La fabrique des écritures innovantes en sciences sociales

Présentation de La Fabrique

 

La Fabrique est un lieu de création et de recherche en sciences sociales d’oeuvres transmedias. Des anthropologues, sociologues ou historiens fabriquent des films documentaires, films expérimentaux, bandes dessinées ou bandes des défilés, des portfolios, des documentaires sonores et bien d’autres petits objets multimedias. Ces chercheurs sont engagés dans ces écritures et contribuent à une réflexion épistémologique majeure autour de la description de la vie sociale en sciences sociales. La description est un acte de recherche fondamental pour les sciences sociales qualitatives et implique tout un ensemble de questions qui se cristallise dans l’écriture. Le tournant numérique offre de multiples outils pour analyser la société et diffuser notre savoir à différents publics.

La Fabrique a trois vocations : bâtir une dynamique d’innovation dans les domaines de la fabrication d’oeuvres transmedias, proposer des parcours d’enseignement dans le domaine, participer à une nouvelle logique de diffusion en se fédérant avec d’autres centre de recherche partageant les même préoccupations.

La Fabrique se situe au cœur de la Veille Charité à Marseille et dispose d’un cinéma, de salles d’expositions et de conférences. La Fabrique est donc un lieu favorisant les échanges intellectuels entre différentes équipes, en France comme à l’étranger, tout en dialoguant avec l’ensemble des métiers impliqués dans la fabrication de ces œuvres transmedias.

 

Dans nos sociétés contemporaines, la place prépondérante prise par l’image et le film nous invite aussi bien à proposer une interrogation critique de leur omniprésence qu’à s’emparer de la multiplicité des formes multimédias disponibles pour analyser les sociétés. Les recours à la photographie, au film, à la bande dessinée, au podcast ; l’élaboration d’exposition associant photos, textes, video, parcours sonores et/ou olfactifs produisent des connaissances au même titre qu’un article ou un livre et s’inscrivent ainsi dans des réflexions épistémologiques plus larges sur les écritures en sciences sociales. Ces écritures alternatives sont tout autant des œuvres dans lesquelles les questions de narration, de représentation, de déontologie et d’éthique posent la question de la cuisine de l’enquête qualititative. Anthropologue, sociologue ou historien de la Fabrique cherchent à produire un savoir qualitatif et s’interroge sur les conditions de production de leur savoir et les données qu’ils proposent à voir ne sont jamais brutes. Le chercheur s’interroge sur son rapport aux documents ou au terrain pour comprendre les conditions de son enquête. Dans notre conception de la recherche, les choix d’écriture ne se réduisent pas alors à de simples possibilités formelles et techniques permettant d’accéder à une reproduction objective de la réalité sociale. L’écriture apparaît comme un long processus d’observation de la réalité où l’enquêteur opère des millions de choix et passe son temps à sélectionner la réalité dans la perspective de réduire la réalité pour proposer une analyse de faits sociaux.

L’histoire de la photo, du film documentaire ou du documentaire sonore, produits dans le cadre d’un travail en sciences humaines, s’est constituée à travers une réflexion critique questionnant notamment les diverses formes de narration et la question de l’objectivité du regard. Cette dimension épistémologique est au cœur de notre réflexion au sein de la Fabrique. Les innovations technologiques récentes ne sont pas de outils idéaux permettant de mieux reproduire la réalité et d’accéder à davantage d’objectivité. Nos écritures se construisent par l’affirmation d’un regard singulier du narrateur qu’est le réalisateur d’une œuvre transmedias. Cette posture est un acte de modestie pour permettre aux publics de comprendre les conditions de la production de notre savoir. La Fabrique ne défend pas pour autant un style narratif, mais se conçoit plutôt comme un lieu d’expérimentation pour réfléchir à l’éventail des possibilités et des narrations pour interroger la réalité sociale.

Les réflexions des chercheurs de la Fabrique s’ancrent dans l’expérience de la fabrication mais croisent des réflexions communes aux études visuelles où philosophes, cinéastes ou historiens de l’art s’intéressent aussi au statut de l’image et de ses enjeux esthétiques.

Le moteur intellectuel de la Fabrique sera de créer les conditions pour poursuivre et approfondir une réflexion épistémologique entre différentes disciplines autour des écritures innovantes qui associent le texte, l’image, le son et le film pour analyser la vie sociale.

Cette démarche de recherche implique souvent un travail collaboratif.

La Fabrique est un lieu de co-fabrication qui fédèrent des chercheurs et des artisans de pointe pour réaliser ces œuvres transmedias. La Fabrique dispose d’un plateau technique. Elle dispose de matériels de montage, de tournage, de son et d’image. Elle offre la possibilité de mobiliser des moyens techniques et humains pour la fabrication de films, de documents photographiques ou sonores. Le processus de création est un long chemin collectif nécessitant la mobilisation d’un artisanat de pointe. La Fabrique met les chercheurs en relation avec différents partenaires (production, postproduction, diffusion, opérateur, monteur, réalisateur, producteur, diffuseur, etc.).

