Les domaines de recherche

Espaces et objets politiques

Coordinateurs : Christine Demmer et Marion Fontaine

Le domaine « Espaces et Objets politiques » fédère principalement des anthropologues et des historiens des époques moderne et contemporaine. Elle est coordonnée depuis 2013 par une anthropologue de Marseille (Christine Demmer) et une historienne d’Avignon (Marion Fontaine).

Chercheurs et enseignants-chercheurs du domaine :

Bruno Bertherat (MC UAPV); Giorgio Blundo (DE EHESS); Jean-Luc Bonniol (PREM AMU); Jean Boutier (DE EHESS); Thomas Cantens (CR OMD); Christian Culas (CR IHEID); Christine Demmer (CR CNRS); Stéphane Durand (PR UAPV); Marion Fontaine (MC UAPV); Benjamin Landais (MC UAPV); Céline Lesourd (CR CNRS); Frédéric Monier (PR UAPV); René Moulinas (PREM UAPV); Natalie Petiteau (PR UAPV); Boris Pétric (DR CNRS); Olivier Rouchon (MC UAPV); Valeria Siniscalchi (MC EHESS); Françoise Thébaud (PREM UAPV); Arundhati Virmani (IE EHESS); Chantal Wionet (MC UAPV).

Traditionnellement, les Etats-nations d’Europe et ceux postcoloniaux sont au cœur des travaux des membres de l’équipe. Ils en étudient les étapes de formation, le fonctionnement des institutions mais observent également les espaces de leur contestation ainsi que les lieux de contre-pouvoir - signe que le politique s’entend ici dans les rapports de pouvoir, dans la capacité à faire évoluer les sociétés et les Etats.

L’approche du politique par les chercheurs du domaine ne privilégie donc pas les études « par le haut » (l’angle des institutions et de l’Etat), elle s’ancre également dans des analyses « par le bas » (le point de vue des dominés ou plus largement des acteurs ordinaires, analyses initiées du côté des études postcoloniales et des subaltern studies). Mais, pour l’équipe, l’essentiel est de travailler à l’articulation de ces deux perspectives : en veillant par exemple à la réception et la reformulation des politiques publiques par la société civile ou encore aux reconfigurations entraînées par les mobilisations sociales formelles et informelles. De même, la compréhension des dynamiques du politique passe par la volonté de revisiter les lieux institutionnels par la pratique des acteurs en leur sein voire de repenser la question des normes à travers leurs applications concrètes. A ce titre, ni la pluridisciplinarité qui caractérise l’équipe, ni la diversité des terrains (l’espace méditerranéen, l’Europe occidentale, les espaces postcoloniaux), pas plus que celle des objets (l’administration fiscale, les relations le clientélisme, la corruption, les liens entre certains secteurs de l’économie et l’Etat, les processus de patrimonialisation, la fabrique des identités culturelles infra étatiques dans un cadre européen comme postcolonial, etc…) ne constituent un obstacle à la construction d’une réflexion commune.

Pour le quinquennal en cours (2014-2019), notre ambition est de poursuivre le dialogue « haut/bas » dans la description du politique tout en menant une réflexion d’ordre épistémologique concernant les échelles d’analyse mobilisées dans nos travaux. La mondialisation - et les connexions qu’elle a accélérées- nous invite en effet à interroger désormais avant tout l’articulation entre le niveau local et global, en passant par l’échelle nationale. L’Etat (espace politique si ce n’est de référence pour les citoyens, du moins à partir duquel ils se positionnent) demeure un objet d’étude fédérateur pour l’équipe. Il est cependant - plus encore qu’auparavant - posé comme problème : il est questionné par les déplacements plus marqués des lieux de pouvoir et interrogé dans son imbrication avec d’autres espaces politiques– voire dans sa fragmentation.L’on ne peut que constater en effet l’augmentation des mobilisations défendant des identités territoriales, en parallèle du développement des institutions supranationales (gouvernementales mais également ONG ou encore multinationales). Dans ces conditions, face au défi des interrelations toujours plus soutenues et plus étendues et des stratégies de replis en réaction, il importe d’adopter des protocoles d’enquêtes et d’analyses adaptées. Il convient d’envisager le local dans la manière dont il est travaillé par ce qui se passe à d’autres échelles. Par ailleurs, il faut se demander de quel(s) local(s) une institution à visée globalisante – a fortiori analysée sous l’angle microsocial - est le nom ?

Pour répondre à ces questions, l’équipe organise des sessions de travail où sont interrogées, par exemple, aussi bien les vertus et les écueils de l’enquête multi-située (ce qui est une manière spécifique de réfléchir à la comparaison, thème cher au Centre Norbert Elias) que les apports respectifs de notions « localisées » telles celles de « situation», « d’arène » ou encore de « configuration » qui peuvent inspirer nos descriptions ancrés dans des espaces géographiques et sociaux jamais vraiment clos sur eux-mêmes. Quant aux séances dédiées à la restitution de nos travaux, elles entendent mettre en valeur l’étude des interactions entre acteurs institutionnels et non institutionnels en envisageant leur inscription dans des groupes et réseaux locaux, nationaux ou encore transnationaux. 

