CECI n'est pas EXECUTE Centre Norbert Elias : Edgar Charles Mbanza : « Vie sociale des objets communicationnels dans les marges. Une ethnographie de l’ordinaire des technologies dans les bidonvilles de Kibera (Nairobi) et Pikine (Dakar) » : 1er février 2016

Les soutenances 2016 |

Edgar Charles Mbanza : « Vie sociale des objets communicationnels dans les marges. Une ethnographie de l’ordinaire des technologies dans les bidonvilles de Kibera (Nairobi) et Pikine (Dakar) » : 1er février 2016

Candidat
Edgar Charles Mbanza

Titre / Title
Vie sociale des objets communicationnels dans les marges. Une ethnographie de l’ordinaire des technologies dans les bidonvilles de Kibera (Nairobi) et Pikine (Dakar).
A social life of communicational objects in the margins : an ethnography of technological ordinary in the slums of Kibera (Nairobi) and Pikine (Dakar)

Jury
Suzanne de Cheveigné, (directrice de thèse), CNRS
Aude Fouéré, EHESS
Alain Kiyindou, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine
Serge Proulx, Université du Québec à Montréal
Yann-Philippe Tastevin, CNRS  

Résumé
Ce que nous appelons médias du quotidien (téléphone mobile, audiovisuel domestique et Internet en l'occurrence) dans les ghettos urbains africains constitue un formidable objet de recherche pour qui s'intéresse aux mutations de la communication médiatique. Il nous permet aussi d'éclairer de façon inédite l'imbrication dialectique entre la technologie et la société. A l'aide d'une démarche basée sur l'immersion ethnographique dans la vie enquêtée et la comparaison de deux sites localisés dans des bidonvilles de Kibera (Nairobi) et de Pikine (Dakar), la recherche porte globalement sur l'intégration des acteurs marginalisés dans la modernité technologique. Plus de la moitié de l'Afrique urbaine vit aujourd'hui dans les bidonvilles ; et s'il est souvent avancé que les urbains pauvres sont parmi les plus frappés par la « fracture numérique », ou à l'inverse des bricoleurs inventifs, rares sont les travaux qui explorent empiriquement les « arts de faire » et les modes de présence des technologies dans ces milieux singuliers. Comment les objets technocommunicationnels, dont les propriétés et les modes de circulation ont considérablement changé ces dernières années, s'insèrent-ils au sein de l'« économie morale » de survie? Avons-nous ou non l'émergence d'un « milieu » médiatique « associé » présenté comme un espace de partage participatif contrairement aux technologies des générations précédentes ? Ce travail rappelle l'impérative nécessité de resituer les acteurs marginalisés au centre de l'analyse des cultures contemporaines. Il invite aussi à sortir des « grands partages » dans nos manières de penser les rapports entre le local et le global, la production et la réception.

Abstract
What we call daily media (mobile phone, television and internet in this case) in African urban ghettos is a wonderful research subject for those who are interested in mutations of media communication. It also allows us to explain in new ways the dialectic imbrication of technology and society. Using an approach based on ethnographie immersion in the life of people, and comparing two sites located in the slums of Kibera (Nairobi) and Pikine (Dakar), our research generally focuses on the integration of those marginalized actors into the technological modernity. More than half of urban Africa nowadays lives in slums; and if it is often argued that the urban poor are those who are the most affected by the "digital divide", or conversely, that they are some inventive"bricoleurs"(digital do-it-yourselfers), there are few empirical works that explore the "arts of doing" and the modes of presence of those technologies in the environments of live. How technocommunicationals objects, whose properties and circulation patterns significantly have changed over the last years, do fit in the "moral economy" of survival context? Is there or not an emergence of a "milieu (médiatique) associé" presented as a space of participation and sharing, unlike previous generations of technologies? This work recalls the urgent need to relocate the marginalized players in the center of the analysis of contemporary culture. It also invites us to overcome the "Great Divide" in our ways of thinking about the relation between local and global, production and reception, individual and collective, private and public, etc.

Centre Norbert Elias

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