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Pauline Jarroux

Pauline Jarroux

 

Membre correspondant du Centre Norbert Elias depuis avril 2017  

Docteure en anthropologie sociale et ethnologie

Thèse soutenue le 25 mars 2017 sous la direction de Giorgio Blundo, Centre Norbert Elias, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

Associée au Programme ANR franco-allemand MOPRACS « Modèles, pratiques et cultures scolaires en Afrique de l’Ouest francophone », coordonné par Hélène Charton et Sarah Fichtner.

    

Titre de la thèse : Faire l’école au quotidien au Bénin. Une ethnographie des chefs de circonscriptions scolaires.

Jury :

M. Thomas Bierschenk (Université de Mainz, Allemagne), M. Giorgio Blundo (EHESS, directeur de thèse), Mme Hélène Buisson-Fenet (CNRS), Mme Hélène Charton (CNRS),  M. Jean-Alain Goudiaby (Université de Ziguinchor, Sénégal), M. Jean-Pierre Olivier de Sardan (EHESS)

 

Domaines de recherche

  • Anthropologie de l’administration et des services publics

  • Fait scolaire en Afrique de l’Ouest

Aire culturelle

Afrique de l’Ouest

    

Résumé de la thèse

J’ai entrepris en décembre 2011 un travail de thèse en anthropologie sociale sous la direction de Giorgio Blundo. D’abord centrée sur la place de l’école « au village » et les cultures et pratiques scolaires locales au Bénin, ma problématique s’est progressivement déplacée pour questionner le fonctionnement quotidien de l’administration scolaire déconcentrée. J’ai ainsi mené une enquête ethnographique de quinze mois dans deux circonscriptions scolaires situées au nord et au sud du pays, comptant chacune une centaine d’écoles primaires publiques placées sous la direction d’un inspecteur et de ses conseillers pédagogiques. Mes données reposent principalement sur l’observation, dans les bureaux des inspections, lors des réunions administratives, des formations à destination des enseignants ou pendant les visites et inspections de classes. En dehors des nombreuses discussions informelles, une centaine d’entretiens formels a également été menée auprès d’une trentaine d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques, en poste ou retraités, d’enseignants, de directeurs d’écoles et de représentants locaux de syndicats, d’agents du ministère et des directions départementales de l’enseignement, d’élus locaux et de parents d’élèves. Enfin, l’étude s’est nourrie d’un important travail de recherche documentaire et législative sur le fonctionnement du système éducatif béninois et les attributions des inspecteurs, que j’ai réinscrits dans une perspective socio-historique au moyen de la consultation d’archives à Porto Novo au Bénin et en France à Aix-en-Provence.

Ma thèse s’intitule « Faire l’école au quotidien au Bénin. Une ethnographie des chefs de circonscriptions scolaires ». A travers une anthropologie de l’ordinaire bureaucratique de l’administration scolaire locale, j’interroge plus spécifiquement la mécanique de l’autorité au quotidien des inspecteurs et des conseillers pédagogiques. Je conçois l’autorité dans son acception large comme la capacité, reconnue comme légitime, à exercer un pouvoir, à prendre et mettre en œuvre des décisions. Quant à l’Etat, plutôt qu’un donné a priori de la recherche, il est pensé comme une construction sociale, objet et enjeu de luttes de la part de multiples autorités revendiquant une part du pouvoir légitime. C’est de cette manière que j’ai étudié les rapports entre les divers acteurs locaux engagés dans le fonctionnement de l’école, comme les élus locaux, les syndicats, les parents etc. … Ma thèse rend ainsi compte de la construction, par le bas, de l’autorité des chefs, dans sa dimension historique et pleinement processuelle, non pas seulement face aux enseignants, mais aussi face à d’autres acteurs de l’arène scolaire locale.

La thèse est divisée en trois parties, elles-mêmes divisées en trois chapitres chacune. La première partie aborde les dynamiques, non linéaires, de construction des circonscriptions comme des administrations dotées de règles et de mandats spécifiques, de professionnels et de moyens particuliers. Depuis la colonisation jusqu’à la récente managérialisation et aux politiques de l’ « Education pour tous », je montre comment la place et le rôle des inspecteurs dans la gestion de l’école ont évolué, ainsi que les pouvoirs formels qui leur ont été attribués et les moyens mis à leur disposition.

Dans une seconde partie, je questionne la place de la circonscription et des inspecteurs dans la gouvernance locale de l’école et les relations entretenues avec différents acteurs de l’arène scolaire. Je montre comment l’analyse de la gestion locale de l’école peut être lue comme un jeu entre autorités multiples – le ministère à Porto Novo, les syndicats d’enseignants, les élus locaux – face auxquelles inspecteurs et conseillers négocient leur autorité bureaucratique et tentent de faire valoir leur pouvoir légitime.

