CECI n'est pas EXECUTE Centre Norbert Elias : Essais de bricologie : 3 et 4 juin 2014

Les journées d'études, les colloques, les séminaires | Journées d'études/Séminaires

Essais de bricologie : 3 et 4 juin 2014

Ethnologie de l’art et du design contemporain

Le numéro 63 de Techniques & Culture, intitulé « Essais de bricologie », cherche à définir une « ethnologie du design et de l’art contemporains ». Ces domaines de création constituent en effet pour les chercheurs en sciences humaines, et plus particulièrement en ethnologie, des terrains à la fois assez neufs à explorer et potentiellement très fertiles. D’abord, parce que les designers et surtout les artistes contemporains s’intéressent de près à l’ethnologie et adoptent même, pour certains, une démarche d’ethnographe, où l’enquête et la documentation sont les méthodes essentielles de leur production. Il est important d’établir le diagnostic de cet intérêt des artistes pour la recherche en sciences humaines. Ensuite, la mondialisation et la situation post-coloniale ont eu pour effet, dans le domaine de l’art et du design, de multiplier les acteurs et les lieux d’expression artistique, si bien que la dialectique entre le centre et la périphérie du monde de l’art (l’Europe et les États-Unis versus le reste du monde) s’est effondrée, ou plutôt s’est diffractée en de multiples pôles disséminés par tout dans le monde. Enfin, de nombreuses démarches incarnées par les designers et les artistes contemporains ne sont pas adéquatement traitées avec les outils conceptuels de l’histoire ou de la critique de l’art et du design. Les méthodes et les concepts des chercheurs en sciences humaines peuvent, au contraire, jeter sur ces démarches contemporaines un éclairage tout à fait nouveau et enrichissant. On peut distinguer trois directions où ces éclairages peuvent faire apparaître des résultats : en direction des objets, des acteurs et des pratiques.

Objets : l’art et le design d’aujourd’hui ne proposent plus seulement des tableaux à contempler et des chaises pour s’asseoir, mais des protocoles, des modes de vie, des pièces à activer, des outils, etc. Le statut de l’objet s’est considérablement renouvelé. Or, parallèlement, les recherches sur la culture matérielle et sur l’objet dans les sociétés d’aujourd’hui sont devenues dominantes en ethnologie et dans plusieurs sciences humaines. On pourra ainsi se demander ce que veut dire l’affordance ou l’agentivité d’une œuvre de design ou d’art contemporain, à titre d’exemple.

Acteurs : les théories de l’acteur-réseau et l’anthropologie symétrique ont permis, parmi d’autres, de proposer d’autres façons de concevoir les relations sociales qu’en opposant l’individu et la société, l’humain et la nature. Dans le domaine de la création, la remise en cause de l’auteur, dans les années 60, le développement des collectifs aujourd’hui, la complexification des étapes nécessaires à la production d’une pièce ont élargi considérablement le nombre et la qualité des acteurs nécessaires à son existence. Pourtant, la critique d’art et le discours médiatique continuent comme avant à centrer toute leur attention sur l’artiste ou sur le designer. Les démarches scientifiques citées, et d’autres, pourront aider à dépasser ce problème.

Pratiques : terme central des sciences humaines, il l’est aussi des domaines de la création. Pourtant il semble y avoir un hiatus : si les sociologues et les ethnologues semblent s’intéresser surtout aux pratiques coutumières, récurrentes, banales presque, les historiens et les critiques d’art et de design semblent étudier des pratiques exceptionnelles car hautement individualisées. Isoler une chaîne opératoire était, pour Leroi-Gourhan, une manière d’identifier une culture commune ; comment faire pour que décrire la chaîne opératoire d’un artiste soit autre chose que d’établir la séquence de ses gestes devant son tableau ou son ordinateur, dans son atelier ? Une anthropologie des techniques d’un designer ou d’un artiste est-elle possible ?

Ces points fournissent les repères à partir desquels les contributeurs du numéro Essais de bricologie élaboreront la trajectoire de leur problématique propre. En préparation à ce recueil, Techniques & Culture organise deux journées d’études, dans les locaux du Centre Norbert Elias, à la Vieille Charité, à Marseille. Ces deux journées seront l’occasion pour les chercheurs retenus de présenter le premier jet de leur argument, d’échanger points de vue et idées, et de constituer la structure d’ensemble du numéro.

EHESS
CNRS
Université D'Avignon
Aix-Marseille

flux rss  Actualités

"Mon corps m'appartient" ( ?) L'enjeu du corps et l'apport des sciences sociales au débat bioéthique

Journée(s) d'étude - Jeudi 17 mai 2018 - 09:30 Le cinquantenaire de Mai 68 nous rappelle que la formule « Mon corps m’appartient » s’est alors imposée au sein du nouveau mouvement féministe pour exprimer le sentiment d’une aliénation persistante malgré l’égalité des droits politiques, exprimer l’aspiration des nouvelles générations de femmes à une profession autonome et à leur émancipation au sein de la sphère privée  et familiale, et en particulier revendiquer la légitimité du recours à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).(...)

Lire la suite

"Mon corps m'appartient" ( ?) L'enjeu du corps et l'apport des sciences sociales au débat bioéthique

Journée(s) d'étude - Jeudi 17 mai 2018 - 09:30 Le cinquantenaire de Mai 68 nous rappelle que la formule « Mon corps m’appartient » s’est alors imposée au sein du nouveau mouvement féministe pour exprimer le sentiment d’une aliénation persistante malgré l’égalité des droits politiques, exprimer l’aspiration des nouvelles générations de femmes à une profession autonome et à leur émancipation au sein de la sphère privée  et familiale, et en particulier revendiquer la légitimité du recours à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).(...)

Lire la suite

Projection et débat autour du film « Le patient éclairé »

Projection-débat - Mercredi 18 avril 2018 - 16:00A l'occasion de la journée internationale du droit des patients, une projection du film « le patient éclairé » par Laura Taubman est proposée et sera suivie d'un débat autour du thème « Quelle autonomie de décision du patient face au cancer? », mercredi 18 avril 2018.Programme16h00 : projection du film au cinéma LE MIROIR, La Vieille Charité, 13002 Marseille16h40 : débat sur le thème Quelle autonomie de décision du patient face au cancer?En présence deLaura Taubman, doctorante en anthropologie et réalisatricePr Dominique Maraninchi, professeur en cancérologieDr Julien Mancini, chercheurDr Marie Bannier, chirurgienneDr Jean-François Moulin, oncologueMadame Carole Linon, ancienne patiente et bénévole de l'association Restart...et d'autres invités...INSCRIPTION GRATUITE MAIS OBLIGATOIRE SUR :www.canceropole-paca.comRENSEIGNEMENTS :canceropole-paca@univ-amu.fr ou 04 91 32 47 00 (...)

Lire la suite

Plus d'actualités

École des hautes études en sciences sociales

Centre de la Vieille Charité
2, rue de la Charité
13002 Marseille

tél. : 04 91 14 07 27