La Fabrique entretient des relations privilégiées avec les musées de sociétés de la ville de Marseille et le MuCEM car les œuvres transmedias jalonnent l’écriture d’un parcours d’exposition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Position du chercheur

Colloque - Mercredi 08 novembre 2017 - 09:00Le colloque est co-organisé par l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée, le MuCEM et le Centre Norbert Elias. Il aura lieu les 8-9 et 10 novembre 2017Le positionnement éthique ou politique d’un chercheur se construit à travers ses méthodes de travail. En sciences humaines et sociales, ces méthodes sont autant de manières de faire au sein du discours. Elles mobilisent un ensemble de gestes et d’opérations qui concernent aussi la recherche artistique. C’est sur ces gestes partagés que nous souhaitons amener le dialogue entre recherches scientifiques et pratiques artistiques.Nous partons de la part commune de matérialité du travail de recherche – la confrontation avec les matériaux, les archives et les témoignages – pour susciter un dialogue autour des gestes de la collecte, des méthodes d’enquête, des formes d’écriture et d’exposition. Admettre que celles-ci ne traduisent pas seulement des résultats, mais constituent en soi des chantiers théoriques et artistiques, c’est ouvrir un espace d’échanges entre arts et sciences sociales.Notre démarche consiste davantage à décloisonner les discours qu’à interroger la spécificité de nos recherches respectives. L’enjeu est de penser la recherche en dehors des frontières disciplinaires afin de constituer un laboratoire de réflexivité et d’innovation offrant aux uns et aux autres la possibilité de déplacer son regard sur ses objets et ses pratiques.MERCREDI 8 NOVEMBRE 2017Centre de la Vieille Charité – Cinéma Le Miroir9h30 : mots d’ouverture, conseil scientifique.ENGAGEMENT ET DISTANTIATION : LE CHERCHEUR ET SON TERRAINModération : Boris Pétric (Centre Norbert Elias)Comment évaluer la proximité ou la distance par rapport à son sujet de travail ? L’implication du chercheur conditionne son intelligence des problèmes à étudier ou des situations à documenter. En témoignent de nombreuses réflexions sur le placement de la caméra, mais aussi sur la place des émotions dans l’énonciation historique, ou encore sur le rôle heuristique des procédés littéraires et des techniques théâtrales de distanciation. Ce dialogue entre chercheurs et artistes vise à interroger le caractère heuristiquement fécond de l’implication sensible du chercheur, ainsi que le rôle du désir dans le geste de chercher.10h00 : Philipe Bazin et Christiane Vollaire11h : Discussion11h30 : pause12h-13h : Kapwani Kiwanga 13h-15h : pause déjeunerModération : Vanessa Brito (ESADMM)15h-15h30 : présentation de la revue Sensibilités par Quentin Deluermoz (il nous faudra réserver une autre salle).16h projection de L’hypothèse du Mokélé Mbembé (1h18) et débat avec Marie Voignier.18h : pauseModération : (intervenant à confirmer)18h30-20h : projection et débat avec Jeff Silva JEUDI 9 NOVEMBRE 2017MuCEM – auditorium Germaine TillionISOLER, CADRER, CONFRONTER : ENJEUX DES GESTES DE LA COLLECTEModération : Lotte Arndt (ESAD Valence-Grenoble) et Dorothée Dussy (CNE) Comment se constitue un objet de recherche ? Tout commence, comme le rappelle Michel de Certeau, avec le geste de mettre à part. Les premiers gestes consistent à collecter, à isoler, à cadrer, à confronter des sources, à opérer des changements de focale. Ils ont une force qui leur est propre, ils fabriquent du sens. Quels effets cela produit sur nos possibilités de compréhension ? Comment un objet se transforme en document, en objet archéologique ou ethnographique ? Qu’est-ce qui se perd lors de cette transformation qui est aussi un abandon de liens et de possibles ? Un des objectifs sera de confronter les enjeux de différents gestes et pratiques de la collecte réalisées par des chercheurs et des artistes.9h30-11h30 : Mathieu Abonnenc (artiste), Romain Bertrand (historien), Benoît de l’Estoile (anthropologue).11h30 : pause12h-13h : Discussion DONNER VOIX, REPHRASER, MONTER : LA RECHERCHE DE FORMES D’ÉNONCIATIONModération : Nicolas Feodoroff (FID) et Aude Fanlo (MuCEM) (à confirmer)Comment faire parler des objets ? Comment prolonger la puissance de parole de voix isolées ou disparues ? Ces questions animent de nombreuses démarches artistiques. Elles sont aussi au cœur de l’anthropologie visuelle ou de la réflexion que certains historiens portent sur l’écriture de l’histoire, l’usage et le traitement de l’archive. Que l’on construise un récit littéraire, cinématographique ou historique, ces questionnements entraînent de nouveaux usages de la citation et de la paraphrase, du découpage et du montage, de la voix off et de la figure du narrateur. Ils produisent des formes d’énonciation plurielle qui donnent à l’objet de la recherche la possibilité de se constituer comme sujet et d’évaluer lui-même son propre statut. 14h30-17h : Patrick Boucheron (historien), Arlette Farge (historienne), Natacha Nisic (artiste), Caterina Pasqualino (anthropologue).17h : pause17h30-18h30 : DiscussionVENDREDI 10 NOVEMBRE 2017MuCEM auditorium Germaine Tillion TROUER LE RÉCIT CONTINU : ESPACES BLANCS, HISTOIRES POTENTIELLES ET CONTREFACTUELLESModération : Vanessa Brito (ESADMM)et Anna Dezeuze (ESADMM) Une manière de refuser le caractère nécessaire de l’état des choses est, pour les historiens, d’imaginer à partir de ce qui s’est amorcé mais non développé dans l’histoire, ce qu’aurait pu être le futur de ces passés inaboutis. Il est possible d’écrire une autre histoire à partir des avenirs non advenus – une histoire fictive, contrefactuelle, mais offrant des ressources à l’action, en dehors de l’évidence du présent. Ces expériences d’écriture en histoire, pratiquées parfois en anthropologie, peuvent alors rencontrer des expériences artistiques de mise en récit. Ce qui nous permettra d’interroger les usages artistiques du document et de l’archive, le statut de la fiction et les régimes de véridicité.9h30-11h45 : Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou (historiens), Vincent Meessen (artiste), Uriel Orlow (artiste).11h45 : pause12h15-13h : DiscussionL’EXPOSITION COMME FORME D’ÉCRITUREModération : Sylvie Collier (UAM) et Jean-Roch Bouiller (MuCEM)Exposer est une opération commune à l’artiste et au chercheur en sciences humaines et sociales. On expose des images, mais aussi une pensée et des arguments. Qu’il soit visuel ou textuel, le montage construit du sens, tisse des récits et propose une narration. Aujourd’hui, philosophes et historiens de l’art cherchent des points de convergence entre la forme-livre et la forme-exposition. Des anthropologues, sociologues et historiens co-construisent des expositions dans des musées de société. Le commissariat de recherche pose clairement la question de l’engagement de l’art par rapport à la connaissance et nous rend à l’évidence que laproduction du savoir est indissociable de ses formes de monstration et d’exposition. Une réflexion commune sur les enjeux de cette forme de narration ouvre encore un espace de dialogues entre nos recherches respectives.14h30-17h00 : Nadine Gomez (directrice du Musée Gassendi et du « Cairn »), Yann-Philippe Tastevin (anthropologue),  (artiste), Philippe Artières (historien).17h : pause17h30-18h30 : Discussion et clôture.

