death of the young colleague in charge of this work, R. König.

2- Corruption at the local level
In Germany, a thesis (D. Kueck) is in progress on an approach of corruption aiming at reciprocal exchanges (1871-1933). In France, another thesis (Mr Bar) on clientelism and political corruption in Marseille (1880-1940s) is expected to be completed by the end of 2019. The postdoctoral researcher N. Maïsetti conducted a complementary survey on urban corruption in Marseille in 1960s.

3- The history of critics of corruption
In Germany, A. Perthen achieved a PhD on critics of corruption in the Federal Republic of Germany: journalists and informants (1950-1980s). In France, B. Gérôme devotes his thesis to the denunciations and denunciators of corruption in France in the twentieth century.

Major results

The results of the individual investigations have been presented and discussed during three scientific meetings, devoted to each of these main directions of research. These international conferences have enabled us to discuss new topics: a social and political history of urban corruption with a comparative aim; an international, and transnational, history of war profits and their criticisms between the end of the 19th century and the first half of the 20th century; and a historical sociology of denunciations of corruption, which aims at the changes that have occurred since the 1980s and 1990s. These collective scientific dynamics culminated in the creation of an international research group (GDRI-IRN), "Politics and Corruption: History and Sociology", which brings German and French researchers together with teams from the Autonomous University of Barcelona, ​​the New Europe College in Bucharest, and the Free University of Amsterdam. This network gets support from the French CNRS since January 2017.

Scientific production

Three collective works come from the international conferences. In Germany, Stadt, Macht, Korruption, J.I. Engels, A. Fahrmeir, C. Mattina and F. Monier dir., (Frankfurt, F. Steiner verlag, 2017). In France, Dénoncer la corruption. Chevaliers blancs, pamphlétaires et promoteurs de la transparence à l’époque contemporaine, C. Mattina, F. Monier, O. Dard and J.I. Engels, (Paris, Demopolis, 2018), and, to be published in 2019, L’argent immoral et les profiteurs de la guerre (Paris, presses of the Paris-Sorbonne University). A fourth collective work is to appear in 2019: Maudire la ville. Sociohistoire comparée de la dénonciation de la corruption urbaine, N. Maïsetti, C. Mattina (dir.), (Lille, PU du Septentrion).

In addition, the POC / K2 program has published three individual books or monographs. Clientélismes urbains : gouvernement et hégémonie politique à Marseille, by C. Mattina (presses de Sciences po, 2016) on corruption at the local level in France. In a close spirit, Julie Bour studies the links between Clientélisme politique et recommandations : l’exemple de la Lorraine de la IIIe à la Ve République (Rennes, PUR, 2018). Christophe Portalez illuminates the relations between war, production of weapons (explosives) and political careers, in Alfred Naquet et ses amis politiques : patronage, corruption et scandale en République (1870-1898), (Rennes, PUR, 2018).

Research team

The POC/K2 project is a research project coordinated by Frédéric Monier (France: Centre Norbert Elias/University of Avignon) and Jens Ivo Engels (Germany: Technische Universität Darmstadt). It also associates Olivier Dard (UMR SIRICE, Paris-Sorbonne University), Cesare Mattina (LAMES, Aix-Marseille University) in France, and Andreas Fahrmeir (Goethe Universität Frankfurt) in Germany.

Centre Norbert Elias

Unité mixte de recherche 8562
Marseille et Avignon
EHESS / CNRS / Avignon Université / Aix-Marseille Université

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EHESS Marseille
La Vieille Charité
2, rue de la Charité
13 002 Marseille
France

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Avignon Université
Campus Hannah Arendt
74, rue Louis Pasteur
84 000 Avignon
France

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