CECI n'est pas EXECUTE Centre Norbert Elias : Espaces et objets politiques

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Espaces et objets politiques

Coordinateurs : Christine Demmer et Marion Fontaine

Le domaine « Espaces et Objets politiques » fédère principalement des anthropologues et des historiens des époques moderne et contemporaine. Elle est coordonnée depuis 2013 par une anthropologue de Marseille (Christine Demmer) et une historienne d’Avignon (Marion Fontaine).

Traditionnellement, les Etats-nations d’Europe et ceux postcoloniaux sont au cœur des travaux des membres de l’équipe. Ils en étudient les étapes de formation, le fonctionnement des institutions mais observent également les espaces de leur contestation ainsi que les lieux de contre-pouvoir - signe que le politique s’entend ici dans les rapports de pouvoir, dans la capacité à faire évoluer les sociétés et les Etats.

L’approche du politique par les chercheurs du domaine ne privilégie donc pas les études « par le haut » (l’angle des institutions et de l’Etat), elle s’ancre également dans des analyses « par le bas » (le point de vue des dominés ou plus largement des acteurs ordinaires, analyses initiées du côté des études postcoloniales et des subaltern studies). Mais, pour l’équipe, l’essentiel est de travailler à l’articulation de ces deux perspectives : en veillant par exemple à la réception et la reformulation des politiques publiques par la société civile ou encore aux reconfigurations entraînées par les mobilisations sociales formelles et informelles. De même, la compréhension des dynamiques du politique passe par la volonté de revisiter les lieux institutionnels par la pratique des acteurs en leur sein voire de repenser la question des normes à travers leurs applications concrètes. A ce titre, ni la pluridisciplinarité qui caractérise l’équipe, ni la diversité des terrains (l’espace méditerranéen, l’Europe occidentale, les espaces postcoloniaux), pas plus que celle des objets (l’administration fiscale, les relations le clientélisme, la corruption, les liens entre certains secteurs de l’économie et l’Etat, les processus de patrimonialisation, la fabrique des identités culturelles infra étatiques dans un cadre européen comme postcolonial, etc…) ne constituent un obstacle à la construction d’une réflexion commune.

Pour le quinquennal en cours (2014-2019), notre ambition est de poursuivre le dialogue « haut/bas » dans la description du politique tout en menant une réflexion d’ordre épistémologique concernant les échelles d’analyse mobilisées dans nos travaux. La mondialisation - et les connexions qu’elle a accélérées- nous invite en effet à interroger désormais avant tout l’articulation entre le niveau local et global, en passant par l’échelle nationale. L’Etat (espace politique si ce n’est de référence pour les citoyens, du moins à partir duquel ils se positionnent) demeure un objet d’étude fédérateur pour l’équipe. Il est cependant - plus encore qu’auparavant - posé comme problème : il est questionné par les déplacements plus marqués des lieux de pouvoir et interrogé dans son imbrication avec d’autres espaces politiques– voire dans sa fragmentation.L’on ne peut que constater en effet l’augmentation des mobilisations défendant des identités territoriales, en parallèle du développement des institutions supranationales (gouvernementales mais également ONG ou encore multinationales). Dans ces conditions, face au défi des interrelations toujours plus soutenues et plus étendues et des stratégies de replis en réaction, il importe d’adopter des protocoles d’enquêtes et d’analyses adaptées. Il convient d’envisager le local dans la manière dont il est travaillé par ce qui se passe à d’autres échelles. Par ailleurs, il faut se demander de quel(s) local(s) une institution à visée globalisante – a fortiori analysée sous l’angle microsocial - est le nom ?

Pour répondre à ces questions, l’équipe organise des sessions de travail où sont interrogées, par exemple, aussi bien les vertus et les écueils de l’enquête multi-située (ce qui est une manière spécifique de réfléchir à la comparaison, thème cher au Centre Norbert Elias) que les apports respectifs de notions « localisées » telles celles de « situation», « d’arène » ou encore de « configuration » qui peuvent inspirer nos descriptions ancrés dans des espaces géographiques et sociaux jamais vraiment clos sur eux-mêmes. Quant aux séances dédiées à la restitution de nos travaux, elles entendent mettre en valeur l’étude des interactions entre acteurs institutionnels et non institutionnels en envisageant leur inscription dans des groupes et réseaux locaux, nationaux ou encore transnationaux. 

Chercheurs et enseignants-chercheurs du domaine

Bruno Bertherat (MC UAPV); Giorgio Blundo (DE EHESS); Jean-Luc Bonniol (PREM AMU); Jean Boutier (DE EHESS); Thomas Cantens (CR OMD); Christian Culas (CR IHEID); Christine Demmer (CR CNRS); Stéphane Durand (PR UAPV); Marion Fontaine (MC UAPV); Benjamin Landais (MC UAPV); Céline Lesourd (CR CNRS); Frédéric Monier (PR UAPV); René Moulinas (PREM UAPV); Natalie Petiteau (PR UAPV); Boris Pétric (DR CNRS); Olivier Rouchon (MC UAPV); Valeria Siniscalchi (MC EHESS); Françoise Thébaud (PREM UAPV); Arundhati Virmani (IE EHESS); Chantal Wionet (MC UAPV).

Centre Norbert Elias
EHESS - Campus Marseille
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