La troisième partie analyse la relation d’autorité liant les enseignants aux inspecteurs, à travers le cas des visites et inspections de classe et le traitement des enseignants défaillants. Dans une perspective interactionniste, je montre comment le pouvoir se négocie aussi dans les salles de classe, face à certains enseignants dont les multiples ressources – sociales, politiques, culturelles – en font, eux aussi, des autorités potentiellement concurrentes.

 

Bibliographie

Articles dans revue

  • 2018, (soumis pour l’ouvrage l’Afrique Politique), « Quelle école pour quel Etat ? Les inspecteurs et les contradictions de la gestion quotidienne des enseignants au Bénin »
  • 2017, (accepté pour la revue des CRES), « Les visites de classe des « chefs » au Bénin : enjeux bureaucratiques, ethos professionnels et négociations de l’autorité ».
  • 2015, avec Sarah Fichtner, « La micropolitique de l'école primaire au Bénin. Une ethnographie combinée des directeurs et inspecteurs », Politique Africaine, n°139: 63-81.

Direction d’ouvrages ou de numéros de revues

  • 2017, (Coordination du numéro 18 de la Revue des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs) « L’école en milieux contraints »,avec Fanny Salane et Clothilde Hugon. A paraître en 2019.
  • 2017, (en préparation), ouvrage collectif sur les acteurs et espaces de l’école en Afrique, à publier en 2018-2019 aux Editions Karthala.
  • 2017, (Coordination d’un dossier spécial dans la Revue des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs (CRES) à la suite du Colloque international), « Gouverner l’école aux Suds », avec Hélène Charton et Mame Fatou Sène. A paraître en 2018.

Coordination scientifique et animation de la recherche

  • 2017-2018 : Membre du comité d’organisation des 4èmes Rencontres des Jeunes Chercheur.e.s en Etudes Africaines (Jcea)
  • 2017  : Co-organisation du panel « African Bureaucrats and Emotions at Work », European Conference on African Studies (Ecas), Bâle, Suisse, 29.06 - 01.07.2017.
  • 2017: Co-organisation des séminaires de l’Ares (Association pour la Recherche sur l’Education et les Savoirs). Thème : « L’école hors l’Ecole ».
  • Oct.2015 / Mars 2016 : Co-organisation de deux ateliers d’écriture en vue de la préparation d’un ouvrage collectif sur l’école en Afrique, à publier aux éditions Karthala (2017).
  • Oct.2015 : Coordination de l’atelier « Ethnographier l’action publique ‘localisée’ dans un monde ‘globalisé’ », avec Céline Ségalini, 2èmes Rencontres Annuelles d’Ethnographie de l’Ehess, Paris, France, 15-16. 10.2015.
  • 2015 : Membre du comité d’organisation des 2èmes Rencontres Annuelles d’Ethnographie de l’Ehess, Paris, France, 15-16. 10.2015.
  • 2015 : Membre du comité d’organisation du Colloque international « Gouverner l’école aux Suds. Acteurs, Politiques, Pratiques », Bordeaux, France, 5-7.2.2015.
  • 2015 : Organisation du colloque international: « Gouverner l'école aux Suds. Politiques, acteurs et pratiques », avec Hélène Charton, Sarah Fichtner, Clothilde Hugon et Mame Fatou Sene, 05.-07.02.2015, LAM, Bordeaux, France.

 

