Le Centre Norbert Elias

Le mot du directeur

Comment analyser le monde social à l’heure de la globalisation ? Cette question ne se pose plus seulement aux anthropologues et aux sociologues, mais concerne aussi les historiens. Nous partageons un ensemble de défi pour analyser et penser le monde social en prenant en compte les jeux d’échelle, en étant sensible à la question des circulations, en étant attentif aux réseaux multiples qui façonnent une réalité sociale.

Que faire des outils conceptuels classiques qui sont passés à l’examen critique ces trois dernières décennies ? Étudie-t-on une société nationale, une classe sociale, un groupe ethnique ou une culture ? Doit-on continuer à privilégier la réflexion à l’intérieur d’une aire culturelle ? À quelle échelle doit-on analyser la réalité sociale ?

Toutes ces questions fédèrent les chercheurs de notre laboratoire qui ont conscience de l’importance de la circulation, des flux et des réseaux dans la construction du monde social. Ces prises en compte ont des incidences sur la manière de concevoir notre objet de recherche et de faire parler nos corpus empiriques.

Le tournant critique initié dans les années 1990 nous amène à redéfinir certains enjeux théoriques et méthodologiques des sciences sociales. Pour ce faire, nous sommes persuadés de l’unité des sciences sociales et nous privilégions les études qualitatives et empiriques et notre démarche collective de recherche donne une place de premier plan à la comparaison entre disciplines, entre sociétés et entre aires culturelles. Ces questions nous fédèrent en particulier autour de l’écriture où l’on s’interroge sur le statut de l’objectivité, la réflexivité ou encore sur les différentes stratégies narratives dans les sciences sociales.

Telles sont quelques grandes questions qui animent le projet intellectuel du Centre Norbert Elias.

Nous sommes les héritiers d’une tradition intellectuelle qui s’est développée au sein de l’EHESS autour de chercheurs ayant laissé une empreinte significative sur des questions épistémologiques (Jean-Claude Passeron, Jean-Pierre Olivier de Sardan, Jean-Louis Fabiani). Et nous possédons un potentiel de recherche pour participer à  ces débats qui sont au coeur du renouvellement des frontières entre disciplines, autour des jeux d’échelles, du dépassement des aires culturelles ou de l’histoire croisée.

Nos chercheurs mènent des travaux empiriques dans plusieurs aires culturelles en Europe, en Afrique, mais aussi en Asie. Ils cherchent notamment à développer des projets sensibles aux circulations, aux flux, aux mouvements et au changement social qui ne se limitent plus à la mobilisation de notions qui répondent à des découpages spatio-temporel canoniques.

Boris Pétric

Bibliographie

Jean-Claude Passeron & Jacques Revel (dir.), Penser par cas, Paris, Éditions de l’EHESS (coll. Enquête) 2005.

Jean Claude Passeron, Le raisonnement sociologique. Un espace non poppérien de l'argumentation (nouvelle édition revue et augmentée), Paris, Albin Michel, 2006 (1re édition Nathan, 1991).

Irène Théry & Pascale Bonnemère (dir.), Ce que le genre fait aux personnes, Paris, Éditions de l’EHESS (coll. Enquête), 2008.

Jean-Pierre Olivier de Sardan, La rigueur du qualitatif. Les contraintes empiriques de l'interprétation socio-anthropologiques, Louvain-La-Neuve, Bruylant-Academia, 2008.

Jean-Louis Fabiani, La sociologie comme elle s'écrit. De Bourdieu à Latour, Paris, Éditions de l'EHESS (coll. Cas de figure), 2015.

 

 

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