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Séminaire Economie et Histoire

Séance spéciale de séminaire - Jeudi 19 octobre 2017 - 15:00L’historie et l’économie s’intéressent actuellement à l’ensemble des phénomènes sociaux. Leurs approches mobilisent à la fois des questionnements et des méthodes différentes. Le but de ce séminaire sera d’enrichir l’étude de ces objets partagés en confrontant approches et méthodes à partir de quelques dossiers thématiques. Ces dossiers comptent se focaliser, entre autres, sur la mobilité sociale et intergénérationnelle, le rôle du mariage, et l’impact de l’urbanisation sur des différents phénomènes sociaux.Le séminaire aura lieu un jeudi par mois, en alternance entre le Centre Norbert Elias et l’AMSE.Organisateurs : Jean Boutier, Cecilia Garcia-Peñalosa, Alain Trannoy, Arundhati Virmani.Séance du 19 octobre 2017Alain Trannoy - Questions de mobilité intergénérationnelle: Les élites françaises  Discutant : Jean Boutier> Voir le détail de la programmation à venir sur l'affiche

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Rencontres musico-doctorales de Paris à Marseille

Rencontre - Jeudi 22 juin 2017 - 10:00Ces journées, organisées par le Centre Norbert Elias et le Centre Georg Simmel avec le soutien de l'EHESS, se donnent pour objectif de mettre en lumière des travaux de doctorant.e.s travaillant sur la musique.Vous trouverez dans le programme de ces rencontres des communications sur les thèmes de la programmation des musiques du monde, de l'apprentissage de la techno, du music-hall, mais bien d'autres encore. 

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École des hautes études en sciences sociales

Centre de la Vieille Charité
2, rue de la Charité
13002 Marseille

tél. : 04 91 14 07 27