CECI n'est pas EXECUTE Centre Norbert Elias : Atelier des doctorants, 18 mars 2016

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Atelier des doctorants, 18 mars 2016

Atelier des doctorants 

Vendredi 18 mars 2016

14h - 17h en Salle B, 2ème étage de l'EHESS

 

 

Éléonore Crunchant, « Épistémologie de la biologie du comportement maternel à travers le prisme du genre »

Pendant des siècles le corps des femmes a été le lieu de justification des inégalités entre les hommes et femmes. Depuis les années 90, les épistémologies féministes s’intéressent aux processus de constructions des savoirs scientifiques en tant que producteurs de savoirs essentialisants sur la différence des sexes et mettent en valeur le caractère marqué et genré de la recherche scientifique. Dans la suite de ce courant, je m’intéresse ici à l’analyse épistémologique des études de biologie sur le comportement maternel. J’utilise le genre comme un outil d’analyse qui me permet de révéler les présupposés de genre qui sous-tendent ces recherches.

 

Lucas Nedelec, « De la posture de recherche à l'interprétation : la question de la cohérence dans une recherche portant sur l'enseignement des QSV »

Objets définis à l'avance, étapes du processus de recherche bien différenciées entre cadre théorique, recueil de données, analyse et communication des résultats, cloisonnements disciplinaires et épistémologiques... La recherche scientifique, quel que soit son domaine, est souvent pensée et présentée comme mécanique et froide, ce qui garantirait sa légitimité. Or, je partirai du principe que dans le champ de la didactique des Questions Socialement Vives, dans lequel je m'inscris, le point de départ épistémologique et les finalités socio-politiques amènent à interroger le travail de recherche sous l'enjeu de l'articulation, de la cohérence et de la récursivité. Les choix internes faits par le chercheur disent autant que le contenu de ses résultats. Qu'est-ce que cette réflexion implique lorsqu'elle est appliquée à mon propre travail de thèse ?

 

Robin Birgé, « L'expertise engagée comme dépassement du relativisme. Étude communicationnelle socio-épistémologique d'une expertise collective : le rapport ''Filiation, origines, parentalité'' »

Face d'une part à la demande massive de sécurité et d'autre part à la crainte de perte de légitimité des états et des institutions, l'appel à l'expertise est massive, autant que la contestation de cette expertise (critique de l’école de Francfort, mouvement de critique de sciences, etc.). Ce double mouvement paradoxal nous amène à questionner la légitimité de l'expertise scientifique dans l'espace public dans une période où sa légitimité ne va plus de soi. Par ailleurs, le mouvement socio-constructiviste des études de sciences des années 70-80 a entamé une entreprise de relativisation du savoir scientifique, ruinant ainsi la frontière entre “savants” et “profanes”. Depuis les années 2000, certains sociologues de l’expertise s’engagent dans une entreprise de re-légitimation de l’expertise : se pose alors la question de la légitimation (qui a le crédit pour parler ?) et de l’extension de l’expertise aux non scientifiques. L’objet de mon intervention sera de discuter du potentiel de l’expertise engagée comme dépassement de certaines craintes de surplus de légitimation ou de relativisme total. Je présenterai ainsi un terrain en cours : une étude socio-épistémologique des stratégies de communication (et de légitimation) d’une expertise interdisciplinaire commanditée en 2013 par la ministre de la famille Dominique Bertinotti, dont l’objet principal est la réforme du droit de la famille. 


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