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Les programmes de recherche |

ANR VIPOMAR

La vie politique des marchandises. Approche qualitative des circulations transnationales (2014-2018)

Coordination scientifique : Boris Petric (Centre Norbert Elias)
Contact : Kelley Sams
Fiche ANR : http://www.agence-nationale-recherche.fr/?Projet=ANR-14-CE29-0006

Membres de l'équipe

  • Marc Abélès (directeur d'études à l'EHESS, Directeur de recherche au CNRS, Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain, La production et le commerce de l’art contemporain chinois et ses effets politiques), 
  • Giorgio Blundo (directeur d'études à l'EHESS, Centre Norbert Elias, La moto chinoise en Afrique. Globalisation, mobilité et politique au Cameroun),
  • Thomas Cantens (chargé de recherche à l'Organisation Mondiale des Douanes, Centre Norbert Elias, Les nouvelles routes du Cacao et du chocolat), 
  • Lynda Dematteo (chargée de recherche au CNRS, Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain L’internationalisation des entrepreneurs du textile « made in Italy »),
  • Céline Lesourd (chargée de recherche au CNRS,  Centre Norbert Elias, Qât en stock : la transformation de l’économie d’une plante hallucinogène en Ethiopie), 
  • Boris Petric, directeur de recherche au CNRS, Centre Norbert Elias, La ruée globale vers le vin : la France, la Chine et la transnationalisation de l’économie viticole), 
  • Kelley Sams (post-doctorante au CNRS, Centre Norbert Elias, Aux grands maux, les grands remèdes : enjeux de l’importation d’un médicament en Afrique), 
  • Valeria Siniscalchi (maître de conférence à l'EHESS, Centre Norbert Elias, Les enjeux politiques de la mondialisation d’un fromage italien, le « pecorino sardo »)

Présentation

La « vie politique des marchandises » (VIPOMAR) est un projet qui souhaite contribuer aux réflexions sur les incidences politiques de la libéralisation de l’économie mondiale. En partant d’une approche qualitative, huit anthropologues étudieront les trajectoires de marchandises concernées par une circulation à grande échelle afin de proposer des analyses renouvelées des métamorphoses de la gouvernance.

Chaque chercheur produira une étude « biographique » d’une marchandise (vin, cacao, fromage, textile, café, qât, moto, art contemporain, médicament) en analysant tout particulièrement les déplacements politiques provoqués par la transformation de leur production, leur circulation et leur régulation. L’étude ethnographique portera sur l’analyse de réseaux transnationaux tout en proposant une réflexion originale sur des lieux de connections. Le projet étudiera en particulier le rôle émergent de hub comme des nœuds incontournables d’échanges du commerce mondial. Le hub sera envisagé comme un lieu « politique » caractéristique de la gouvernance globale. L’une des hypothèses du projet postule que l’ethnographie de ces lieux d’échanges offre l’opportunité d’analyser des pratiques sociales, des modes de consommation, créateurs de distinctions sociales inédites. L’investigation qualitative consistera ainsi à s’interroger sur l’émergence de figures transnationales potentiellement porteuses de logiques inédites dans leur rapport à l’Etat et au politique en général. Ce projet aborde ainsi un enjeu théorique majeur concernant la métamorphose contemporaine de la gouvernance et des élites.

La question de la vie politique des marchandises en appelle ainsi à dépasser la division classique en aires culturelles. Ce programme scientifique, en travaillant sur les échanges entre l’Afrique (Cameroun, Ethiopie) l’Europe (France, Italie, Suisse) et l’Asie (Chine, Inde), se situe dans un processus nécessaire de décloisonnement des frontières culturelles et géographiques et met l’accent sur la dimension comparative et la circulation des chercheurs entre terrains différents pour repenser les formes de gouvernance contemporaine dans la globalisation. Les différents chercheurs produiront des études de cas en optant pour une investigation multi-scalaire allant du local au global.

Ce projet collaboratif se construit sur la base d’un consortium fondé sur un noyau dur de huit anthropologues. Cette équipe sera amenée par ailleurs à collaborer avec le département de recherche du MuCEM (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) dans la perspective de réfléchir à la création de Petits Objets Multimédias (POM) pour représenter de manière originale les résultats. Elle collaborera enfin avec une équipe d’anthropologues sinologues (américains et européens) réunis au sein du Hong Institute for Social Sciences and Humanities afin d’échanger en particulier sur l’étude des hubs de la globalisation, un de ses axes prioritaires. La structuration du consortium a pour objectif de donner l’opportunité aux chercheurs de produire leur connaissance dans les meilleures conditions ainsi que d’assurer la diffusion de leurs résultats à l’échelle internationale et auprès de publics variés.

