La fabrique des écritures innovantes en sciences sociales

Un outil fédérateur autour de la création, de la production, de l'enseignement, de la formation et de la recherche sur l'image et le son

 

Contacts :

Didier Morel

Téléphone : 04 91 14 07 77

Boris Pétric

Téléphone : 04 91 14 07 57

 

La Fabrique est un outil de création, de production, d’enseignement, de formation et de recherche à la disposition d’anthropologues, de sociologues et d’historiens engagés dans la réalisation de films documentaires, de films didactiques, de films expérimentaux, de documents sonores et de divers supports multimédia permettant de représenter différemment la production de nos connaissances. La Fabrique travaille en étroite collaboration avec l’équipe de la direction de l’audiovisuel de l’EHESS (Paris).

 

La création de la Fabrique repose sur un double constat :

Compte tenu de la place prise par l’image et le film dans nos sociétés, les sciences humaines se doivent de construire une interrogation critique sur leur statut et les conditions de leur production. Les recours à l’image, au film, au document sonore sont aussi des opportunités pour s’emparer d’une autre manière de parler de nos travaux. De plus, les usages du film et de l’image s’inscrivent dans des réflexions épistémologiques plus larges sur les écritures en sciences sociales. L’image comme le cinéma documentaire sont des formes de narration, au même titre que le texte et ne se réduisent pas à de simples possibilités techniques permettant d’accéder à une reproduction objective de la réalité sociale.

L’histoire de la photo, du film documentaire ou du documentaire sonore, produits dans le cadre d’un travail en sciences humaines, s’est constituée à travers une réflexion critique questionnant les diverses formes de narration. Cette dimension épistémologique sera donc au cœur de la Fabrique afin de poursuivre cette réflexion critique autour des écritures en sciences humaines. Dans un premier temps, ces innovations technologiques ont pu se penser comme un moyen idéal de reproduire la réalité permettant d’accéder à davantage d’objectivité. Flaherty, un des pères du film documentaire, a proposé par exemple des reconstitutions ethnographiques cherchant à rendre compte à la perfection de la réalité sociale.

Plus tard, cette approche va être contestée par une nouvelle génération cherchant à produire des documents plus proches du réel. À l’opposé de Flaherty, il s’agit alors d‘intervenir le moins possible en privilégiant des plans séquences dépourvus de commentaires. Cette démarche fut à son tour critiquée par d’autres documentaristes rappelant que le film se construit par le regard singulier d’un narrateur qu’est le réalisateur. De nouveaux films revendiquent alors une forme de subjectivité, considérant qu’il convient d’assumer le regard du réalisateur face au « réel » soulignant ainsi que le film, au même titre qu’un ouvrage, est une forme de narration permettant d’accéder au réel. Certains ont même recours à la fiction pour mieux rendre compte de la réalité mais aussi tenir compte d’aspects déontologiques ou éthiques. Ces discussions ont débouché sur une variété de styles filmiques qui ne se limitent plus à une vision canonique, mais qui donnent tout un éventail de possibilité pour interroger la réalité sociale.

Ces débats croisent des réflexions de philosophes, de cinéastes ou d’historiens de l’art s’intéressant depuis longtemps au statut de l’image et de l’esthétique. Le moteur intellectuel de la Fabrique sera de créer les conditions pour poursuivre et approfondir une réflexion épistémologique entre différentes disciplines autour de l’image et du film.

Les objectifs de la Fabrique

La Fabrique a pour objectif de fédérer différents chercheurs et personnels appartenant au Centre Norbert Elias. Aidant les chercheurs à réaliser des films, des outils pédagogiques, ou améliorer la diffusion de leur savoir. Sa vocation est de bâtir une dynamique d’innovation dans les domaines de la réalisation, de la production, de l’enseignement, de la recherche et de la valorisation d’images et de documents sonores. La Fabrique se donne aussi comme but de favoriser les échanges scientifiques entre différentes équipes, en France comme à l’étranger, et de dialoguer avec toute institution s’intéressant aux images filmées permettant d’élargir l’audience de la recherche à divers publics. Elle entend notamment développer des relations étroites avec des musées dans la perspective de mutualiser des formations et envisager aussi des formes de diffusion.

Un soutien à la production et à la postproduction

La Fabrique offre la possibilité de mobiliser des moyens techniques et humains pour la création et la réalisation de films, de documents photographiques ou sonores. Le processus de création est un long chemin collectif mettant en relation différents partenaires (production, postproduction, diffusion) et nécessite la mobilisation de plusieurs compétences (opérateur, monteur, réalisateur, producteur, diffuseur, etc.).

Elle dispose de matériels de montage, de tournage, de son et d’image. Pour produire et diffuser leurs films, les chercheurs pourront également travailler en partenariat avec le CNRS-Images sur certains aspects de la fabrication de leur film. La Fabrique travaille également en partenariat avec la direction de l’audiovisuel de l’EHESS (Paris) et envisage de développer des collaborations avec le Master du film documentaire (Université d'Aix-Marseille).

Un enseignement inédit

La Fabrique souhaite être le moteur d’une démarche collective. Plusieurs chercheurs assurent des enseignements concernant l’image et le film. D’autres s’interrogent sur des démarches scientifiques pour représenter nos travaux sur des supports originaux (bande dessinée, film d’animation, etc.), dans des musées ou des lieux non académiques. Elle a également pour fonction de mutualiser certains enseignements et de contribuer à terme à la mise en place d’un cursus singulier à l’EHESS Marseille. Il s’appuiera sur un partenariat avec la direction de l’image et de l’audiovisuel de l’EHESS Paris et un partenariat avec d’autres acteurs locaux au sein de l’AMU et de l’UAPV.

Une valorisation auprès de différents publics

La Fabrique a également le souci de proposer à l’ensemble des chercheurs du Centre Norbert Elias différentes manières de présenter et de restituer leurs travaux : film de chercheur pour illustrer des cours, film de recherche ou documentaires pour la télévision, documents sonores, photos ou nouveaux supports comme les POM (Petits Objets Multimédia) ou les webdocumentaires ou encore Bandes Dessinées. Ces nouvelles démarches répondent à des stratégies de recherche multiples qui replacent le chercheur au cœur de problématiques contemporaines en s’ouvrant à des collaborations avec des institutions touchant des publics qui ne se limitent pas à la sphère scientifique (musées, festivals, etc.).

La Fabrique assure un rôle de conseil auprès de tous les chercheurs qui souhaitent développer une dimension multimédia et travaillera avec différents chercheurs pour diversifier les modes de restitution de leurs travaux à l’aide des nouvelles technologies. Elle peut réaliser des films didactiques ou pédagogiques permettant la mise en valeur de travaux scientifiques au cours de festivals, conférences ou séminaires. Plusieurs chercheurs collaborent avec des institutions qui jouent un rôle important dans la place du cinéma dans les sciences humaines (MuCEM, Festival Jean Rouch, RISC-Rencontres Internationales Sciences et Cinéma).

 

Lien avec le site audiovisuel de l'Ecole des hautes études en sciences sociales :  www.ehess.fr/audiovisuel
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