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Anne-Sophie Giraud

Anne-Sophie Giraud

 

Thèse soutenue le 23 novembre 2015 à l'EHESS Paris sous la direction d'Irène Théry (Centre Norbert Elias - EHESS) et de Dominique Memmi (Cultures et sociétés urbaines – Université Paris 8).

Titre de la thèse  :

Les statuts de l'être anténatal, un processus d'humanisation "relationnel" - Assistance médicale à la procréation et mort périnatale.
 

Résumé  de la thèse :

Nous observons dans les sociétés démocratiques occidentales depuis les années 1960 et 1970 une profonde métamorphose des représentations de l’embryon et du fœtus ainsi que des pratiques sociales, en particulier médicales et familiales, impliquant ces êtres au statut âprement discuté. Ces transformations se produisent au croisement de deux phénomènes majeurs : les métamorphoses de la parenté et le développement des techniques de la reproduction.

La situation actuelle paraît à la fois incertaine, instable et problématique car elle est au croisement de deux mouvements qui semblent contradictoires : un mouvement de « personnalisation » et de « dépersonnalisation » de l’être prénatal. D’une part en effet, un certain nombre de pratiques institutionnelles et privées développées autour de la naissance et de la mort périnatale tendent aujourd’hui à ménager au fœtus une existence dans l’espace public, allant dans le sens d’une « personnalisation » de celui-ci et contraignant le droit à certains arrangements. Ces transformations s’inscrivent dans un mouvement plus large d’institution croissante du fœtus et du mort-né qui a débuté au tournant des années 1980-1990 et qui touche désormais la plupart des pays européens. D’autre part, il est impératif de noter qu’un autre mouvement plus ancien et aux objectifs apparemment contradictoires, entrainant des tensions normatives, est aussi observable. Amorcé en 1975 avec la dépénalisation de l’avortement mais aussi l’assouplissement progressif des lois de bioéthique de 1994 sur le statut de l’embryon in vitro (recherche autorisée, destruction possible, etc.), ce mouvement va dans le sens d’une « dépersonnalisation » de l’être prénatal.

Ces différents exemples mettent en exergue la difficulté non seulement de penser mais aussi d’attribuer un statut à cette « condition fœtale » (Boltanski : 2004) au sein des sociétés modernes. Elles sont mises au défi de penser à nouveaux frais les rapports entre la procréation, l’engendrement et la parenté ainsi que le rapport entre l’entrée des êtres dans la parenté et plus généralement leur inscription dans l’humanité. Nous faisons l’hypothèse qu’il est possible de rendre compte de ce double mouvement de « personnalisation » et de « dépersonnalisation » de l’être prénatal en montrant qu’il dessine en réalité les deux pôles d’un même grand dilemme engageant non pas l’être prénatal « isolé », mais bien la (les) relation(s) que d’autres personnes peuvent ou pourraient entretenir avec lui.

L'objectif central de l'étude sera donc de s'interroger, non pas sur le statut de l'embryon et du fœtus « en soi », en l'appréhendant seulement à travers un ensemble de propriétés physiques et symboliques, mais sur la manière dont ils sont socialement institués à travers un ensemble de statuts relationnels, en particulier ceux qui les placent (ou non) dans le système de parenté.

Domaines de recherche :

Anthropologie des techniques médicales de procréation

Anthropologie de l’embryon et du fœtus, de la mort, de la parenté

Formation :

Juin 2011 : « Quand la mort termine une vie mais pas une relation. Transformations du vécu parental de la mort périnatale en France », Université de Provence, mémoire de master 2, sous la direction de Christophe Pons.

Publications

  • 2014a (à paraître), « L’embryon humain en AMP, élément pour une approche relationnelle », in Enfances, familles, générations, n°21 « Parenté et techniques médicales de reproduction : quels enjeux en suspens ? ».
  • 2014b (à paraître), « Le corps embryonnaire et fœtal dans une approche relationnelle », in Recherches familiales, n°11 « famille et corps : identité et transmission ».

Communications

  • 23 janvier 2014, MMSH (Aix-en-Provence), atelier EFiGies Aix-Marseille, « Statut de l’embryon et du fœtus : que faire du genre dans ma recherche ? ».
  • 2 décembre 2013, Université Toulouse 2 Le Mirail – EHESS, journée d’études, « Parenté et genre dans les techniques médicales de procréation », « L’embryon en AMP, des représentations complexes et enfant potentiel et pur matériau organique ».
  • 10 mai 2012, EHESS Marseille, journée d’étude « Cachez ce corps que je ne saurais voir ? Les sciences sociales face à la question du « biologique » », organisé par Irène Théry (CNE), « L’embryon dans l’AMP avec et sans donneur : éléments pour une approche relationnelle ».
  • 20 octobre 2011. Avignon, Journées doctorales du Centre Norbert Elias organisée par Jean-Baptiste Xambo et Marco Tocilovak, « Devenir « humain », engendrement et parenté : les statuts du fœtus et de l’embryon aux confins de la conception et de la naissance ».
EHESS
CNRS
Université D'Avignon
Aix-Marseille

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