EHESS
CNRS
Université D'Avignon
Aix-Marseille

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La Position du chercheur

Colloque - Mercredi 08 novembre 2017 - 09:00Le colloque est co-organisé par l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée, le MuCEM et le Centre Norbert Elias. Il aura lieu les 8-9 et 10 novembre 2017Le positionnement éthique ou politique d’un chercheur se construit à travers ses méthodes de travail. En sciences humaines et sociales, ces méthodes sont autant de manières de faire au sein du discours. Elles mobilisent un ensemble de gestes et d’opérations qui concernent aussi la recherche artistique. C’est sur ces gestes partagés que nous souhaitons amener le dialogue entre recherches scientifiques et pratiques artistiques.Nous partons de la part commune de matérialité du travail de recherche – la confrontation avec les matériaux, les archives et les témoignages – pour susciter un dialogue autour des gestes de la collecte, des méthodes d’enquête, des formes d’écriture et d’exposition. Admettre que celles-ci ne traduisent pas seulement des résultats, mais constituent en soi des chantiers théoriques et artistiques, c’est ouvrir un espace d’échanges entre arts et sciences sociales.Notre démarche consiste davantage à décloisonner les discours qu’à interroger la spécificité de nos recherches respectives. L’enjeu est de penser la recherche en dehors des frontières disciplinaires afin de constituer un laboratoire de réflexivité et d’innovation offrant aux uns et aux autres la possibilité de déplacer son regard sur ses objets et ses pratiques.MERCREDI 8 NOVEMBRE 2017Centre de la Vieille Charité – Cinéma Le Miroir9h30 : mots d’ouverture, conseil scientifique.ENGAGEMENT ET DISTANTIATION : LE CHERCHEUR ET SON TERRAINModération : Boris Pétric (Centre Norbert Elias)Comment évaluer la proximité ou la distance par rapport à son sujet de travail ? L’implication du chercheur conditionne son intelligence des problèmes à étudier ou des situations à documenter. En témoignent de nombreuses réflexions sur le placement de la caméra, mais aussi sur la place des émotions dans l’énonciation historique, ou encore sur le rôle heuristique des procédés littéraires et des techniques théâtrales de distanciation. Ce dialogue entre chercheurs et artistes vise à interroger le caractère heuristiquement fécond de l’implication sensible du chercheur, ainsi que le rôle du désir dans le geste de chercher.10h00 : Philipe Bazin et Christiane Vollaire11h : Discussion11h30 : pause12h-13h : Kapwani Kiwanga 13h-15h : pause déjeunerModération : Vanessa Brito (ESADMM)15h-15h30 : présentation de la revue Sensibilités par Quentin Deluermoz (il nous faudra réserver une autre salle).16h projection de L’hypothèse du Mokélé Mbembé (1h18) et débat avec Marie Voignier.18h : pauseModération : (intervenant à confirmer)18h30-20h : projection et débat avec Jeff Silva JEUDI 9 NOVEMBRE 2017MuCEM – auditorium Germaine TillionISOLER, CADRER, CONFRONTER : ENJEUX DES GESTES DE LA COLLECTEModération : Lotte Arndt (ESAD Valence-Grenoble) et Dorothée Dussy (CNE) Comment se constitue un objet de recherche ? Tout commence, comme le rappelle Michel de Certeau, avec le geste de mettre à part. Les premiers gestes consistent à collecter, à isoler, à cadrer, à confronter des sources, à opérer des changements de focale. Ils ont une force qui leur est propre, ils fabriquent du sens. Quels effets cela produit sur nos possibilités de compréhension ? Comment un objet se transforme en document, en objet archéologique ou ethnographique ? Qu’est-ce qui se perd lors de cette transformation qui est aussi un abandon de liens et de possibles ? Un des objectifs sera de confronter les enjeux de différents gestes et pratiques de la collecte réalisées par des chercheurs et des artistes.9h30-11h30 : Mathieu Abonnenc (artiste), Romain Bertrand (historien), Benoît de l’Estoile (anthropologue).11h30 : pause12h-13h : Discussion DONNER VOIX, REPHRASER, MONTER : LA RECHERCHE DE FORMES D’ÉNONCIATIONModération : Nicolas Feodoroff (FID) et Aude Fanlo (MuCEM) (à confirmer)Comment faire parler des objets ? Comment prolonger la puissance de parole de voix isolées ou disparues ? Ces questions animent de nombreuses démarches artistiques. Elles sont aussi au cœur de l’anthropologie visuelle ou de la réflexion que certains historiens portent sur l’écriture de l’histoire, l’usage et le traitement de l’archive. Que l’on construise un récit littéraire, cinématographique ou historique, ces questionnements entraînent de nouveaux usages de la citation et de la paraphrase, du découpage et du montage, de la voix off et de la figure du narrateur. Ils produisent des formes d’énonciation plurielle qui donnent à l’objet de la recherche la possibilité de se constituer comme sujet et d’évaluer lui-même son propre statut. 14h30-17h : Patrick Boucheron (historien), Arlette Farge (historienne), Natacha Nisic (artiste), Caterina Pasqualino (anthropologue).17h : pause17h30-18h30 : DiscussionVENDREDI 10 NOVEMBRE 2017MuCEM auditorium Germaine Tillion TROUER LE RÉCIT CONTINU : ESPACES BLANCS, HISTOIRES POTENTIELLES ET CONTREFACTUELLESModération : Vanessa Brito (ESADMM)et Anna Dezeuze (ESADMM) Une manière de refuser le caractère nécessaire de l’état des choses est, pour les historiens, d’imaginer à partir de ce qui s’est amorcé mais non développé dans l’histoire, ce qu’aurait pu être le futur de ces passés inaboutis. Il est possible d’écrire une autre histoire à partir des avenirs non advenus – une histoire fictive, contrefactuelle, mais offrant des ressources à l’action, en dehors de l’évidence du présent. Ces expériences d’écriture en histoire, pratiquées parfois en anthropologie, peuvent alors rencontrer des expériences artistiques de mise en récit. Ce qui nous permettra d’interroger les usages artistiques du document et de l’archive, le statut de la fiction et les régimes de véridicité.9h30-11h45 : Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou (historiens), Vincent Meessen (artiste), Uriel Orlow (artiste).11h45 : pause12h15-13h : DiscussionL’EXPOSITION COMME FORME D’ÉCRITUREModération : Sylvie Collier (UAM) et Jean-Roch Bouiller (MuCEM)Exposer est une opération commune à l’artiste et au chercheur en sciences humaines et sociales. On expose des images, mais aussi une pensée et des arguments. Qu’il soit visuel ou textuel, le montage construit du sens, tisse des récits et propose une narration. Aujourd’hui, philosophes et historiens de l’art cherchent des points de convergence entre la forme-livre et la forme-exposition. Des anthropologues, sociologues et historiens co-construisent des expositions dans des musées de société. Le commissariat de recherche pose clairement la question de l’engagement de l’art par rapport à la connaissance et nous rend à l’évidence que laproduction du savoir est indissociable de ses formes de monstration et d’exposition. Une réflexion commune sur les enjeux de cette forme de narration ouvre encore un espace de dialogues entre nos recherches respectives.14h30-17h00 : Nadine Gomez (directrice du Musée Gassendi et du « Cairn »), Yann-Philippe Tastevin (anthropologue),  (artiste), Philippe Artières (historien).17h : pause17h30-18h30 : Discussion et clôture.(...)