Communications

  • 2017, Conférence invitée « Ethnography : Field experience and research methodology », American University of Paris, 8.05.2017.
  • 2017 : Conférence invitée : "Etudier l’école au Bénin : une entrée par l’anthropologie de l’administration scolaire", conférence de méthode "Sociologie et anthropologie de l’école», Université Paris VII Diderot, 7.03.2017.
  • 2016 : Communication aux 4èmes Rencontres des études africaines en France (Reaf), Paris : "Quelle école pour quel Etat ? Réflexions à partir des pratiques des inspecteurs et conseillers pédagogiques de l’enseignement primaire au Bénin", 5-7.07.2016.
  • 2015 : Communication au colloque international de l’Apad à Cotonou, Bénin : "L’amélioration de la qualité « par le bas » : encadrer, normaliser et contrôler le fonctionnement de l’administration scolaire locale au Bénin", 17-20.11.2015.
  • 2015, Présentation à l‘Oxford Ethnography and Education conference à Oxford, UK: "Studying local school governance in Benin. A combined ethnography", avec Sarah Fichtner, 21.9.-23.9.2015.
  • 2015, Présentation à la European Conference on African Studies (ECAS) à Paris en France " Emotional rationalities and the school district officers in Benin: between new professional ethics and social considerations",  08.-10.07.2015
  • 2015, Présentation au Séminaire Doctoral Européen de l'APAD à Copenhague au Danemark "La production de la sanction par l'administration scolaire locale au Bénin" 2.6.2015.
  • 2015, Présentation au Colloque International "Gouverner l'école aux Suds. Acteurs, Politiques, Pratiques", Bordeaux: "Du gendarme au conseiller? Le corps d'encadrement et les visites de classe dans l'administration scolaire au Bénin". 5.02.2015.
  • 2015, Présentation au séminaire de recherche "Education et savoirs au Sud" de l'Association pour la recherche sur l'éducation et les savoirs (ARES) au Centre Population et Développement (CePed), Paris, "La gestion locale de l'école primaire au Bénin: l'administration scolaire déconcentrée et la production de la sanction". 8.01.2015.
  • 2014, Présentation aux Rencontres Annuelles d'Ethnographie de l'EHESS, Paris: "Ethnographier la gouvernance locale de l'école au Bénin. Avantages et difficultés d'une approche combinée", avec Sarah Fichtner. 7.11.2014.
  • 2014, Présentation au séminaire Anthropologie des gouvernances et des actions publiques dans les pays du Sud, EHESS Marseille: "On est entre nous. "Double jeu" de l'administration scolaire locale au Bénin et rapport aux normes", 26.3.2014
  • 2013, Présentation aux Cafés Sciences du CEFORP à Cotonou au Bénin « La Circonscription scolaire et la gestion de l'école primaire au Bénin » 18.7.2013
  • 2013, « Le rôle de la Circonscription Scolaire dans la gestion de l’école primaire au Bénin », Journées d’Etudes Observer et comprendre les logiques de l’action publique en éducation en Afrique, SciencesPo Bordeaux-LAM, Bordeaux, 11-12 avril 2013.
  • 2013, « La Circonscription scolaire, une « courroie de transmission » dans la gestion de l’école primaire au Bénin ? », Séminaire Doctoral Européen, Bordeaux, 23-24-25 mai 2013.
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La Position du chercheur