VIPOMAR traite d’une problématique stratégique pour l’avenir politique et économique de l’Europe. En s’intéressant aux transformations de la production, de la consommation de biens alimentaires, de produits de luxe, de matières premières et de produits manufacturés, VIPOMAR analysera de manière détaillée des bouleversements en Europe, mais aussi la métamorphose de relations économiques et politiques sur le continent africain où la France et l’Europe sont soumis à une concurrence accrue en particulier de la part de la Chine. Les résultats des enquêtes offriront à des décideurs économiques et politiques l’opportunité de mieux saisir les enjeux de la métamorphose de la régulation et les déplacements d’influence dans l’économie mondialisée. VIPOMAR donnera ainsi à comprendre en particulier en quoi ces déplacements d’influence économiques vers des places fortes inédites (global hub) de certaines marchandises constituent un enjeu politique de premier plan pour l’Europe.

Abstract

“The Political Life of Commodities” (POLICO) seeks to produce a reflection on the political effects of the liberalization of the global economy. Using a qualitative approach, eight anthropologists study the trajectories of specific commodities involved in large-scale circulation in an analysis of their influence on the transformation of governance. Each researcher will produce a "biographical" study of a commodity (wine, cocoa, cheese, textiles, coffee, qât, motorcycles, contemporary art, medication), especially focusing on the political shifts caused by their production, circulation and regulation. This ethnographic approach will focus on the analysis of transnational networks and proposes an original reflection on places of connection. The project will pay particular attention to the emerging role of “hubs” as key places of connection related to global trade. The hub is seen as a strategic political location related to global governance. One hypothesis of the project postulates that the ethnography of these places of exchange offers an opportunity to analyze social practices and consumption patterns that produce new forms of social distinctions. The qualitative investigation will examine the emergence of transnational elites who engage a new logic of their relationship with the State and “politics” in general. This project therefore addresses a major theoretical question related to the contemporary transformation of governance and elites.

An investigation of the political life of commodities goes beyond the classical division of cultural areas. By examining trade between Africa (Cameroon, Ethiopia, Niger), Europe (France, Italy, Switzerland), and Asia (China, India), the project surpasses cultural and geographic boundaries and engages a comparative approach. The circulation of researchers between study sites will contribute to new knowledge of contemporary forms of governance within the context of globalization. Each researcher will produce a case study through multi-sited fieldwork that examines different scales of participation, from local to global.
This collaborative project is based on a strong consortium of eight anthropologists. This team will collaborate with the MuCEM (Museum of European and Mediterranean Civilizations) research department to create multimedia tools in order to share findings of this study in an original and accessible way. In addition, the team will collaborate with the Hong Kong Institute for Social Sciences and Humanities in the framework of the institute’s priority research theme of hubs.

POLICO focuses on a strategic issue for the political and economic future of Europe. By examining changes in production, food consumption, luxury goods, raw materials, and manufactured goods, the project will analyze in detail the changes in Europe as well as the transformation of political and economic relations in Africa where France and Europe are experiencing increasing competition with China.

The current decline of some sectors of the European economy, the considerable weight taken on by China, and increasing competition on the African continent between European and Chinese economic actors invites us to analyze economic relationships that cannot only be viewed in terms of national opposition. Instead, we must think of the increasing interdependencies of economies and consequences on the governance of concrete societies. The goal of POLICO is to produce an innovative collective reflection that describes how the multiplication of transnational networks and the emergence of new key places assure large-scale trade and become determinant factors in understanding the displacement of sovereignty and regulation. POLICO proposes an original approach, qualitative and non-speculative, in a scientific context dominated by quantitative perspectives of these socio-economic phenomena.