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Séminaire Economie et Histoire

Séance spéciale de séminaire - Jeudi 19 octobre 2017 - 15:00L’historie et l’économie s’intéressent actuellement à l’ensemble des phénomènes sociaux. Leurs approches mobilisent à la fois des questionnements et des méthodes différentes. Le but de ce séminaire sera d’enrichir l’étude de ces objets partagés en confrontant approches et méthodes à partir de quelques dossiers thématiques. Ces dossiers comptent se focaliser, entre autres, sur la mobilité sociale et intergénérationnelle, le rôle du mariage, et l’impact de l’urbanisation sur des différents phénomènes sociaux.Le séminaire aura lieu un jeudi par mois, en alternance entre le Centre Norbert Elias et l’AMSE.Organisateurs : Jean Boutier, Cecilia Garcia-Peñalosa, Alain Trannoy, Arundhati Virmani.Séance du 19 octobre 2017Alain Trannoy - Questions de mobilité intergénérationnelle: Les élites françaises  Discutant : Jean Boutier> Voir le détail de la programmation à venir sur l'affiche(...)

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Rencontres musico-doctorales de Paris à Marseille

Rencontre - Jeudi 22 juin 2017 - 10:00Ces journées, organisées par le Centre Norbert Elias et le Centre Georg Simmel avec le soutien de l'EHESS, se donnent pour objectif de mettre en lumière des travaux de doctorant.e.s travaillant sur la musique.Vous trouverez dans le programme de ces rencontres des communications sur les thèmes de la programmation des musiques du monde, de l'apprentissage de la techno, du music-hall, mais bien d'autres encore. (...)

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École des hautes études en sciences sociales

Centre de la Vieille Charité
2, rue de la Charité
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