Colloque - Mercredi 08 novembre 2017 - 09:00Le colloque est co-organisé par l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée, le MuCEM et le Centre Norbert Elias. Il aura lieu les 8-9 et 10 novembre 2017Le positionnement éthique ou politique d’un chercheur se construit à travers ses méthodes de travail. En sciences humaines et sociales, ces méthodes sont autant de manières de faire au sein du discours. Elles mobilisent un ensemble de gestes et d’opérations qui concernent aussi la recherche artistique. C’est sur ces gestes partagés que nous souhaitons amener le dialogue entre recherches scientifiques et pratiques artistiques.Nous partons de la part commune de matérialité du travail de recherche – la confrontation avec les matériaux, les archives et les témoignages – pour susciter un dialogue autour des gestes de la collecte, des méthodes d’enquête, des formes d’écriture et d’exposition. Admettre que celles-ci ne traduisent pas seulement des résultats, mais constituent en soi des chantiers théoriques et artistiques, c’est ouvrir un espace d’échanges entre arts et sciences sociales.Notre démarche consiste davantage à décloisonner les discours qu’à interroger la spécificité de nos recherches respectives. L’enjeu est de penser la recherche en dehors des frontières disciplinaires afin de constituer un laboratoire de réflexivité et d’innovation offrant aux uns et aux autres la possibilité de déplacer son regard sur ses objets et ses pratiques.MERCREDI 8 NOVEMBRE 2017Centre de la Vieille Charité – Cinéma Le Miroir9h30 : mots d’ouverture, conseil scientifique.ENGAGEMENT ET DISTANTIATION : LE CHERCHEUR ET SON TERRAINModération : Boris Pétric (Centre Norbert Elias)Comment évaluer la proximité ou la distance par rapport à son sujet de travail ? L’implication du chercheur conditionne son intelligence des problèmes à étudier ou des situations à documenter. En témoignent de nombreuses réflexions sur le placement de la caméra, mais aussi sur la place des émotions dans l’énonciation historique, ou encore sur le rôle heuristique des procédés littéraires et des techniques théâtrales de distanciation. Ce dialogue entre chercheurs et artistes vise à interroger le caractère heuristiquement fécond de l’implication sensible du chercheur, ainsi que le rôle du désir dans le geste de chercher.10h00 : Philipe Bazin et Christiane Vollaire11h : Discussion11h30 : pause12h-13h : Kapwani Kiwanga 13h-15h : pause déjeunerModération : Vanessa Brito (ESADMM)15h-15h30 : présentation de la revue Sensibilités par Quentin Deluermoz (il nous faudra réserver une autre salle).16h projection de L’hypothèse du Mokélé Mbembé (1h18) et débat avec Marie Voignier.18h : pauseModération : (intervenant à confirmer)18h30-20h : projection et débat avec Jeff Silva JEUDI 9 NOVEMBRE 2017MuCEM – auditorium Germaine TillionISOLER, CADRER, CONFRONTER : ENJEUX DES GESTES DE LA COLLECTEModération : Lotte Arndt (ESAD Valence-Grenoble) et Dorothée Dussy (CNE) Comment se constitue un objet de recherche ? Tout commence, comme le rappelle Michel de Certeau, avec le geste de mettre à part. Les premiers gestes consistent à collecter, à isoler, à cadrer, à confronter des sources, à opérer des changements de focale. Ils ont une force qui leur est propre, ils fabriquent du sens. Quels effets cela produit sur nos possibilités de compréhension ? Comment un objet se transforme en document, en objet archéologique ou ethnographique ? Qu’est-ce qui se perd lors de cette transformation qui est aussi un abandon de liens et de possibles ? Un des objectifs sera de confronter les enjeux de différents gestes et pratiques de la collecte réalisées par des chercheurs et des artistes.9h30-11h30 : Mathieu Abonnenc (artiste), Romain Bertrand (historien), Benoît de l’Estoile (anthropologue).11h30 : pause12h-13h : Discussion DONNER VOIX, REPHRASER, MONTER : LA RECHERCHE DE FORMES D’ÉNONCIATIONModération : Nicolas Feodoroff (FID) et Aude Fanlo (MuCEM) (à confirmer)Comment faire parler des objets ? Comment prolonger la puissance de parole de voix isolées ou disparues ? Ces questions animent de nombreuses démarches artistiques. Elles sont aussi au cœur de l’anthropologie visuelle ou de la réflexion que certains historiens portent sur l’écriture de l’histoire, l’usage et le traitement de l’archive. Que l’on construise un récit littéraire, cinématographique ou historique, ces questionnements entraînent de nouveaux usages de la citation et de la paraphrase, du découpage et du montage, de la voix off et de la figure du narrateur. Ils produisent des formes d’énonciation plurielle qui donnent à l’objet de la recherche la possibilité de se constituer comme sujet et d’évaluer lui-même son propre statut. 14h30-17h : Patrick Boucheron (historien), Arlette Farge (historienne), Natacha Nisic (artiste), Caterina Pasqualino (anthropologue).17h : pause17h30-18h30 : DiscussionVENDREDI 10 NOVEMBRE 2017MuCEM auditorium Germaine Tillion TROUER LE RÉCIT CONTINU : ESPACES BLANCS, HISTOIRES POTENTIELLES ET CONTREFACTUELLESModération : Vanessa Brito (ESADMM)et Anna Dezeuze (ESADMM) Une manière de refuser le caractère nécessaire de l’état des choses est, pour les historiens, d’imaginer à partir de ce qui s’est amorcé mais non développé dans l’histoire, ce qu’aurait pu être le futur de ces passés inaboutis. Il est possible d’écrire une autre histoire à partir des avenirs non advenus – une histoire fictive, contrefactuelle, mais offrant des ressources à l’action, en dehors de l’évidence du présent. Ces expériences d’écriture en histoire, pratiquées parfois en anthropologie, peuvent alors rencontrer des expériences artistiques de mise en récit. Ce qui nous permettra d’interroger les usages artistiques du document et de l’archive, le statut de la fiction et les régimes de véridicité.9h30-11h45 : Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou (historiens), Vincent Meessen (artiste), Uriel Orlow (artiste).11h45 : pause12h15-13h : DiscussionL’EXPOSITION COMME FORME D’ÉCRITUREModération : Sylvie Collier (UAM) et Jean-Roch Bouiller (MuCEM)Exposer est une opération commune à l’artiste et au chercheur en sciences humaines et sociales. On expose des images, mais aussi une pensée et des arguments. Qu’il soit visuel ou textuel, le montage construit du sens, tisse des récits et propose une narration. Aujourd’hui, philosophes et historiens de l’art cherchent des points de convergence entre la forme-livre et la forme-exposition. 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