EHESS et CNRS
AMU et UAPV

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Biennale d'ethnographie

Rencontre - Jeudi 04 octobre 2018 - 09:00Suite au succès de trois éditions des Rencontres Annuelles d’Ethnographie de l’EHESS, la première Biennale d’ethnographie de l’EHESS vous accueille pendant deux jours autour de douze ateliers et deux conférences. Malgré un changement de nom, le principe reste le même : offrir un espace de réflexion et de visibilité à l’enquête ethnographique par des doctorant.e.s et des jeunes chercheur·e·s issu·e·s de différentes disciplines des sciences sociales.Ces rencontres de 2018 se dérouleront autour des douze ateliers présentés ci-dessous.Ils s’organisent tantôt autour de certains objets d’étude qui nécessitent la mise en place de stratégies d’enquête particulières (ONG, environnement, mobilité professionnelle, justice, demandeurs d’asile, agriculture, rapports sociaux) ou se centrent sur des modes d’implication sur le terrain qui interrogent la nature des données récoltées (commérage, sens, techniques du corps, affects).Les deux soirées seront consacrées à des conférences avec des ethnographes reconnu.e.s qui viendront partager avec nous leurs engagements tout au long de leurs recherches : Jean Peneff interviendra jeudi et Jeanne Favret-Saada échangera avec les participant·e·s vendredi.L’ensemble du comité d’organisation de la Biennale vous remercie pour votre participation, vos engagements pour imaginer l’ethnographie de demain et la faire vivre. Un seul mot d’ordre : interagissez et appréciez ces moments de partage ! Comité d'organisation :Daniel Cefaï (EHESS-CEMS), Ranime Alsheltawy (Université Paris Dauphine – IRISSO), Caterina Bandini (EHESS-CMH), Laura Bellenchombre (Université de Rouen – Normandie – DySoLab), Zoé Barry (EHESS, Observatoire du Samusocial de Paris), Chayma Boda (EHESS-CECMC), Thomas Bonnet (CERTOP [UMR5044]), Leila Drif (EHESS-IRIS), Marie Ducellier (IMAF &EHESS-IRIS), Camille Foubert (EHESS-IRIS/TEPSIS), Nolwenn Gauthier (EHESS-IRIS), Julie Lavayssière (Paris 8, Observatoire du Samusocial de Paris), Paul Lehner (Université Paris Nanterre – ISP), Hadrien Malier (EHESS-IRIS), Marie Manganelli (Université Paris Descartes – Canthel), Audrey Marcillat (EHESS-IRIS), Marjolaine Martin (EHESS-Centre Norbert Elias), Pierre Mettra (EHESS-Centre Norbert Elias), Elise Nédélec (Université de Bordeaux – LAM, Ceped), Julie Oleksiak (EHESS-Centre Georg Simmel), Jean-Baptiste Paranthoën (EHESS-CRH, INRA-CESAER), Laura Parvu (IEP de Toulouse – LaSSP), Ines Pasqueron de Fommervault (AMU, IMAF), Mathieu Rajaoba (CSI-Mines ParisTech), Paco Rapin (EHESS-IRIS), Amandine Rochedy (CERTOP [UMR5044]), Quentin Schnapper (INRA-CESAER), Sophie Tabouret (INRA-SADAPT; CSI-Mines ParisTech), Tonya Tartour (Sciences Po Paris-CSO), Hugo Wainsztok (EHESS-IRIS).(...)

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Rencontres Technographies

Rencontres scientifiques - Mardi 11 septembre 2018 - 09:30Cette rencontre est destinée à discuter des 18 propositions d’articles retenues par le comité de rédaction de la revue Techniques&Culture en mai 2018 pour le numéro 71 « Technographies ». Chaque auteur (ou couple d’auteurs) aura dix minutes maximum pour présenter son projet. Les présentations seront suivies d’une heure trente de discussion collective selon le nombre de propositions présentées. TechnographiesEn mettant à l’honneur ce que l’on pourrait appeler la « technographie » – désignant l’ensemble des procédés d’écriture des techniques –, le numéro 71 vise une double finalité : penser l’évolution des pratiques des spécialistes des techniques tout en assurant leur transmission en direction de celles et ceux qui souhaitent s’engager sur la même voie.Le numéro comportera deux ensembles de textes. Les premiers seront des contributions théoriques et historiographiques relatives aux étapes clés du processus qui va de l’expérience de terrain, au contact avec les « matières premières » – les faits techniques –, à la réception par les publics des documents qui en sont issus. Il s’agira non seulement de faire un état des lieux des techniques de documentation, d’analyse, d’archivage et de mise en circulation des faits techniques, mais aussi d’en retracer les trajectoires tout en identifiantles angles morts et les questionnements demeurés en friche, près d’un demi-siècle après l’émergence de la « technologie culturelle ». Le second sera composé de préconisations, sous forme de « notices », constituant les éléments d’un manuel de terrain, prioritairement destiné aux novices mais également susceptible d’intéresser des spécialistes souhaitant ajouter des cordes à leur arc. Entrée gratuite sur inscription : i2mp@mucem.org (...)

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Appel à contributions « Musées et mondes numériques »

Appel à communication - Lundi 01 octobre 2018 - 00:00La revue Culture & Musées lance un appel à projet d'articles pour un numéro thématique « Musées et mondes numériques », à paraitre en 2020, sous la direction de Milad Doueihi et Florence Andreacola.L’objectif de ce numéro est de relire trois fondamentaux du musée que sont la collection, l’exposition et le public au regard de la culture numérique de manière critique et réflexive. Il s’adresse à des chercheurs en muséologie ainsi qu’à tous les chercheurs qui traitent du patrimoine, des archives, de la documentation, des institutions culturelles, des industries de la culture, des accès et de l’utilisation des données culturelles, ouvertes et/ou publiques. Les textes attendus pour ce numéro pourront s’intégrer dans l’un de ces trois axes, ceux-ci n’étant pas exclusifs les uns des autres : - De la mise à disposition de données numériques au hackathon des données culturelles publiques, - De l’exposition des œuvres et des objets à la mise en scène des données, - Du scénario de visite à la mise en scène de soi. (...)

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