CECI n'est pas EXECUTE Centre Norbert Elias : Journée d’études « le Cadavre en procès »

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Journée d’études « le Cadavre en procès »

Lundi 5 Décembre 2011

     

Dans le cadre des séminaires de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Marseille : Salle A, 2ème étage

     

Responsables : Frédéric Joulian (Centre Norbert Elias) et Agnès Jeanjean (LASMI –Université de Nice)

     

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Organisation : Hervé Guy, Agnès Jeanjean, Anne Richier

    

Cette deuxième journée d’études fait suite à celle déjà organisée le 25 mai 2011 à Marseille. L'objectif est d'aborder la mort à travers le corps singulier qu'est le cadavre. Il s'agit de réunir archéologues, historiens, sociologues, anthropologues, psychanalystes, juristes, philosophes, historiens d'art, afin d'engager un dialogue délibérément placé sous le signe de la démarche analytique des gestes et des techniques qui président au devenir des cadavres. Comme toujours au cours de ce type d’échange interdisciplinaire, des pistes de réflexion apparaissent et nous souhaitons en développer quelques-unes, afin de déboucher en 2013 sur un THEMA de la revue Techniques et Culture.

    

1 - La matérialité du cadavre

La prise en compte ou pas de la décomposition du cadavre a des effets proprement épistémologiques. Nos disciplines en escamotent fréquemment certains aspects. Comment penser le cadavre lorsque l'on a plus que les os ? Quid de la vue, de l'odeur, de la pesanteur d'un cadavre en décomposition dans les nombreuses études sur la mort et les rites funéraires ? S'il existe une discipline en sciences sociales où l'on est amené à côtoyer régulièrement des cadavres (certes, dépouillés de leurs chairs), il s'agit bien de l'archéologie. Pour autant, la relation que les archéologues entretiennent avec leur objet d'étude est pour le moins ambigu. En effet, bien que manipulant des concepts directement liés aux phénomènes de décomposition, ils ne sont jamais ou très rarement confrontés à la réalité d'un cadavre.

    

2 - Le cadavre pratiqué

Nous aborderons les effets produits par les cadavres et leur décomposition sur les personnes conduites à les côtoyer (fossoyeurs, médecins légistes, public…). Les modes de conservation et d'exposition des cadavres seront nécessairement explorés. Ici, il conviendra de comparer les époques, les lieux, les contextes et de prêter une attention particulière aux gestes et aux techniques.

    

On s'intéressera aux mots, aux représentations et à la place des activités mortuaires et de ceux qui les développent, dans la société.

    

Dans un registre proche, nous nous demanderons dans quelle mesure le fait d’envisager le cadavre comme un « déchet potentiel » peut nous aider à penser les élaborations techniques qui visent à soustraire à nos sens ces états du corps. Nous pourrons également conjecturer que les transformations, les manipulations et les déplacements sont des attitudes qui visent à ne pas les jeter, mais au contraire à leur trouver une place, à les « ranger » au sein d’un ordre culturel, de sorte à atténuer ou éliminer leurs effets perturbateurs (à la fois au niveau du sens et des sens).

    

La notion de déchet peut-elle nous aider à penser le cadavre quand il surgit en très grand nombre (catastrophe, épidémie, génocide) ? Dans quelles conditions (quantitatives et qualitatives) la mort de masse requiert-elle un traitement « déviant » du cadavre. En corollaire, que se passe-t-il de ce point de vue lorsque la mort est le résultat d'un crime dont la finalité est guidée par l'intention de nier l'identité sociale ou l'humanité de la victime (ou des victimes), lorsqu'il s'inscrit dans une « sortie » de la culture et de l'ordre symbolique. Quel sens prend alors la technique cet « acte traditionnel efficace » lorsqu'il n'y a pas tradition ?

    

3 - Le cadavre représenté

Nous aborderons par ailleurs la question du traitement du cadavre et de sa décomposition dans le champ artistique (littérature, cinéma, photographie). Quels effets y produit-il ?

    

Programme

 

9h30 - 10h : Ouverture, Hervé Guy, Agnès Jeanjean, Frédéric Joulian, Anne Richier

     

10h-10h30 : Gasnier Jean-Pierre, avocat au Barreau de Marseille, Université Paul Cézanne Aix Marseille 3 :

"Le statut juridique des mort-nés".

     

10H30-11h : Gelis Jacky, historien professeur émérite de l’Université Paris 8 :

« Les sanctuaires à Répit »

    

11h-11h30 : Laudanski Cyril, ethnologue, Doctorant IDEMEC Aix Marseille et Jeanjean Agnès, ethnologue, LASMIC Université de Nice

« Agents de la morgue, fossoyeurs : le travail et ses représentations »

     

11h30 -12h 30 : Moisseeff Marika, anthropologue, psychanalyste LAS Paris :

« Le traitement du cadavre dans un film d'horreur : Aftermath de Nacho cerda »

     

Pause déjeuner

    

14h-14h30 : Bonnabel Lola et Anne Richier , archéo-anthropologues INRAP

« Du squelette découvert au cadavre imaginé ».

    

14h30-15h : Anstett Elisabeth, anthropologue IRIS EHESS CNRS Paris

"Cadavre et violences de masse: les Genocides Studies en procès?".

   

15h-17h : discussion

   

Contacts : herve.guy@inrap.fr ; agnes.jeanjean@gmail.com ; anne.richier@inrap.fr et frederic.joulian@ehess.fr

 

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